Il n'est jamais facile lorsque l'on s'engage en politique de
se confronter au débat, de se mettre en danger, de se frotter aux mots des autres. Ce soir, dans la salle Pierre Cravey à La Teste de Buch, Christian Cailleau et Pierre Pradayrol, conseillers
municipaux testerins d'opposition, militants du Parti Socialiste, avaient décidé de se plier à cet exercice difficile du débat citoyen. La salle n'était pas pleine à craquer mais qu'importe
puisque les 70 personnes qui avaient fait le déplacement malgré le petit vent frais du Bassin étaient venues pour écouter, échanger, revendiquer, mais surtout poser leur pierre à l'édifice de la
vie testerine. Ils étaient venus en citoyen.
Et le débat a eu lieu, calme, constructif, sur l'essentiel de ce qui fait notre vie, le quotidien, le présent et l'avenir. Sans complaisance ni pour le présent, ni
pour le passé, les élus ont fait le premier bilan de leur action municipale. 12 conseils municipaux durant lesquels ils ont voté les délibérations qui posaient la continuité des actions bouclées
par l'ancienne équipe de Jean François Acot-Mirande et les délibérations purement techniques qui permettent le fonctionnement quotidien. Ils ont revendiqué l'opposition ferme à toutes les
régressions et abandons voulus par l'équipe de Jean-Jacques Eroles, bien que soulignant qu'elle n'avait d'équipe que le nom tant les tensions, vacheries et autres coups fourrés sont légion dans
la majorité municipale actuelle.
Ils ont souligné le travail accompli par l'ensemble des élu(e)s municipaux d'opposition, expliquant qu'ils n'étaient que la partie visible d'un iceberg de mécontentements, de déceptions et
d'inquiétudes. Le constat est navrant. Notre Ville est mise sous cloche, il ne s'y passe plus grand chose si l'on en juge les demi-pages consacrées à La Teste de Buch dans notre quotidien
régional préféré. Ils ont rappelé des vérités qui vont certainement appuyer là où ça fait mal. La construction et la réhabilitation complète du Foyer Saint Georges qui avait été montées,
lancées, financées avant l'élection de JJ Eroles, la construction de l'école Gambetta qui avait été montée, lancée, financée avant l'élection de JJ Eroles. Mais aussi toutes les actions
désastreuses de la nouvelle municipalité : l'urbanisation complète de Clair Bois et de la Pinède de Contaud prévue dans les préconisations du futur PLU, le projet de la Poste place Jean Hameau
perdu dans les limbes, le centre Captal qui un jour s'effondrera tant il est délabré, l'auberge de jeunesse fermée, l'Oyat, contrat d'éducation partagée détruit ...
Et la parole a circulé timidement, puis ouvertement.
Le premier sujet abordé a été la forêt usagère si chère aux Testerins et la négociation engagée par JJ Eroles avec les ayants pins pour revenir sur les droits d'usage. Pourtant le Maire de La
Teste de Buch est LE représentant des Usagers et que son premier devoir est de les défendre. Mais comment s'étonner de cela lorsque le programme de Messieurs Espied et Biehler prévoyait la
renégociation des droits d'usage en toute lettre.
Puis il y a eu l'inquiétude de voir disparaître le patrimoine bâti de la ville avec le projet annoncé aux enseignants de la disparition de l'école Jean Jaurés sous les coups de bulldozers, comme
la destruction de l'école Gambetta dont seule la façade serait conservée pour faire genre. L'ancien Bobo Club qui vendu par la mairie verra sur les gravas pousser un immeuble à 17,5 mètres
au coeur du centre ville. Mais rassurez vous cela profitera à quelques uns ! La somme des intérêts particuliers à La Teste de Buch aujourd'hui fait l'intérêt général !
Puis est venu le sujet de la culture. L'évocation d'Alios où alors que la municipalité se glorifiait d'elle même, le pécheur du sculpteur Maero sur le rond-point du Port disparaissait sous les
mauvaises herbes. Demandez donc à l'association de préfiguration du Musée sur notre patrimoine ce qu'elle devient ? La programmation culturelle qui devient théâtrale mais le Maire aime tellement
le théâtre il faut bien lui faire plaisir, et puis vous le savez bien La Teste de Buch maintenant est la seule ville de France où l'on organise des "festivaux" !
A 21h00 passé, les mots s'échangeaient encore et le mal à "la Teste de Buch" était palpable. Il y aura en fin de débat une phrase de Jean François Acot-Mirande qui portera une vrai valeur de
symbole : "J'ai reçu le 28 septembre dernier une lettre recommandée du Président de la Chambre Régionale des Comptes qui a examiné la gestion de mon équipe de 2004 à 2008. Il m'annonçait qu'il
n'y avait rien à dire, pas l'ombre d'une remarque".
Comme quoi la réussite d'une équipe municipale se mesure à l'usage qu'en font les citoyens dans le temps. Cet été lorsque les anciens se réunissaient pour passer le temps sur les bancs de la
place Jean Hameau, voulue et construite par l'ancienne équipe municipale, je me disais qu'elle avait trouvé sa place dans la ville et dans la vie. Le temps est le seul juge de l'action, le
citoyen est la seule âme du quotidien.
Par Marie-Christine Darmian-Gautron
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Publié dans : La Teste de Buch
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