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15 avril 2017 6 15 /04 /avril /2017 13:00

Avec le temps les souvenirs d'enfant se changent en rêves merveilleux qui les jours où le temps vire à l'orage gardent le ciel bleu coûte que coûte.

 

En ce week-end Pascal il en est un qui revient comme une ritournelle. Nonna Pasqua était né à San Stefano de Zimela, sur nos terres italiennes,  le 6 août 1899 aux portes du siècle. Fille de Marco Scarsetto et de Maria Savoia, elle était mon arrière grand-mère du Ruzat à Sadirac. Les seuls souvenirs que j'ai d'elle sont ceux d'une toute petite fille qui venait d'avoir trois ans. J'avais déjà le verbe haut et l'agilité des cabris qui courraient les montagnes et sautaient dans mes flaques, avide de découvertes et d'aventures qui faisait souvent tourner en bourrique tous ceux qui étaient sensés veiller sur mes premiers pas dans le monde. 

 

Lorsque je ferme les yeux en humant l'air des petits bonheurs, je revois sa cuisine au Ruzat, le grand cèdre du jardin dont les branches qui plongeaient jusqu'au sol nous servaient de tremplin vers les aventures des Robinsons. Sa cuisine, c'était la pièce de la vie, celle où l'on recevait les amis qui passaient, les petits qui venaient embrasser Nonna. Nous avions toutes les deux un rituel qui est resté dans ma mémoire ... les lentilles. 

 

Comme j'étais impossible à garder en place plus de cinq secondes il fallait bien m'occuper. Elle avait trouvé le moyen pour m'avoir au calme, d'occuper mes dix doigts et faire taire un peu le babillage incessant des questions et des mots qui se bousculent. Je me souviens, elle m'installait à table sur une chaise avec des coussins et versait devant moi sa boite de lentilles. Quel trésor extraordinaires que ces petites graines vertes qui glissaient en un bruit de pluie de printemps le long de la boite en métal. Elle essuyait ses mains sur son tablier, s'asseyait auprès de moi et passait sa main dans mes boucles blondes bien indisciplinées. Alors avec patience elle me montrait comment trier les petites graines et repérer celles qui iraient dans la casserole et celles qui finiraient leur vie dans le jabot des poules ou ailleurs. J'entend encore sa voix avec ces  lumières d'Italie qui chantent à mon oreille ... Et ça fonctionnait, du moins je l'imagine car j'ai toujours aimé trier les lentilles.

 

J'ai gardé le geste sûr des minutieux avec le sentiment de trier des pierres aussi précieuses que le souvenir qui emplit mon coeur à chaque fois. Lorsque j'avais bien remis le petit tas de lentilles en ordre, graines après graines, je savais qu'elle allait sortir du buffet la boite aux petits chats. Vous vous souvenez de ces boites à gâteaux en métal rectangulaires qui étaient décorées comme les calendrier des PTT ?  Sur la sienne il y avait des petits chatons en rang d'oignons que je trouvais du plus bel effet. Dans cette boite elle y rangeait les langues de chat ... et j'adorai les langues de chats. J'avais le droit d'en prendre une dans chaque main voire deux ! Un régal ! Un trésor ! Il ne me reste d'elle que ce souvenir. Elle est partie j'avais juste 3 ans et pourtant chaque fois que je pense à elle je retrouve intacte la lumière, les odeurs, les bruits du Ruzat et de sa cuisine. 

 

J'imagine que ce travail de confiance ne pouvait pas durer des heures entières tant j'avais plus de la tornade que de l'alizé ! Pourtant j'ai toujours retrouvé le calme de ces instants chaque fois que je m'installe tel un rituel pour trier des lentilles. Bien étrange les méandres des souvenirs d'enfant ! Je  sais peu de cette femme qui s'est battue toute sa vie. Elle n'était pas de ces princesses qui traversent les rêves d'enfant mais elle était plus encore. 

 

Bonnes et merveilleuses fêtes de Pâques à tous ... moi je vais aller trier quelques lentilles et manger des langues de chat ! 

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2 octobre 2011 7 02 /10 /octobre /2011 12:47

IMG 2796Ils étaient là installés sur la nappe, alignés comme à la parade et j'entends encore la voix de Nicolas, de mon père, de Mitou, s'esclaffant : " si ceux-là ils ne bougent pas on les mange". Régine leur en a voulu longtemps d'avoir eu cette idée lumineusement morpionne un soir de fête de mettre des escargots vivants dans ceux que sa maman avait amoureusement préparé à la bordelaise. Lorsque j'y  repense j'en ris encore et pourtant c'est si loin dans mes souvenirs d'enfant.

