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15 avril 2017 6 15 /04 /avril /2017 10:48

Il y a dans la vie des rencontres qui ne servent à rien, il y a des histoires sans fin, des rencontres que l’on oublie, des histoires que l’on rêve, et il y a des histoires de rencontre qui prennent vie. 

 

Vous aviez traversé la vie avec cette énergie des champions comme on fait le tour des anneaux olympiques que la guerre vous avez ravi. Avec vos grands yeux bleus vous saviez raconter l’histoire et les histoires, tressant inlassablement les épopées des mondes. Tout était là gravé dans votre mémoire et votre cœur. Comme j’ai aimé vous entendre ouvrir la boite de vos souvenirs, comme j’ai aimé dessiner au fil de vos mots les scènes de votre vie. Je revois vos yeux pétiller d’étoiles au souvenir de votre rencontre avec Louis et tourner à l’orage en évoquant avec pudeur le drame de votre vie. Tout était inscrit dans vos yeux et j’ai appris peu à peu à y lire vos angoisses, vos joies, vos colères et vos facéties. 

 

Au début de notre rencontre je n’osais pas et puis un jour sur votre petit fauteuil jaune vous avez pris ma main et ce jour là j’ai su que nous nous étions rencontrés. Comme il était rassurant d’entendre au petit matin vos petits bruits de souri à l'énergie de géant. J'ai appris petit à petit à vous apprivoiser et nous avons tant et tant discuté. J'aimais m'assoir à vos côtés et vous écouter me raconter ce qui faisait l’essence de votre vie. 

 

Nous avons partagé notre amour de la musique et des voix, notre soif incroyable des petites et des grandes aventures de la vie. Nous avons partagé cet amour des petits plats et je garde précieusement toutes les recettes que nous avons échangé le soir de notre dernier été. Demain je fais un lapin en gelée ! Vous aviez même une après-midi essayé de m’apprendre les rudiments de la couture … Ce n’était pas gagné ! À chaque carton que nous avons déballé ou emballé ensemble au Bouscat ou à Courbevoie vous me refaisiez l'histoire de chaque objet, de chaque sourire sur une photo et j'ai appris ... 

 

Déjà un an et pourtant parfois j’entend encore votre voix. Vous étiez une femme hors du commun sans parfois prendre le temps pour vous. Au fil des jours j'ai compris vos blessures, vos doutes toujours à les combattre avec cette fabuleuse énergie de vie. Je garde votre sourire, cette main si fine serrant mon bras pour ne pas perdre ni le chemin, ni l’équilibre. Je vous aime Gisèle et où que vous soyez je vous embrasse tendrement.

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2 avril 2017 7 02 /04 /avril /2017 01:17

Lege-Cap-Ferret-20110710-00004.jpg

Parce que parfois les mots ont besoin de dire tout en ne restant que des mots posés là pour une petite éternité.

Il fera très beau aujourd'hui et sans doute demain, et toujours. Dans les yeux la brume l'empêche de voir trop loin, peut-être même plus loin. Une envie sans doute le temps d'une seconde de jeter la vie contre un mur imaginaire pour ne plus se souvenir, mais juste l'espace d'une seconde pour tout oublier.

Là la vie est restée suspendue tout simplement sans faire de bruit parce qu'on n'aime pas le bruit. Partir pour retrouver son chemin. Ne rien dire et quelque part le cœur s'est arrêté de battre pour reprendre la course froide et sereine comme toujours dans ces moments-là. Mais la vie reste ancrée solidement. Cette petite douleur qui serre la poitrine,  écrase la tête va de toute manière disparaître. Oui tout va disparaître lavé par l'onde des oublis. Il fera de toute manière très beau aujourd'hui, dans les yeux la pluie se met à tomber.

Juste envie d'écraser le cœur pour qu'il ne puisse plus rien dire et surtout pas des mots. Ne rien dire  et éteindre sa voix au fond de son âme. Le vide l'engloutira-t-il jusqu'à la noyade ? NON, le fond reconstruira forcément les murs de la vie, inaccessible pour ceux qui ne savent pas et ne sauront jamais.

Il fera très beau aujourd'hui, dans les yeux les nuages grondent à l'orage. Juste envie que le sang arrête d'irriguer les sentiments. La porte a claqué. Ce triste rire qui raisonne rebâtira-t-il ces cachots éternels ? OUI les prisons privent la liberté d'éclater mais protège de l'éclat de la lumière de la vie.

Il fera très beau aujourd'hui, dans les yeux, l'éclair amène à la tempête. Naître pour  rendre l'amitié sans faille avec les secret des jardiniers de l'âme.

