Quelques mois après la création du « ministère de l’immigration et de l’identité nationale », l’historien Gérard
Noiriel a décrypté les usages politiques de la notion d’identité nationale depuis le XIXe siècle jusqu’à la campagne présidentielle de 2007 dans un ouvrage paru aux éditions Agone.
J'ai ressorti de mes étagères de bibliothèque ce
livre, Issu du Comité de vigilance face aux usages publics de
l'histoire qui regroupe des historiens, des chercheurs et enseignants du supérieur et du secondaire. Ne faut-il pas toujours se référer au passé et à l'histoire
pour bien comprendre le présent et construire le futur ? Gérard
Noiriel l'auteur de ce livre est le président du Comité. Il fait partie des huit historiens (sur douze membres) du conseil scientifique de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration qui ont
démissionné de leurs fonctions officielles le jour même où a été annoncée la formation du « ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale », le 18 mai 2007.
Dans son livre, s’appuyant sur de nombreuses recherches historiques réalisées depuis 30 ans, il démontre qu’il n’existe aucune définition objective de l’identité nationale. D'un caractère
progressiste l'identité nationale est d'abord historiquement le triomphe de la définition révolutionnaire de la nation de 1789 devenant alors synonyme de « peuple ». On découvre
dans ce livre que les premières définitions de l’identité nationale datent du XIXe siècle. Jules Michelet, défenseur de l’idéal de progrès des Lumières, y voyait la « patrie de
l’universel ». Au cours de la Troisième République, la notion d’identité nationale trouve une définition juridique avec la loi sur le double "jus soli" couplée à la conscription obligatoire
(1889). La « qualité de Français » et l’appartenance à l’État deviennent alors des enjeux politiques et économiques majeurs, d’autant plus qu’elles commandent l’accès à la protection
sociale naissante. C’est à cette époque que le mot « immigration » s’impose dans notre langage. Mais ce n'est pas tout. Il faut remonter au débat qui opposa Barrès et Jaurès, pour
trouver l'emergence de la défiance de l’étranger, qui fondera une version conservatrice de l'identité nationale. Le « nationalisme » de Barrès s’opposera alors au
« patriotisme » de Jaurès, clivage encore existant entre la Droite et la Gauche aujourd'hui.
Comme l'écrit Noiriel, il n’existe aucune définition de l’identité nationale qui soit acceptée par l’ensemble des chercheurs. La question de l’identité nationale telle qu’elle est apparue pour la
première fois le 14 janvier 2007 dans le discours de Nicolas Sarkozy « est un “faux problème”, une simple magouille électorale destinée à flatter les préjugés de la fraction la plus
xénophobe de la population » (p. 126). Voilà c'est écrit ! A vous de juger !
Ce petit livre ranime notre sens de l’histoire. Et à l'heure où l’on nous parle tant de « devoir de mémoire » c'est une lecture salvatrice. En 1881, une rixe impliqua à Marseille des
Italiens, communauté fortement implantée dans le Sud-Est et présentée à l’époque comme « une nation dans la nation », une menace à l’intégrité nationale qu’il fallait éradiquer en
obligeant ses membres à devenir français. Sans doute est ce là, l’origine de notre « droit du sol », réactivé par la loi de 1889. Mais est-ce plus généreux que le
« droit du sang » ? Je vous laisse l'esprit en veille pour en discuter.
Parler des italiens me conduit forcément vers mes propres racines. Et je me suis demandée si j'avais mes papiers Bleu Blanc Rouge ? J'ai alors poursuivi mes
recherches et je suis tombée sur un excellent papier du Monde, écrit par Mme Gérard, paru hier et qui proposait de faire le tour de la presse étrangère sur ce sujet. La question que posera le
site internet dédié au grand débat imposé par le Gouvernement sera : "Qu'est ce qu'être français". Et voilà ce que l'on peut lire dans Le Monde :
(...) Le Times ironise sur la vision passéiste proposée par le
Gouvernement, qui veut remettre au goût du jour la "douce France". La référence à cette chanson de Trenet vient du
porte-parole de l'UMP, Frédéric Lefebvre ("La défense de notre modèle culturel et de la "douce France" chantée par Charles Trenet passe par la redéfinition de notre identité
nationale"). Mais c'est surtout la manœuvre électoraliste du gouvernement, à quelques mois d'un scrutin régional, que retiennent les médias étrangers, notamment le Gardian et
Vanguardia. "Les élections riment, selon le sarkozisme, avec identité nationale", souligne cette
dernière. Le quotidien catalan rappelle qu'à la veille des municipales de 2008, le ministre de l'éducation avait annoncé l'introduction dans les programmes scolaires de la connaissance de l'hymne
national. "Ce thème était réapparu peu avant les européennes de 2009, lorsque Nicolas Sarkozy avait envoyé sa feuille de route au ministre de l'immigration et de l'identité nationale, dans
laquelle figurait clairement le lancement d'un tel débat. Cette mission se traduit dans les faits aujourd'hui, à quatre mois des régionales…", constate le quotidien. (...)
Ce qui est certain pour moi, c'est que la France s'est construite sur les grands principes de la République. Que ces principes ont bercé mon enfance où l'Italie était marquée dans mon sang comme
l'histoire de mes arrières grands-parents qui avaient clandestinement passés les Alpes pour venir en France. Ceux sont eux, mes grands-parents, mes parents, par leur engagement dans la vie de ce
pays qui ne leur a pas toujours fait de cadeau, qui m'ont appris la France et je refuse que l'identité nationale soit réduite au fait de posséder ou pas des papiers Bleu Blanc Rouge, que la
France se réduise à avoir peur de l'étranger. Il est dommage qu'un ministre de la République ne sache pas que l'identité nationale c'est les mots qui marquent les engagements de la France : La
Liberté, l'Egalité, la Fraternité, la Laïcité, la Solidarité
...
Petite déconvenue
C'est le nouveau maire de La Teste qui a dû faire grise mine pour son entrée au SYBERVAL ... Là où ses collègues étaient élus à l'hunanimité ou presque lui a vu 15 votes blancs arriver dans
l'urne lorsqu'il s'est porté candidat pour remplacer Jean François Acot-Mirande au poste de Vice-Président ...
Lu dans Sud-Ouest édition Bassin d'Arcachon le 8
mai 2008
Greenpeace rebaptise Gujan_mestras "OGM Ville"
Les militants ont choisi Gujan-Mestras car Mme des Esgaulx est l'un des 3 députés UMP du département à avoir voté en première lecture en faveur du projet de loi sur les OGM.
Claude Canellas Reuters
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