 

Régine était avec Mitou, les piliers d'une amitié sans faille pour nous. Elle était de ceux qui n’ont jamais transigé sur les valeurs qui l’avaient poussé à enseigner dans cette classe adaptée de l'école primaire de Créon. Elle avait le verbe haut et les idées bien ancrées dans l'humain. Elle était pour moi indestructible puisqu'elle portait la force de ceux qui aiment la vie. Pourtant, la vie ne lui a pas forcément fait de cadeau et le dernier aura été empoisonné jusqu'à lui faire fermer les yeux pour toujours.

 

Ce matin quand maman m'a appelé pour doucement me dire qu'elle ne serait plus là sur le pas de sa porte pour regarder passer notre rosière, que je ne pourrais plus me régaler des crêpes qu'elle faisait pour nous les jours de match du tournoi des 6 Nations, que je ne pourrais plus passer comme ça pour lui faire un bisou et prendre un café, tout mon petit monde a perdu une part de ses rêves. Il faut s'y résoudre ainsi va la vie mais la petite douleur, celle qui perle les yeux de larmes, sera là pour longtemps.

 

Tant de souvenirs remontent à ma mémoire, pas ceux de la grande histoire, juste ceux des petits bonheurs que nous partagions : les kermesses de l'école, les rallyes de l'amicale laïque, les campagnes électorales créonaises, les matchs de rugby où je me glissais entre Jean-Claude, René, Mitou, Monsieur Caumont et papa et sans un mot j'écoutais les commentaires des matchs de ceux que Roger Coudert appelait les "Petits". C'était un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaitre ... Je leur raconterai

 

Le temps passe, il va vers un temps où je commence à avoir l'âge de voir ceux que j'aime sans aller sans bruit. Mais je sais que rien ne pourra enlever de mon cœur les souvenirs heureux, les petits riens qui font que la vie est forcément belle. Aujourd'hui mon cœur est à Créon ; il est lourd mais je sais que ma tribu sera là encore et toujours pour qu'ensemble nous fassions le chemin.

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Published by Marie-Christine Darmian-Gautron - dans Créon - Sadirac - Vayres - etc
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2 septembre 2010 4 02 /09 /septembre /2010 18:50
P1000317Le soleil a mis du temps à lever le voile des brumes de l'Entre-deux-Mers ce matin, comme si cette nuée voulait encore, un instant, boire la rondeur des grains et se saouler des sucs prometteurs. Les feuilles bruissent du ronronnement des machines qui vont prendre le chemin des rangs, les hottes se chargent, les sécateurs testent leur coupant et les voix murmurent comme pour sacraliser l'instant de l'ouverture, l'instant de la récolte.

Dans ma tête ces moments sont gravés et souvent couverts « d'étoiles d'araignées » et des poussières de souvenirs au fond de la cave, du chai ou de la grange. Aujourd'hui c'est le début des vendanges en Bordelais, celles des Blancs qui ouvrent le bal des gueilles de bondes qui scelleront un jour les calices des délices de Bachus.

Petite, rien ne m'aurait empêché d'aller scruter l'horizon au Ruzat à Sadirac ou près de l'Enclo à Vayres pour voir monter les vendangeurs et mes grands-pères, héros de mes rêves d'enfant juchés sur leurs machines rugissantes. Je les ai senties ses vignes en Graves de Vayres ou en Bordeaux Supérieur, imitant les gestes des mains rugueuses de mes aïeuls comme si j'avais pu faire jaillir de mes petites mains la joie que je lisais dans leurs yeux à tous les deux.
Mon premier geste était de me mettre pied nu au grand désespoir de ma mère et de mes grands-mères qui imaginaient les rhinopharyngites qui ne manqueraient pas de pointer leur nez aussi sûrement que la rentrée des classes. Mais je m'en fichais, quel bonheur de sentir la terre sous mes pieds, de la sentir vibrer comme un dernier hommage à la vigne qui allait donner ses fruits.
Je revois encore mes grands-pères cueillant la première grappe avec autant de délicatesse que s'ils avaient eu entre les mains un nouveau né. Ils la scrutaient au soleil de septembre, la soupesaient, la respiraient. Ils avaient le sens de la vigne, de la terre, l'un comme l'autre, ils savaient ce qu'ils lui devaient. C'était et c'est encore un moment magique, cette veille des vendanges où chaque rayon de soleil est important, où le vent et la pluie sont à la fois ennemis et amis. C'était une veillée d'armes comme avant l'apogée d'une bataille entre la guerre et la paix.
L'instant du sacré passé, je reprenais la vie et courrais toute la journée de rang en rang, babillant avec les grands, jouant avec les petits, organisant des barbouilles géantes avec les cousins et les cousines. De temps à autre la voix grave d'Henri rappelait les petits à l'ordre ou la main d'Eugène appliquait la frotte à l'ail factice menaçant de punitions bien sûr imaginaires.
Ces vendanges-là en Bordelais ont parfois le seul goût des madeleines de Proust et des souvenirs de gosses. Que reste-il de ces vignes que mes grands-pères labouraient inlassablement au rythme de la pousse de l'engrais vert ? Que reste-t-il des coups de sécateurs choisissant les fruits à tomber dans la baste ? Que reste-t-il des chants et voix des vignes qui se répondent de rang en rang ? Que reste-t-il des tablées aux nappes blanches qui finissaient les semaines de vendanges ?
La réalité est devenue parfois moins poétique pour qui ne s'arrête pas, pour qui ne sait plus regarder. J'espère que vos vendanges seront aussi belles que les miennes, car là-bas dans mon Entre-Deux-Mers natal, entre Garonne et Dordogne, il est encore des coins où Ulysse après un beau voyage peut retourner plein d'usages et raisons vivre entre ses parents le reste de son âge ... Que les vignerons gardent courage, que les paysans reprennent le sillon, que nous soyons là à leur côté pour que les raisins ne deviennent jamais ceux de la colère.