Ne rien dire et voiler son regard de larmes. Il fera certainement aussi beau demain, l'étincelle dans les yeux a disparu au fond du cœur. Tourner encore et encore les pages du livre sans jamais les corner pour qu'il reste la table des lois.  Le mensonge, la haine, la rancœur, le remord ou le regret n'existent pas dans son monde ...

Amis ? Oui bien sûr, avant l'ombre, l'indifférence, l'oubli, le vertige puis le silence total il y a juste un sourire. Connaître le chemin, il est comme celui d'Avalon caché à nouveau derrière la brume et seuls certains sauront le retrouver.

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24 décembre 2016 6 24 /12 /décembre /2016 10:55

"Bonsoir bonsoir bonsoir mes enfants ... Bonsoir bonsoir bonsoir Maître Arnoton" ... 1981 ... du haut de mes 11 ans je relis encore et encore le livre de cuir beige que j'ai chipé dans la bibliothèque d'en bas ... Les Trois messes basses des Lettres de Mon Moulin. Les fêtes de mon enfance étaient réglées comme du papier à musique dont la portée aurait été dessinée à la plume sergent Major de Grand-Père Henri. 

 

La veillée des lutins se passait toujours à Vayres dans la maison de Senau. Dans la journée du 24 nous arrivions chargé comme les mules sur les chemins montant aux Moulins de Daudet. Avec son tablier bleu à carreaux Mamie Gisèle était là et je savais alors que Noël pouvait commencer. Je serai forcément heureuse. C'est le miracle des enfants de pouvoir d'un regard savoir que l'on va être heureux juste en apercevant le sourire d'une mamie qui vous aime par dessus tout. Cette année là nous étions 5 car en mars un petit Silvano était arrivé et avec Hélène, ma soeur, nous avions notre poupon grandeur nature ... C'était Noël avant l'heure !

 

Au fur et à mesure de l'écoulement doux des journées de fêtes la tribu prenait place. Betty, Marinette, Germaine, Isabelle, Jean-Pierre, Robert, les tontons, les tatis, les parrains, les marraines, les cousins, les cousines, cette fratrie Gautron qui retrouvait le chemin de la maison, tels les rois mages suivant l'étoile du berger. Cette étoile c'était mamie Gisèle qui la faisait briller, elle savait d'un regard, d'un mot vous redonner la tendresse, l'espoir, la force de construire une vie. Mamie Germaine, mon arrière grand-mère était là aussi, pilier de cette famille et lien solide avec les Lichau qui de Noël en vacances venaient rejoindre la maisonnée pour y venir se blottir dans les bras de leur grand-mère et arrière grand-mère. Au cours de ces Noëls en famille on y retrouvait les Mazurie, les Nougier qui d'âge en page avaient eu aussi tissé ces liens d'enfance au creux des bras et des sourires de Gisèle et Henri. J'adorais ces grandes tablées dans la salle à manger aux sous-bassements en bois sombre sculptés. La nappe blanche, les verres en cristal, les couverts en argent, le service du mariage de mamie et grand-père et les serviettes si immenses qu'elles pouvaient nous faire des tablier. Je regardai du haut de ma place d'ainée avec envie le jour où je ne mangerai plus avec les petits à la cuisine. Comme on est innocent quant on a 10 ans ... on ne mesure pas la chance que l'on a de manger avec les petits à la cuisine. On ne mesure pas la chance que l'on a de ne pas avoir le poids des ans et des responsabilités de la table des grands. 

 

Comme tous les enfants heureux nous avions les joies de l'attente. Nous attendions le petit matin pour ouvrir la porte de la salle à manger et découvrir la sentence du Père Noël. Il a toujours été d'une grande indulgence avec moi. Enfant terrible, à l'imagination débordante, j'ai souvent eu peur qu'il découvre mes bêtises cachées aux creux de mes escapades et de mes rêves. Il y avait toujours sous le sapin mes trois sachets : un de boules crèmes, un de fondants aux couleurs pastels et le dernier de pralines roses. C'est ça mon Noël ... le crissement du papier cristal de ces sachets de friandises et chaque fois que je l'entend j'ai le bonheur qui reviens comme si le tourbillon des temps me ramenait à ces petits matins. 

