Le sujet est d'actualité et nous concerne tous dans notre quotidien. Que serait notre vie quotidienne sans les collectivités territoriales ? Posez vous la question ?
Posez vous un instant et regardez de près la réforme que nous propose le Président de la République, sortez les oeillères que l'ont veut vous poser sur le front pour vous empêcher de voir la
réalité. Je vous livre pour information le communiqué de presse d'Alain Anziani, Sénateur de la Gironde et Président du l'UDESR de la Gironde.
LE CHEF DE L’ETAT N’A PAS DE LEÇONS À DONNER AUX COLLECTIVITÉS TERRITORIALES
Dans son discours de Saint-Dizier, le Chef de l’Etat a confirmé sa volonté d’engager une réforme des collectivités territoriales. Quatre projets de loi seront dès
demain soumis au conseil des ministres.
Dans sa charge contre les élus locaux, le Président de la République oublie de préciser que l’abyssal déficit français est dû pour 80% au laisser-aller de l’Etat.
Depuis les grandes lois de décentralisation, les communes, intercommunalités, départements et régions sont gérés avec une rigueur qui échappe à l’Etat, contraint de s’endetter pour financer son
fonctionnement. Avec 73% des investissements publics et donc seulement 27% pour l’Etat, ce sont également les collectivités locales qui tirent la croissance et l’emploi de notre pays. Le plan de
relance, annoncé à grand coup de trompette, n’existerait pas sans l’effort des collectivités décentralisées.
Pourtant, au lieu de s’en féliciter, le gouvernement se plaint de ces dépenses sans lesquelles, nos habitants seraient privés de crèche, d’écoles, de collèges, de
lycées, d’action sociale ou de formation professionnelle.
Il fait preuve en outre d’une totale hypocrisie. Le Gouvernement oublie de mentionner qu’il fait constamment les poches des Régions et des Départements. Par
exemple, incapable de financer la LGV qui relève portant de sa compétence exclusive, il impose aux collectivités d’apporter la moitié des financements. Ou bien il crée généreusement le RSA en en
transférant la charge aux Départements ;
Quant au conseiller territorial, monstre à deux têtes, le projet de loi nous fait retourner trente ans en arrière, à l’époque, où les Régions n’étaient qu’un
conglomérat d’élus issus d’autres collectivités. Dans tous les pays européens, les Régions sont nettement identifiées comme des institutions mettant en œuvre les grands choix qui engagent
l’avenir : innovation, recherche, enseignement supérieur, développement durable. Demain, cette vision disparaîtra dans une concurrence entre cantons d’autant plus féroce qu’elle subira la
loi d’airain d’une élection à un tour. Mais, inversement, le Département, échelon de proximité, sera promis à la disparition annoncée par la commission BALLADUR.
En fait, comme le montre l’incroyable improvisation de la réforme de la taxe professionnelle, le gouvernement n’a qu’un objectif : renforcer le pouvoir de
l’Etat UMP, détruire ce contre-pouvoir local, insupportable aux yeux d’un souverain qui préfèrent des vassaux à des interlocuteurs.
Plutôt que de recentralisation, notre pays a besoin de libérer les énergies locales. En quoi l’Etat est-il aujourd’hui qualifié pour donner des leçons aux
collectivités locales ? Ni en matière de gestion, ni en matière d’innovation ou de développement durable, ni en matière de service public, ni évidemment en matière de transparence et de
refus de toute combinaison politico-familiale. Pour reprendre confiance, notre pays a d’abord besoin d’une
réforme de cette culture politique qui s’étale, pitoyable, chaque jour devant les yeux d’une population à la recherche d’emploi, de logement ou de pouvoir d’achat.
Alain ANZIANI
Sénateur de la GIRONDE
Président de l’Union départementale des élus socialistes et Républicains.
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