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Published by Marie-Christine Darmian-Gautron - dans Créon - Sadirac - Vayres - etc
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17 mars 2010 3 17 /03 /mars /2010 19:51
1972-dernier-match-a-colombes-234636.jpgChez nous le rugby est une histoire de famille et d'amitiés. C'est aussi une histoire de femmes puisque c'est à ma grand-mère Jeanne Normandin que je dois cette passion pour le ballon ovale. Lorsque j'étais enfant je passais la quasi totalité de mes week-end chez mes grands-parents tantôt à Vayres chez les Gautron, tantôt à Sadirac chez les Darmian. Et lorsqu'il y avait le tournoi des V Nations à l'époque j'étais forcément à Sadirac, car je savais que le match du XV de France serait au centre de mon temps libre. 

C'était un véritable rituel. Ma grand-mère, secrétaire générale de la Mairie de Sadirac avait sa cuisine qui jouxtait le secrétariat de Mairie où seule la porte séparait tant bien que mal la vie privée de la vie publique. Ces samedis-là rien n'aurait pu la détourner du petit écran et même si nous n'avions pas les cornes de brume, la fièvre des gentlemen aux crampons envahissait jusque dans les moindre recoins de la souillarde. 
 
Un seul slogan "sus aux anglais !" Elle avait d'ailleurs une tendresse toute particulière pour les farfadets irlandais tout simplement parce qu'ils luttaient avec acharnement contre les gardiens de la rose. Rien ne pouvait la faire changer d'avis ! Il n'était pas pour elle concevable que l'équipe britannique remporte le Grand Chelem simplement disait elle parce qu'ils avaient coulé la marine française en Méditerranée et me disait elle : "tu comprends on ne peut pas leur pardonner. "
 
Ces paroles me laissaient souvent perplexe ne sachant pas du haut de mes six ans à quels événements tragiques cela pouvait faire allusion n'ayant pas encore maîtrisé mon histoire de France. je sentais que l'histoire était grave et que je n'avais pas le droit de poser de question : c'était comme cela et puis c'était tout. 
 
L'avant match se faisait d'abord par les commentaires de Roger Couderc qui pour elle avait rang de pape du ballon ovale. Sa voix résonne encore à mes oreilles d'enfant. Célèbre au-delà des générations pour son "Allez les petits" qui trouvera sa place dans une Allée du Pars des Princes il savait selon elle commenter les match comme personne puisqu'il y mettait son coeur et ses tripes et ça c'était le sésame de sa reconnaissance de férue du ballon ovale. "Lui, disait-elle, il sait de quoi il parle". Elle finissait toujours par me raconter les années qui pour moi avaient l'âge de la préhistoire où la télé n'existait pas. 
 
Par la suite le tournoi des V puis des VI Nations prendra les couleurs de l'amitié sans faille. Plus grande et soucieuse de préserver ma liberté de décision, déjà indépendante, j'ai préféré accompagner mon père chez Mitou et Régine. Là au pied de l'église de Créon, chez les Tauziet avec Jean-Claude Nouailles et René Cauhapè, tous compagnons des heures de lutte et d'amicale laïque, je m'installais dans un coin bien consciente que mon silence était de rigueur. Régine ou sa maman avaient forcément fait des crêpes et j'observais avec délectation les "hommes" refaire le monde, celui du rugby mais aussi celui de la politique créonnaise. J'en ai appris des histoires lors de ces matchs du XV de France, où la prune aidant, les langues se déliaient oubliant que je n'en perdais pas une. J'aimais cette fusion amicale qui les unissaient au-delà de toutes les chacailleries de la vie. Dans ces moments-là je suis certaine d'avoir touché l'amitié du doigt, la vraie, celle qui reste dans la réalité et les souvenirs.
 