 

Le matin de Noël c'était toute une expédition car que ce soit à Créon, à Sadirac ou à Vayres, le Père Noël avait laissé des traces comme autant de petits cailloux blanc pour que nous puissions retrouver les chemins scintillants. A Sadirac à la Mairie nous avions toujours un grand spectacle celui que mon Grand Pére Eugène et ma Grand Mère Jeanine avaient soigneusement concocté durant des mois pour les petits. Nonno avait installé ses grandes bottes la veille en clamant qu'elles seraient bien trop petites pour tous ses cadeaux tant il avait été sage ... Nonna  souriait du coin des yeux toute heureuse de la farce qui se jouerait le lendemain. Je me souviens de la bouille d'Hélène lorsqu'elle découvrait avec étonnement le contenu des bottes le lendemain matin. Le spectacle pouvait commencer ... Nonno jouait cette pièce de théâtre digne de la commedia dell'arte italienne en duo avec Nonna et c'était mon régal. Dans les bottes il découvrait des patates, des carottes et des oignons ... "Oh misère ... Oh rage Oh désespoir Oh vieillesse ennemie, n'ai-je donc tant vécu que pour cette infamie" ... Que c'était bon de le voir faire. Je suis bien persuadée aujourd'hui que ses Noëls n'ont pas du être aussi brillants que les miens. Mais dans ce rituel j'ai appris,  parce qu'il finissait toujours comme cela,  ... qu'il faut prendre ce que la vie nous donne et que les patates, les carottes et les oignons ça fait de merveilleuses soupes et que parfois ça lui avait rempli le ventre quand il avait faim. Je sais maintenant que nos rires étaient son cadeau, que nos câlins étaient son soleil. 

 

On finissait toujours la visite de Noêl à Sadirac par un bisou à papi et mamie "en bas". Nous dévalions la cote qui menait à leur maison près de la voie ferrée et nous avions droit à un petit sucre et une goutte de cassis de papi Abel. C'était pour faire rosir nos joues. Le cassis de papi Abel, la framboise de mamie Gisèle, le "canard" à l'armagnac de Grand Pére Henri et la Suze de Nonno ... tant d'interdit que nous avions le droit de rendre possible ces jours de fêtes.

 

J'ai gardé de ces Noëls les petits cailloux blancs ... j'ai rêvé de ces Noëls pour les enfants qui sont venus après et que j'ai vu grandir. Je sème encore ces petits cailloux blancs pour eux ... J'espère qu'ils les trouveront. 

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8 juin 2014 7 08 /06 /juin /2014 18:13

 

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Comme beaucoup de compagnons de cette époque là, il a doucement un matin du 15 août 2008 rendu les armes de la vie. De cette époque là il ne disait mot ou si peu.


Il avait 20 ans, l'âge où l'on a des rêves fous de bonheur et d'avenir. Son père était mort le 17 mars 1943, le laissant chef de famille veillant sur sa mère, sa soeur Thérèse et la propriété agricole. Il avait déjà croisé les yeux bleus de Gisèle qu'il ne cessera jamais d'aimer tendrement durant plus de 60 ans. 

 

De cette époque là il ne disait mot ou si peu. Et pourtant je lui en ai posé des questions pour comprendre les larmes qui montaient dans ses yeux verts lorsqu'il se perdait dans les souvenirs. 

 

Le 21 Août 1944, à Libourne, les Allemands acculés à la retraite, tentaient une sortie en direction de Bordeaux. Des maquisards leur tendirent une embuscade près d'Arveyres. Furieux, les hommes de la Wehrmacht faisaient demi-tour, se repliaient à Libourne et prennaient position dans la ville.


A la gare, plusieurs soldats sont couchés le long de la voie, un fusil prêt à l'emploi. Le train de Bordeaux est annoncé. Un officier décrète le couvre-feu. Les armes à la main, les Allemands remontent les rues du centre. Ils tirent de toute part. Rue Montaudon, ils abattent froidement  quatres pères de famille qui rentraient chez eux après leur travail ainsi qu'un retraité. A quelques heures de la libération de leur ville, Roger Riva, Raoul Lesseur, Louis Duval, René Ardouin, et Jean Guerry sont tombés. Le 28 août Libourne était libérée. Je me suis souvent demandée si Grand-Père Henri avait été avec ses maquisards à Arveyres ce jour là. Il ne le dira jamais. 


Dans ces années de guerre, il s'échappait par la lucarne du grenier pour pas que sa mère le voit, il enfourchait son vélo, accrochait sa carriole à double fond et partait sur Libourne pour porter des armes et passer l'octroi du pont gardé par les Allemands. Avec tonton Boubou, son meilleur ami, Yves Bonny, ils partaient l'air de rien faire des photos des lieux stratégiques pour la Résistance et préparer les actes de sabotage comme sur le Bec d'Ambés. Il prendra les armes pour se battre à la poche de Royan. Royan sera parmi les dernières villes françaises encore occupées au début de l'année 1945. Elle ne sera libérée qu'en avril. 


