Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
4 avril 2010 7 04 /04 /avril /2010 12:01

 

200px-Eugene Terreblanche (386542672)
 A plusieurs reprises j'ai ici même soulevé l'interrogation qui est la mienne quant à l'Afrique du Sud, terres de contraste et d'excès s'il en est. Ce qui vient de se passer n'est pas sans éveiller en moi une crainte réelle d'embrassement que j'avais déjà ressenti lors de ma première mission en 2003. Le Président Zuma appelle au calme après le meurtre samedi du leader d'extrême droite sud-africain Eugène Terreblanche.
Il peut appeler au calme car selon moi il ne suffit que d'une étincelle pour que l'embrassement des rancoeurs soit enclenché. En Afrique du Sud, les peurs se réveillent, réminiscences d'un temps pas si éloigné que cela mais il y a aussi une certaine résignation face à un meurtre somme toute banal qui fait partie de la violence quotidienne. 

Eugène Terreblanche a été retrouvé mort dans son lit samedi après-midi à Ventersdorp, commune située dans la province du Nord-Ouest dans l'ancienne république du Transvaal. La population de la commune est de 2 000 habitants, presque exclusivement des Afrikaners. A coté de cette petite bourgade, la township de Tshing comprend près de 15 000 habitants, exclusivement des noirs ou des personnes dites de couleurs. Pour comprendre la situation comme toujours il faut faire un petit retour dans l'histoire. 
La commune de Ventersdorp fut fondée par les Boers en 1866. Elle porte le nom de Johannes Venter, le propriétaire de la terre sur laquelle fut construite le premier batiment public, une église réformée hollandaise. La découverte de diamants dans la région favorisa le développement économique de cette petite commune agricole. Ventersdorp fut un bastion de l'extrême-droite afrikaner durant la période d'apartheid de 1948 à 1991. Son nom est intimement lié à Eugène Terreblanche, né à Ventersdrop, et au mouvement paramilitaire Mouvement de résistance afrikaner (AWB Afrikaner Weerstandsbeweging) qui y avait son quartier général.
Le 9 août 1991, Ventersdorp fut le théatre d'une bataille rangée entre la police et les membres de l'AWB à l'occasion de la venue à l'hotel de ville du président de Klerk. La confrontation fut érigée parmi les symboles de la fin de l'apartheid car ce fut la première fois en 43 ans que des policiers blancs usaient de leurs armes à feu contre des manifestants blancs. Trois membres de l'AWB et un passant furent tués au cours de la confrontation par les forces de l'ordre. En 1995, Meshack Mbambalala fut le premier maire noir de la commune. 


Le fait que ce meurtre se soit passé là-bas sur cet homme qui a incarné  la lutte pour la suprématie des Afrikaners, descendants des premiers colons néerlandais et huguenots, pour lesquels il réclamait le droit à l'autodétermination, est un symbole en devenir. Mais surtout d'après les informations qui me viennent d'Afrique du Sud c'est aussi pour certains le cas parmi d'autres d'un règlement violent à l'extrême d'une situation de non paiement d'un salaire. La Justice devra le dire et faire le choix entre les symboles et la réalité.  


Encore une fois l'Afrique du Sud va devoir lutter contre ses démons; ceux du passé et ceux du présent. Du passé parce que la tentation va être grande de monter ce meurtre au rang de la lutte raciale. Que le Président Zuma appelle au calme n'est pas étonnant compte tenu des propos que ne cesse de tenir Julius Malema,  président de la Ligue des jeunes de l'ANC.

 

Il faut dire qu'il a entonné le 5 mars dernier , devant des étudiants de l’université de Johannesburg, un vieux chant de libération, invitant son auditoire à "tuer les fermiers blancs, car ce sont des violeurs".  Un couplet plutôt malvenu lorsque l'on sait que des fermiers blancs sont tués chaque année dans les campagnes sud-africaines. Nelson Mandela appelle cela "des actes de revanche raciale". La chanson a été déclarée anti-constitutionnelle et illégale par la Haute Cour de Johannesburg. 


Mais voilà le présent est aussi de la partie. En Afrique du Sud les accusations contre Julius Malema sont connues. On lui reproche de bénéficier pour ses propres sociétés de contrats passés sans aucun appel d'offres avec le gouvernement dirigé par l'ANC. EN 2008, il déclarait être "prêt à tuer" pour défendre le président sud-africain, Jacob Zuma, lors des déboires judiciaires de ce dernier. Jacob Zuma le soutient mais jusqu'à quand le pourra-t-il sans mettre en péril le fragile équilibre de la Raimbow Nation !


En Afrique du Sud aujourd'hui on attend de voir de quel coté va tomber la balle en équilibre sur le fil du rasoir. Soit le meurtre d'Eugène Terreblanche est interprété comme un passage à l'acte consécutif aux propos de Julius Maléma et c'est le risque d'un embrassement comme le déclare le Freedom Front qui représente les fermiers blancs dans le Gouvernement de Zuma, soit c'est un meurtre de droit commun, une violence comme les autres d'une colère meurtrière comme il en est en Afrique du Sud pour le non paiement d'un salaire. 


 Zuma peut appeler au calme ! Il joue à mon avis sa tête et dans  67 jours, se déroulera le match d'ouverture de la Coupe du Monde de football ! 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Marie-Christine Darmian-Gautron - dans Valued Citizens Initiative
commenter cet article

commentaires

blond 23/04/2010 11:58



voila une nouvelle situation en RSA  qui risque d'avoir pour ce pays le plus riche du continent africain des consequences à 2 mois de la coupe du mo,de



Présentation

  • : Aux Pensées Citoyen !
  • Aux Pensées Citoyen !
  • : Il est citoyen, vigilant, mais aussi sur l'air du temps, Créon, la Gironde... cherche et tu trouveras Bonne lecture.
  • Contact

Un Peu Sur L'auteur ..

  • Aux pensées Citoyen !
  • Ancienne journaliste, Directrice territoriale,  Présidente du Comité Les Arbres de la Laïcité Gironde - Aquitaine
  • Ancienne journaliste, Directrice territoriale, Présidente du Comité Les Arbres de la Laïcité Gironde - Aquitaine