Samedi soir, le "France Angleterre" pourrait bien être encore un nouveau moment d'amitié vraie, celle qui ne fait pas de bruit, mais qui soude au-delà des épreuves. C'est sans doute moi qui ferait les crépes ... Le temps passe, mais les valeurs que j'ai apprise en aimant le rugby restent toujours. Je débute la veillée d'arme ...
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18 décembre 2009 5 18 /12 /décembre /2009 19:50

 

11657396.jpgLorsque je regarde les photos de presse bordées de blanc de la vie créonnaise, je ne peux pas m'empêcher de voir une silhouette et un sourire. 

Michel Vigneau a tourné la dernière page du journal de sa vie aussi discrètement qu'il avait inscrit sur les pages du journal Sud-Ouest tous nos moments de vie, malheureux et heureux. Il avait la mémoire de chaque nom, de chaque visage, la petite histoire et la grande, juste pour le plaisir de remettre de l'ordre dans la marche du temps.

Il a été du plus loin que je me souvienne l'oeil attentif et expert de la vie de mon village natal. Il savait en quelques mots refaire germer les souvenirs d'un temps passé mais aussi mettre en lumière chaque instant de la vie locale. Il aura patiemment suivi, infatigable correspondant Sud-Ouest pour Créon, tous les moments de vie de ma chère Bastide de l'Entre-Deux-Mers.
Ce petit bonhomme en costume tel un "gentleman farmer", souriant, l'oeil pétillant de malice, le béret sur la tête, avait toujours à la main son appareil photo pour marquer l'instant et en faire une mémoire qui ne s'oublie pas. C'est certainement grâce à lui que j'ai pris la manie d'avoir toujours avec moi quelque chose pour prendre une photo.

C'est avec lui qu'un été j'ai réalisé ma première photo de presse pour illustrer l'un des premiers articles que j'ai signé dans Sud-Ouest. Il avait passé un temps infini à m'expliquer l'importance de l'image, le poids des lumières et celui des visages qui restent gravés longtemps après nous. Il ne m'a jamais appelé autrement que "Mademoiselle". C'était devenu un jeu, fruit d'une vraie complicité et d'un respect mutuel. 

Créon vient de perdre un de ses fils. Il laisse pour nous des milliers de photos qui traceront pour longtemps encore la marque du temps passé. Il aura été la plume, l'oeil de notre histoire commune. Je suis bien persuadée que dans les rues de ma Bastide, les soirs de fête, de la Rosière qu'il aimait tant, le vent jouera la petite musique de sa voix qui en passant nous dira encore : "bonsoir bonsoir mes enfants, amusez vous c'est de votre âge."

 

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18 novembre 2009 3 18 /11 /novembre /2009 19:42

Assise en tailleur sur le plancher, le dos collé au radiateur en fonte, je le vois encore derrière son bureau de la villa Napoléon, siège de la Coopérative Agricole à Créon. Dans la pièce d’à coté, la petite musique des graines de maïs qui tombent dans les sacs en papier kraft berce encore mes souvenirs d’enfance. Lorsque l’automne fait déjà la révérence à l’hiver, c’est à lui que je pense. André tendait l'oreille : « écoute petit, tu les entends, elles arrivent … » 


Elles, j’ai mis quelques après-midi à comprendre qui elles étaient vraiment.  Il est vrai que dans les rêves de mon enfance il n’y avait que le chapeau de Sissi Impératrice agité pour prévenir le coq de bruyère que son père mettait en joug. 


Lorsque je repense à ces après-midi, d’autres musiques que leur roucoulement viennent à mon oreille. Il y a d’abord ce vent d’autonome qui dans les fougères de la palombière chantait « les copains d’abord » en prémices des retrouvailles. Il y a ensuite le « bloup bloup » de la soupe dans la marmite en fonte posée sur le réchaud. Le craquement des miettes du pain que l'on a coupé pour les grillons de canard de l'année dernière.  Il y avait surtout le silence, celui de ces hommes, qui les yeux rivés sur les nuages attendaient qu’elles arrivent.  Toutes ces musiques finissent par faire de belles chansons où la grosse caisse des simplex ne fait en fait pas vraiment partie de la partition. 


Pour moi, les palombes d’Aquitaine sont de petites musiques qui trottent dans ma tête lorsque les brouillards d’automne font leur apparition.  Elles sont synonymes de rencontres et d’échanges entre les hommes, mais aussi d’étagères pleines de bocaux au reflet bleu comme leur plumage, que la gourmandise me faisait « chiper » chez mamie.  


Cette année elles auront été bien discrètes avec leurs ailes bleues. Elles seront passées. Je relis avec délectation les mots de Pierre Verdet, journaliste écrivain de notre Sud-Ouest, qui retrace dans "La Passée" le carnet de route d'un vol de palombes.