Je n'ai sans doute à l'époque pas compris ce qu'il avait fait, j'étais une enfant ; la mort et la guerre n'avaient pas de poids sur mes douces années. Et pourtant c'est lui qui m'a appris le chant des Partisans, c'est lui qui m'aidera lorsqu'il faudra que j'étudie au collège l'histoire de la seconde guerre mondiale. Avec patience il me racontera De Gaulle, la guerre, la peur, la victoire. Il avait la sagesse des hommes qui pose le respect de la vie au dessus de tout, qui parlait avec conviction des valeurs de la République, de la Liberté, de l'Egalité, de la Fraternité. Il avait rêvé de devenir aviateur, il partira pour l'Indochine et Saigon.


Un jour de février 1947, il rangera ses souvenirs, construira sa vie dans la grande maison de Vayres à Cenau. Il était beau mon grand-père, il était droit, il était fort. Il était silencieux, de ces silences qui marquent les souvenirs qui passent le temps à jamais. 

"Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux dans la plaine ... "

 

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3 janvier 2014 5 03 /01 /janvier /2014 15:03

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C’est vrai que j’ai eu la chance de grandir dans les jupes de Gisèle et Germaine. Chacune à leur manière, avec maman, elles ont façonné la f
emme que je suis devenue. J’ai grandi à Vayres, dans la maison familiale maternelle de Cenau au fil de ma petite enfance. Cette ferme immense pour mes yeux d’enfant aura été un havre de paix et de tendresse tout au long de ma vie. Tout était fait pour que nous y soyons heureux. 


Le vendredi matin, Simone Lichau, dite Germaine, mais qui pour nous restera à jamais Maminouche, se préparait pour ce qui était la sortie de la semaine : le marché de Libourne. C’était un véritable cérémonial des vacances. Nous nous levions de très bonne heure pour être sûres de ne pas rater le Citram qui nous conduirait à la « grande ville ». J’adorais la regarder se préparer. Elle quittait son tablier, remettait de l’ordre dans sa mise en pli, cherchait une belle robe du Dimanche, préparait sa liste de course, son panier et son porte-monnaie. Il était extraordinaire ce porte-monnaie car il avait de multiples poches et nous aimions beaucoup celle des centimes car ils finissaient souvent dans notre poche à la fin du marché. C’était la promenade de la semaine. 

Mamie Gisèle, sa fille, faisait pareil ce jour là. Mon grand-père lui donnait avant de partir les billets du marché, sorte d’argent de la semaine. C’est vrai que cette coutume me laissait bien perplexe du haut de mes 10 ans, car à la maison chez papa et maman c’était l’inverse, c’est maman qui tenait les comptes du ménage et qui donnait « sa semaine » à papa. 

Tous ces souvenirs et tant d’autres m’ont envahi la tête.  Je n’ai pu m’empêcher de revoir cette scène extraordinaire du film de Pagnol « Naïs » où Fernandel qui joue le rôle de Toine, le valet de ferme, explique à sa patronne l’histoire des grands-mères : 

« Je vais vous dire Madame Rostaing, quand j’étais petit mes parents m’adoraient. Et surtout ma grand-mère, j’étais comme je suis naturellement. Et moi, je ne savais pas, enfin, je veux dire je savais pas la différence qu’il y avait avec les autres. La bosse c’est traître, ça vous vient par derrière on la voit pas. Chez les paysans y’a pas d’armoire à glace et on se voit dans les yeux de sa mère, et naturellement on s’y voit beau. Un jour un voisin qui était très gentil m’a dit : « Oh le joli petit bossu ! » Alors j’ai demandé à ma grand-mère : « Qu’est ce que c’est un bossu ? « Alors elle m’a dit « C’est vrai que tu es un joli petit bossu parce que tu as un peu le dos rond et c’est parce que tu n‘es pas comme les autres qu’on t’aime beaucoup ». Alors elle m’a chanté une vieille chanson je me rappelle pas la musique mais les paroles ça disait comme ça « Un rêve m’a dit une chose étrange, un secret de Dieu qu’on a jamais su. Les petits bossus sont des petits anges qui cachent leurs ailes sous leur pardessus. Voilà le secret des petits bossus. » C’est joli mais c’est pas vrai. Moi, j’y ai cru jusqu’à dix ans, je croyais que les ailes me poussaient. Alors souvent ma grand-mère, elle me chantait la chanson qui était beaucoup plus longue que ça. Seulement les grands-mères, Madame Rostaing, c’est comme le mimosa, c’est doux et c’est frais et c’est fragile. Un matin elle n’était plus là. Un bossu et une grand-mère tout va bien on peut chanter. Mais un petit bossu qui a perdu sa grand-mère, c’est un bossu tout court. »

Je mesure la chance que j’ai d’avoir pu écouter mon arrière grand-mère me chanter des chansons et me raconter des histoires jusqu’à mes 28 ans. Comme il était doux de retrouver les yeux myosotis de Mamie Gisèle qui nous berce toujours de sa tendresse magré la maladie qui l'emporte loin de nous, loin de moi. Elle est vacillante comme ces petites bougies de Noël que l’on fixe au sapin pour la veillée mais qui s'éteignent d'un battement de cil.   Alors je sais quel est le trésor de ce regard et je souhaite à tous les enfants de l’avoir au fond de leur cœur comme il est au fond du mien. Ceux ne sont que des mots, comme une petite madeleine qui est venue se glisser dans ma main d’enfant. J'ai juste peur aujourd'hui comme Toine de devenir juste un petit bossu. 

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24 décembre 2013 2 24 /12 /décembre /2013 15:35

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Les flammes bleues dansaient sur le plafond,  enfouie sous les édredons j’écoutais le bruit du poêle et essayais d’entendre la respiration de ma petite sœur qui dormait dans le lit d’à coté. Silvain n’avait pas encore montré le bout de son nez  et notre petite famille se comptait à quatre. Aussi loin que je me souviennes de la nuit de Noël j’ai en mémoire ces petites flammes bleues qui accompagnaient mes insomnies d’enfant qui attendait avec impatience le matin pour voir si les paquets étaient bien sous le sapin.

 

Comme j’ai aimé ces fêtes de Noël où nous nous retrouvions tous les 24 et le 25 décembre à Vayres dans la maison familiale de mes grands-parents maternels. Et c’est que la famille est grande : sept enfants, seize petits-enfants sous l’œil toujours vigilant de grand-père Henri et mamie Gisèle. C’était réglé comme le papier à musique du piano de la pièce du fond. Nous arrivions le 24 les bras chargés des victuailles de dernières minutes, des envies de retrouvailles avec les cousines, les impatiences des petits et des grands de partager la magie de la tendresse que nous allions trouver.  J’avais vite fait de poser les paquets sur la table de la cuisine où se bousculaient déjà les bocaux, les pots, les plats, les louches. Papa retrouvait les « hommes » pour la traditionnelle ouverture des centaines d’huîtres. Je finissais toujours par me mettre pas trop loin pour pouvoir grappiller une huître l’air de rien par gourmandise.  Les discussions étaient toujours les mêmes d’année en année : la chasse, la pêche et la politique.  Papa avait dit du bout des lèvres en embrassant sa belle mère « Bonjour maman » et elle lui avait passé la main sur la joue avec un sourire. Il avait mis tellement de temps avant de l’appeler comme ça.

 

La ribambelle de filles (nous étions sept) et le seul garçon (il a beaucoup souffert !) prenaient possession des espaces laissés libres dans la salle à manger. Nous ne nous voyions pas souvent mais nos retrouvailles étaient toujours impregnés  des souvenirs de l’été passé à Vayres. Nous avions l’épreuve des bulletins scolaires à présenter à grand-père Henri, le traditionnel défilé du bisou chez Maminouche, mon arrière grand-mère qui avait forcément dans un coin un chocolat ou un marron glacé. Maman et ses sœurs s’affairaient à la cuisine pour finir la préparation du repas et nous finissions au coin de la cheminée pour nous raconter nos secrets loin des oreilles parentales. J’ai encore à l’oreille les bruissements de ces soirées, les éclats de rire, le craquement du bois dans la cheminée. J’ai encore aux papilles les odeurs du cuisseau de chevreuil qui grille dans le four de la gazinière, celles des Trompettes que grand-père avait ramassé à l’automne dans ses coins restés secrets. J’ai encore dans les yeux les petites flammes bleues qui dansaient sur le plafond lorsque l’heure était venue d’aller rejoindre les étoiles.

 

Ces Noëls là n’existent plus, au fil du temps il y eu des places vides à table, et puis les tablées de mon enfance sont devenues des souvenirs. Pourtant la magie est toujours là. Des petits visages sont arrivés et me rappelle que les lutins et les fées existent encore, le regard des grands-mères et des arrières grands-mères sont toujours là, ceux des grands-pères aussi éternellement gravés dans mon coeur malgré les absences.  Maman est devenue mamie et c’est elle maintenant qui dresse la table et ouvre ses bras. Au bout de la table, je serais l'ainée et maman sera à la place du coeur. Dans les yeux de maman il y a le même reflet que dans ceux de grand-père Henri, dans les yeux de maman il y a la même tendresse que dans ceux de mamie Gisèle. C’est certainement ce que l’on appelle la magie de Noël.