J’espère pouvoir encore longtemps attendre leur passage en haut du col d’Ibaneta  au-dessus de Roncevaux. Aujourd’hui je les entends moi aussi, et je pense à chaque fois à André, cet homme que j’ai toujours appelé Monsieur Dubourdeaux et qui un jour m’a dit « Ecoute petit, tu peux bien m’appeler papi maintenant. » La fièvre bleue est retombée. Du Val de Leyre, du Sud-Gironde, ils vont rentrer.

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29 août 2009 6 29 /08 /août /2009 11:34
Comme chaque année je vais préférer les roses de Créon à celles de La Rochelle. Il est vrai que je culpabilise de ne pas porter ma croix de militante sur les bords de l'Atlantique mais je n'ai jamais manqué le rendez-vous donné à la fête par mon village natal. Et après tout, être dans le partage c'est aussi militer pour un monde meilleur. 

Le petit village de 4 000 âmes s'est réveillé doucement ce matin sous un soleil de fin d'été où le petit vent qui roule sous les arcades a encore les notes basques de la soirée d'hier.

La ruche créonnaise est au travail depuis l'aube. Ce matin au Café de la Paix les carrés où se battent les cartes sont installés.  Sur le tout nouveau terrain de pétanque le "bouzic" s'habitue à la grave blanche. Ce matin, des roses ont été portées sur les sourires des rosières trop tôt disparues, un bouquet déposé sur la tombe d'Antoine Victor Bertal. Les allées sous les platanes se préparent à recevoir les rires et les plaisanteries des joueurs de pétanques du dimanche.

A la maison, maman met la dernière dentelle, l'ultime bouton sur une robe ... 1009 ... 2009 ce soir les rosières du temps jadis rejoindront celle de demain. Lorsque nous mettrons nos costumes pour faire revivre les cortèges de 100 ans d'histoires nos sourires seront forcément ceux des rosières et des rosiers de Créon. 

Sur la table de la salle à manger, le livre des "Rosières du Temps Jadis" est ouvert sur la liste de celles qui ont posé leur sourire sur ce dimanche des fêtes. "Mes" rosières sont celles des années 80 et ma première aura été Danièle Lataste en 1978. Elle était pour mes yeux d'enfant aussi belle que les princesses de mes livres de contes. Elle reste avec son sourire ma première rosière et j'ai retrouvé dans celui de sa fille, Laetitia, qui mettra la couronne de roses en 2007 la même envie de toujours garder précieusement ses trésors de petits bonheurs.

Puis j'ai vu passer sur la Place de la Prévoté les cortèges et les années mais j'ai gardé intacte la magie de la fête.  Danielle Faggiani en 1982, Isabelle Cazalet en 1983, Karine Lagaronne en 1984, Yolande Martin en 1985, Cécile Nouailles en 1986, Véronique Bazard en 1987 et en1988, l'année de ma rosière. 

J'allais avoir cette année là 18 ans, l'âge de devenir rosière, comme Sandrine Dumont mon amie d'enfance. Nous ne le serons pas ! Pas parce que nous n'étions pas sages ; n'allez pas imaginer des choses qui ne sont pas ; Sandrine et moi nous étions de vraies images d'Epinal, Petites Filles Modèles par excellence ... surtout Sandrine.
Nous ne pouvions pas être Rosière puisque nos pères étaient conseillers municipaux et que la règle était faite comme ça.

En 1988 la Rosière ce sera Isabelle Sartran et elle aura été MA rosière, comme elle était mon amie d'enfance. Cette fête là restera gravée dans ma mémoire pour avoir été la plus folle, la plus rieuse, la plus féérique, la plus belle. Nous avions passer des jours et des jours à préparer cette fête pour notre amie avec sa famille. C'était aussi notre fête ! 

Elle est là la magie des fêtes de la Rosière de Créon, c'est que cette fête est restée celle de tout un village où malgré les années qui passent l'émotion reste intacte. Dimanche vous croiserez peut être si vous venez à Créon le sourire de Simone Vallade, Rosière en 1949. Elle a toujours la même émotion lorsqu'elle parle de ses fêtes, la larme au coin des souvenirs qui passent. Dimanche elle sera sur la place et lorsque la couronne de roses se posera sur la tête d'Anne Sophie Odry, 103° Rosière de Créon, je suis bien persuadée que dans le coeur de Simone comme dans celui de toutes les rosières présentes à la fête, un sourire marquera le temps. 
 
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12 juillet 2009 7 12 /07 /juillet /2009 09:23
"Regarde bien petit, regarde bien, il y a un homme qui passe et nous ne saurons pas, tu peux ranger les armes" C'est amusant d'avoir comme ça des bouts de chanson qui peuvent parfois venir toquer à la tête vous rappelant des souvenirs. Et de souvenirs en souvenirs je me souviens des jours d'été de mon enfance sans doute parce que le soleil joue ce matin avec la brise des coteaux de l'Entre-Deux-Mers. 