 

Je souhaite à tous et toutes un merveilleux Noël en espérant qu’il soit pour tous une parenthèse de bonheur. Moi ce soir je sais que je vais encore voir les petites flammes bleues sur le plafond ... 

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17 février 2012 5 17 /02 /février /2012 12:00

C'était en 2009 ... chaque ligne peut se réécrire sans bouger les mots. Il a aujourd'hui un an de plus ... c'est sa première bougie ... souffle papa !

 

 

J’ai lu en une nuit les 800 pages d’un livre qui m’a remué au plus profond de mon cœur de fille. « Ramon » aux éditions Grasset est un livre magnifique d’un fils qui aime son père. Quelle fabuleuse preuve d’amour et de force intellectuelle que celle de ce fils qui passe les mots pour que reste leur mémoire. Tout au long du livre, les mots expliquent pour que reste dans l’image fugace des souvenirs, la mémoire d’un homme de lettres dont les mots restent et demeurent malgré les actes de l’homme.

Je me suis dit en refermant le livre que les mots qui m’avaient tenus éveillée toute la nuit j’espérai pouvoir en écrire de semblables sur mon père. Et mon esprit a eu envie de vous parler de celui qui depuis 38 ans veille sur moi, comme le Gardian de Camargue sur sa terre et sa famille et que je n’ai jamais pu appeler autrement que « papa ». Je me doute qu’il ne va pas aimer, lui qui est si discret sur les sentiments, mais qu’importe, je sais qu’il ne faut jamais remettre à demain ce que le cœur vous dicte.

Il y a, à Créon, au fond d’un tiroir de la bibliothèque de l’entrée, un album de photographies sur lequel est collé une petite étiquette "Christine". Les premières pages de cet album sont recouvertes de photographies noir et blanc et sur l’une d’entres elles un bébé pas bien gros dans les bras d’un papa pas bien vieux. C’est certainement là, la première rencontre d’un papa et de sa fille : une petite photo noir et blanc toute simple sur laquelle on ne voit pas les visages mais on devine les regards.

Il a été mon héros, ma gloire, comme celle qu’éprouva le petit Marcel lorsque son père leva au ciel les bartavelles de la gloire du sien. Moi c’était les ballons de football qui s’écrasaient dans les buts des adversaires du FC Saint Christophe des Bardes qui me rendaient fière. J’ai encore le souvenir des maillots jaune et noir de l’équipe et surtout des chaussettes rayées de même couleur que je trouvais si belles. Comme quoi la gloire d’un père se trouve aussi dans des souvenirs bien bizarres de sa fille qui savait déjà dire "Toi d'abord occupe toi de tes oignons !"

Il a été mon instit, mon hussard de la République en espadrilles et blouse bleu. C’est là que j’ai appris la salvatrice expérience de l’effort et du travail. Imaginez … deux ans avec un maître père. Je n’ai jamais pu l’appeler autrement que papa, là où ma sœur Hélène a su quelques années après faire la part des choses. Il avait en main « Escalibur », le double décimètre jaune qui servait à tracer les figures de géométrie au tableau et qui m’indiquait d’un coup sec sur le bureau que j’avais un peu trop tendance à bavarder avec ma voisine. Grâce à ces deux années passées dans sa classe où il appliquait les principes de la pédagogie Freinet et de son Ecole Moderne, j’ai appris à forger mon esprit, mon indépendance d’esprit, celui de contradiction … Si il avait su à quel point il m’a aidé à le forger cet esprit de contradiction il aurait sans doute était moins efficace et j’aurai sans doute été une ado plus facile …

Il a été le jardinier de mes pensées, pas très doué parfois pour les faire pousser entre les tuteurs, mais n’est ce pas comme cela que l’on apprend la liberté et sa valeur ? J’ai toujours pensé qu’il aurait préféré que je ne m’engage pas sur les voies souvent escarpées du militantisme et de la politique. Mais que voulez vous, lorsque l’on grandi dans une cour d’école et une salle de conseil municipal, forcément la chose publique fini par vous servir de guide. Mes camarades de classe jouait à la poupée, moi je m’installais dans le fauteuil de Monsieur Jaubert, l’ancien maire de Sadirac, et je faisais semblant de tenir des conseils municipaux dans la grande salle des mariages de la Mairie où vivait mes grands-parents paternels.