Il y a cette cote de la Mairie de Sadirac que nous dévalions cheveux au vent pour retrouver la petite maison aux volets verts, et celle en contre bas où avec son pantalon de velour et sa chemise à carreaux, son béret, papi Abel m'attendait. Il était ma référence, mon sourire et mon mystère. Toujours accompagné de Mirabelle sa chienne, petit ratier noir et feu qui n'avait pas d'égal dans la chasse aux souris et au rats. 

Devant la porte du chai en terre battue, le talus surmonté d'un pommier, laissait ses branches feuillues poser l'ombre sur les salades, les tomates et autres légumes qui remplissaient le panier. Au fond de la petite allée un cabanon en bois qui abritait les toilettes rudimentaires où accroché à un clou le journal Sud-Ouest découpé en carré finissait sa vie d'informations. j'avais peur d'y aller et je faisais toujours des expéditions groupées avec Hélène ma soeur et Isabelle ma cousine qui veillaient devant la porte au cas ou. 

Nous avons vécu toutes les trois des aventures devenues extraordinaires au fil des ans ancrées dans nos souvenirs. Hélène avait un bouille de poupée comme celle des journaux de mode du siècle passé, de merveilleuses boucles rousses qui encadrées son visage mangé par d'immense yeux bleus. Comme elle était belle ma petite soeur, elle me fascinait, elle qui avait la sagesse des anges lorsque moi j'étais le plus souvent la petite fille de Lucifer. Isabelle, petite brunette au yeux noirs, timide et réservée, complétait ce trio inséparable. Comme les trois fées de la Belle au Bois Dormant nous avons toutes les trois forgé notre enfance soudées comme les doigts d'une main. Et nous étions les reines de cet homme, meurtri par la vie qui pourtant avait gardé la douceur d'une main ébouriffant nos têtes d'enfant. 

Lorsque nous déboulions dans le chai poussant la porte de la cuisine, mamie et papi "en bas" étaient souvent installés dans leur fauteuil de chaque coté de la fenêtre entrouverte. Papi Abel regardait les mésanges bleues et les rouges-gorges se régaler des morceaux de lard achetés au marché de Créon le mercredi, qu'il clouait sur l'arbre devant la fenêtre. Mamie Catherine dans son éternel tablier sombre se levait pour servir le café et allait dans le buffet chercher le cassis. Notre arrivée bruyante annonçait  celle de ma grand-mère, celle de mes parents et de mon oncle et ma tante. Chaque samedi nous nous retrouvions après manger pour venir boire le café. Nous y soufflions nos bougies autour de tartes aux pommes ou aux prunes, la télévision marchait en sourdine et papi Abel nous racontait des histoires. Celle de mamie Anita, sa belle-mère qui lorsqu'il brocardait le Général lors de ses interventions télévisées lui disait "mais taisez vous Abel, le Général va vous entendre !". Comme j'ai ri enfant, incrédule, ne pouvant imaginer qu'une grande personne ne puisse pas savoir comment marchait la télévision. 

J'en ai passé des heures à l'écouter me raconter comment marchait le monde et la nature. Il me montrait les fleurs, les plantes, me racontait lorsque grand-mère était petite, comment il était fier qu'elle ait pu aller à l'école, devenir secrétaire de mairie à Sadirac. Dans sa voix parfois il y avait des cassures, lorsque je lui demandais de me raconter la guerre pour finir mes devoirs d'histoire. Je ne savais pas combien elle l'avait tué il y a longtemps. Je restais les yeux interrogateurs lorsque je le voyais chemise et bretelles sur les reins, en tricot de peau se laver la tête dans l'évier avec la lessive Saint-Marc. C'est sans doute grâce à cela qu'il avait les cheveux si blancs ! 

Mamie Catherine ne disait pas grand chose mais elle avait le secret de la poitrine de veau farcie et du millas. Que de repas avons nous passé installés dans la cuisine le dimanche où les "grands" refaisaient la vie de Sadirac et de Créon. Mon parrain, Alain, le frère de papa m'impressionnait. Il était pour moi le copain qui nous guidait dans l'apprentissage de nos bêtises d'enfant. C'est avec lui que nous découvrions les secrets de la Pimpine et des trous d'eau le long de la voie ferrée. Nous descendions, l'été, serviettes de bain sous le bras pour aller patauger dans le ruisseau cherchant désespérément les écrevisses dont il avait fait les tableaux de chasse de leur enfance avec papa. Nous avions notre petite plage de sable blond léchée par le courant à l'ombre du sous-bois. Nous n'avions pas besoin de l'océan. Il nous trimballait dans sa vieille 2CV montant la cote de la Mairie à toute vitesse au grand désespoir de grand-mère. 

C'était les vacances et la liberté était notre récompense. Aujourd'hui lorsque je passe le portail des deux bâtisses, les rires de Julien, Léa et Marine sont les gardiens de ses souvenirs. Souvent le dimanche lorsque sous la véranda, chez Alain et Christiane, nous nous retrouvons encore, il m'arrive de perdre mon regard au fond du jardin et de revoir au loin la silhouette rassurante de papi Abel, la canne à la main. Il est resté le gardien de ses lieux. 

"Regarde bien petit, regarde bien, il y a un homme qui passe et nous ne saurons pas, tu peux ranger les armes" et le vent venu des coteaux de l'Entre-deux-Mers peut poursuivre sa route, la mémoire restera éternelle. 
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8 septembre 2008 1 08 /09 /septembre /2008 12:37
La vie réserve parfois des rencontres bien agréables. C'est comme ça, grâce à notre amie commune Colette Goinère, journaliste vraie et pour qui j'ai une grande admiration, que j'ai rencontré Alain Laufenburger. Nous avons en commun beaucoup de valeurs dont celles venant des Epicuriens rêveurs et idéalistes. Il m'a bien vite convaincu des vertus de Slow Food moi qui, il y a quelques années me suis appliquée à valoriser notre patrimoine avec l'association de Jean Suhas, Les Savoir Faire d'Aquitaine. C'est ainsi avec un petit groupe d'amoureux de la vie et des valeurs du bien vivre que nous avons monté le Convivium Slow Food Entre Deux Mets. Je ne pouvais pas faire autrement que de me passionner pour cette aventure moi qui suis née dans cet Entre-Deux-Mers girondin qui flotte doucement entre Garonne et Dordogne, entre pierres blondes et vignes, entre culture et patrimoine. Notre siège est lové à Cabara, lieu magique que seuls les chercheurs de chemins buissonniers, peuvent trouver.

C'est ainsi, en bord de Dordogne lors d'un pique-nique du goût, que nous avons décidé de faire notre entrée dans le monde moderne pour les journées du patrimoine 2008. Samedi 20 et Dimanche 21 septembre 2008 à l'abbaye de La Sauve Majeure, au coeur d'un patrimoine de l'UNESCO peu connu mais si merveilleux, le nouveau Convivium Slow Food d'Aquitaine "Entre Deux Mets" invente des journées du patrimoine bien différentes ... et vous propose de découvrir le fromage au lait cru. 


Le fromage au lait cru à la Sauve Majeure pour les journées du Patrimoine, c’est bizarre quand même ?

Et bien non, cela ne l'est pas, si l’on pense que le fromage au lait cru est un patrimoine gastronomique menacé dont les savoir-faire risquent de disparaître. Comme les richesses de pierres et d'histoires de notre Aquitaine, la gastronomie reste au coeur de notre patrimoine à découvrir ou redécouvrir.

"Entre Deux Mets" propose des ateliers familiaux de découverte où le fromage au lait cru est associé aux autres grandes fermentations, celles du pain et du vin parce qu’entre le fromage, le pain, le vin… et les abbayes les liens sont très historiques. 

Les abbayes ont créé autant de vignobles qu’elles ont inventé de fromages. Le pain et le vin sont également des aliments symboliques du christianisme. Tout était donc réuni pour que Slow Fodd Entre Deux Mets s’installe à la Sauve Majeure pour ces journées du Patrimoine.

Slow Food Entre Deux Mets s’associe au Syndicat Viticole de l’Entre Deux Mers, basé à La Sauve Majeure, pour y organiser ses ateliers de dégustation de vin, fromages et pains. 4 boulangers, 4 fromagers et 4 producteurs de vins seront présents tout au long du week-end pour organiser une succession de présentations/dégustations par groupe de 12 à 15 personnes en famille.  Dégustation spéciale enfants à 17 heures avec du jus de raisin.

Si le coeur vous en dit ... ou si c'est votre gourmandise ou tout simplement votre curiosité, venez nous rejoindre de 15 heures à 18 heures, les 20 et 21 septembre 2008 à la Maison des vins de l'Entre-deux-Mers  4 rue de l'abbaye à La Sauve-Majeure (33) et essayez d'y venir en vélo par la piste cyclable Roger Lapébie ... comme ça vous pourrez vous arrêter à Créon ... mon petit pays à moi.
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Published by Marie-Christine Darmian-Gautron - dans Créon - Sadirac - Vayres - etc
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29 août 2008 5 29 /08 /août /2008 11:19
Mais non mais non je ne vais pas vous parler de l'Université du Parti Socialiste à la Rochelle, pourtant je pourrais vous en raconter de belles et croustillantes mais non pas aujourd'hui  ... je vais juste vous raconter une histoire ...