Il a été mon passeur de mot, celui qui m’a appris qu’ils avaient le pouvoir des bombes ou celui des plus beaux espoirs. Il a laissé à mes regards d’apprenti le soin de découvrir leurs secrets. Il m’a offert Jaurès, Louise Michel, Aragon, Voltaire, Rabelais, Blondin, Giono, Pagnol, Daudet et tant d’autres encore. Il nous a surtout un jour offert les ailes bleues de la sauterelle de son enfance. Ce jour là j’ai compris la valeur des bulles de la limonade et tant d’autres choses encore. Je me souviens d’avoir lu recroquevillée dans une bergère les pages non reliées de « La Sauterelle Bleue » et d’avoir ce jour là compris mon père : il n’était plus un héros, il était tout simplement un enfant qui avait rêvé comme moi.

Il a été parfois absent et j’ai grandi toute seule. Il a été parfois présent et je me suis révoltée. Il a été parfois pesant et je lui en ai voulu. Aujourd’hui lorsque je le regarde vivre, le chapeau des ancêtres italiens sur la tête, marchant, le « Créon Hebdo » sous le bras, dans les rues créonaises, ou apprenant à faire de la trottinette à ses petits enfants, je me dis qu’il a bien l’étoffe d’un héros, juste le mien. En fait il n’a pas été parfait, il n’est pas parfait car il est et demeure un père, mon père. Je pense en écrivant ces mots que les pères quels qu’ils soient finissent toujours par être les héros de nos vies parce qu’ils sont tout simplement des hommes ; il faut juste attendre d’avoir grandi pour s’en rendre compte.

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4 janvier 2012 3 04 /01 /janvier /2012 17:00



Aujourd'hui j'ai envie de vous raconter une histoire. J'ai envie de vous parler d'une personne qui a marqué ma vie de sa force. Le 5 janvier 2008 il est rentré doucement dans mes souvenirs et il me manque terriblement. Je voulais cette histoire pour Léa, Julien et Marine pour que les petits sachent combien il les a aimé. 

Si vous fermez les yeux vous le verrez au Ruzat, lieu dit de Sadirac au milieu de ses vignes et de son jardin. Il aurait la casquette vissée sur la tête, une chemise à carreaux les manches relevées jusqu'au coude, un bleu de travail avec dans la poche son couteau suisse. Si vous vous approchez encore un peu vous verrez, garée prés de la fosse à eau de pluie, la 2 CV grise sur le capot de laquelle il avait collé des yeux pour faire rire Adeline et Silvain. 

Combien d'heures il a passé de sa main rugueuse à frotter doucement les nôtres pour que nous puissions nous endormir et porter nos rêves dans des contrées magiques et heureuses. Lorsque je pense à lui je retrouve ce temps où j'étais allongée à l'arrière de la voiture, il conduisait des heures entières montant et descendant les cols pyrénéens sans relâche parce que je ne faisais la sieste que lorsque la voiture roulait. Vous l'entendrez dire à Hélène qui avait la varicelle que ce n'était pas grave car même couverte de talc elle était aussi belle que Pierrot. Vous le verrez apprendre à Silvano la conduite du tracteur ou nous chanter "Trabatcha la mouquère " pour que nos rires emplissent la maison de Sadirac.

Il savait comme personne éplucher les figues de barbarie sur le bord des routes d'Italie pour que nous ne nous piquions pas les doigts, il guidait les chevaux du lac de Payolle pour que nous puissions profiter de la promenade. J'ai encore dans un coin de ma tête le bruit du tracteur qui remonte la cote menant à la Mairie de Sadirac, avec à l'arrière la remorque pleine de la récolte de patates et nous assis à l'arrière comme des reines et des rois juchés sur les sacs de toile de jute.

Il aura été dentiste pour enlever les dents de lait d'Isabelle, coiffeur lorsqu'il avait décidé qu'Hélène ou moi nous avions la frange trop longue, cuisinier hors pair pour préparer les omelettes de Silvano. Il aura aussi été le guide patient d'Adeline se promenant des heures entières avec elle pour qu'elle puisse comprendre Icare et les chevaux. 

Il nous prenait sur ses genoux à la fin des repas du dimanche, sans un mot, juste pour la tendresse. Il se chacailler des heures entières avec les italiens lorsqu'il fallait décider comment tourner la polenta pour qu'elle soit crémeuse. Chaque jour de l'an, il préparait les pâtes et les étalait des jours durant sur des grands draps blancs dans la salle à manger pour qu'elles sèchent. 