Il était une fois une jeune fille de bonnes moeurs et de belle vertu, née à Créon, dans ma petite bastide de pierres blondes, lovée au creux de vigne de l'Entre Deux Mers. Vous allez me dire que mon histoire est celle du temps jadis et bien non c'est celle des Fêtes de la rosière de Créon. Cette fête qui commence ce soir dans ma bastide et qui se terminera dimanche au bout de la nuit fait totalement partie de ma vie et elle a rythmé bien des histoires créonnaises.

Mais revenons au commencement il y a 102 ans ....

Jean-Antoine Bertal dit Victor a ouvert ses yeux d'enfant à Créon le 18 janvier 1817. Après une vie remplie qui va l'éloigner des terres girondines il meurt à Nice le 2 janvier 1895. La fortune avait fait de lui un rentier, amateur d'art et collectionneur averti. Et c'est là que le coeur parle ... Il va offrir à Créon, sa ville natale une très belle partie de sa fortune : tableaux, bibelots, meubles ... Il a un rêve d'outre tombe il veut que Créon ait un Musée. Il veut que Créon ait une belle et vraie Mairie et il donnera pour cela quelques centaines de milliers de francs or. Mais surtout il veut que Créon récompense la jeune fille la plus vertueuse de la cité, trouve un talent caché - un jeune homme capable de devenir un nom connu dans le milieu de la peinture - et parce qu'il reste attentif aux autres il demande que ses dons servent aux nécessiteux de la commune. En outre, désirant être enterré à Créon, il laissera aussi de l’argent pour l’achat d’un terrain à perpétuité, le transfert de son cercueil de Nice à Créon, la construction d’un monument funéraire et des messes.

A Créon c'est un peu la révolution ... le 21 février 1895, le conseil municipal prend connaissance du testament et le 31 mars de l’actif de la succession ... c'est LA NOUVELLE du siècle... Bien évidement comme dans toutes histoires les neveux d’Antoine-Victor Bertal ne sont pas du tout d'accord et ils vont intenter une action en justice pour faire prononcer la nullité du legs. Je vous avais prévenu c'est Dallas à la Girondine .... Mais comme dans les contes pour enfants les "petits" gagnent et le 13 février 1898, la Cour d’Appel d’Aix confirme Créon dans ses droits mais ce n’est que le 19 octobre 1904 que le testament est homologué. Le conseil municipal peut alors commencer à exécuter les dispositions du testament.

Après 10 ans de procès, des heures de palabres à la terrasse des cafés créonnais, le 2 septembre 1907, Créon couronne sa première Rosière et inaugure la nouvelle mairie. Le musée ouvre au public le 21 février 1909. 

Et voilà comment commence l'histoire des Rosières et Rosiers de Créon. 

Cette année encore, Créon le 29, 30 et 31 août célébrera sa rosière et son rosier. Lors de ces fêtes dont je n'ai manqué qu'une seule édition depuis notre arrivée à Créon en 1974 ; j'ai tour à tour été de ces petites filles en tête du cortège bouquet à la main, puis l'âge aidant demoiselle d'honneur de la Rosière. Il y a eu mes années rosière où j'ai accompagné mes amies d'enfance à leur couronnement, Isabelle, Karine, Yolande, Cécile, Véronique, Isabelle, Florence ... Nous avions réussi à finir avec nos crinolines dans la piscine de Créon après un tir à la corde mémorable, réussi à faire des tours de manège avec Roger Caumont, le maire de Créon, le père Chevalier, le curé de la paroisse et chanter à la fin de tous les repas "Dans mon Pays d'Espagne" ... J'ai comme tant et tant de mes copains d'enfance fini au Comité des Fêtes et c'est pour les autres aujourd'hui que je participe à la réalisation de ces trois jours. 

Vous me direz sans doute que ces fêtes sont d'un autre temps ... Et bien je m'en fiche, j'en suis tellement fière. J'y retrouve ceux pour qui je serai éternellement la "petite Christine", la "grande de Jean-Marie" ou tout simplement Marie pour les ami(e)s d'enfance ... Dans cette fête il y a des histoires et elles font l'Histoire, elles sont le lien entre un passé et un présent qui je l'espère continueront à forger l'avenir de Créon.
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  • : Aux Pensées Citoyen !
  • Aux Pensées Citoyen !
  • : Il est citoyen, vigilant, mais aussi sur l'air du temps, Créon, la Gironde, le Bassin d'Arcachon et La Teste de Buch ... forcément. Bonne lecture.
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Un Peu Sur L'auteur ..

  • Aux pensées Citoyen !
  • Ancienne journaliste, Directrice territoriale,  Présidente du Comité Les Arbres de la Laïcité Gironde - Aquitaine
  • Ancienne journaliste, Directrice territoriale, Présidente du Comité Les Arbres de la Laïcité Gironde - Aquitaine