Il aura travaillé aussi dur qu'un forçat toute sa vie, au fond des fossés la pioche à la main, fauchant les bas cotés des routes de Sadirac, conduit des générations d'enfants à l'école du bourg et à celle de Lorient. Il tempêtait souvent contre la vie qui ne marchait pas dans le bon sens et le monde qui ne tournait plus aussi rond. 

Si vous fermez encore un peu plus les yeux pour entrer dans mon histoire, vous saurez que lorsque le dimanche matin, nous frappions le plancher de chambre, il arrivait portant le plateau du petit déjeuner pour lequel il avait fait fondre le chocolat pour notre lait et râpé les carrés sur nos tartines beurrées. 

Il ne nous a certainement jamais dit "je vous aime". Il ne savait pas les mots mais il a passé toute sa vie à nous le prouver. Il avait peur pour nous, il tempêtait contre ce monde qui pouvait nous blesser. Même la nuit ils e levait pour vérifier si nous n'avions pas froid et doucement sans faire de bruit il remontait nos couvertures. Nous sentions son regard dans la nuit et sa main passer sur nos fronts et nos cheveux. 

Sans un mot il savait, il a toujours su. Sa main aura toujours été plus grande que la mienne et même juste avant qu'il ne s'en aille pour toujours, ma main a trouvé une place au creux de la sienne. Ils nous a aimé plus fort encore que sa propre vie. Il a guidé mon enfance et une grande partie de ma vie d'adulte.

Voilà aujourd'hui, je voulais vous raconter une histoire. Je voulais juste vous dire qu'il n'est pas de plus beau trésor que d'avoir de telle histoire à raconter. J'ai eu envie de vous raconter cette histoire parce que ce matin j'ai écouté un chanson de Brel ... Nonno avait compris ... Il n'avait que l'amour ... et il avait le monde entier dans ses mains et il me l'a laissé en cadeau. 

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6 novembre 2011 7 06 /11 /novembre /2011 18:01

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Photo Sud-Ouest

 

La nouvelle est tombée, séche, comme marquée par l'ancien bruit des téléscripteurs dans les salles de rédac : "Ce dimanche, aux alentours de midi, deux voitures sont entrées en collision à Sauveterre-la-Lémance. L'un des deux conducteurs est décédé. Il s'agit de Jean-François Mézergues, 71 ans, qui a fait sa carrière de journaliste à «Sud Ouest». "

 

C'est froid, ça fait mal et pourtant l'info continue, il le faut.

 

La dernière fois que j'ai vu Jeff c'était au détour d'un hasard, dans un train au départ de Périgueux en pleine gréve. Nous avions repris la conversation arrêtée à notre dernière rencontre. Il avait toujours l'oeil des passeurs de mots, de ceux qui savent les manier et s'en amusent. Nous avions parlé de livre, de mots, d'idées. Il voulait que j'écrive des histoires, il m'avait lu et il avait noté tout ce qui clochait et que je pouvais corriger. Il avait repris comme dans le temps son exigence vis à vis de mes mots. Nous avions échangé sur son nouveau statut de grand-père qui arrivait et qui le rendait tout simplement heureux.

 

Il est loin le temps où il était mon rédac chef au service des sports rue de Cheverus. Je me souviens des coups de geule, des exigences, des failles et de son éternelle cigarette qui se consumait sans bruit au rythme des dépéches qui tombaient.

 

C'est un sale coup que la vie vient de lui faire, une faute de frappe, un trait de plume bien mal placé, lui qui savait le prix qu'il fallait payer pour continuer le chemin.

 

Salut l'ami, je pense à toi, je pense à vous. Il y a forcément quelque part des mots qui pleurent, je garde juste les mots et un regard celui de l'ami.

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17 février 2011 4 17 /02 /février /2011 13:05

Depuis la nuit, les défenses s'étaient organisées. Il faut bien dire que la forteresse menaçait de tomber, tout s'était transformé en gigantesque fourmilière, véritable volcan en ébullition. Au premier jour, pourtant La Raison avait prit la tête de la coordination. Cela  faisait si peu de fois qu'elle se retrouvait confrontée à une menace, un danger, une envie mais qui cette fois semblait être bien plus dangereuse car confrontée à la bataille entre le rêve et la réalité.

 

On entendait "Des Mots" se perdrent dans la nuit. La belle affaire, comment aurait-elle pu les reconnaître si elle les avait croisé. Certes certains avaient tinté différemment à son oreille et ils ne se cachaient plus, et bravaient avec arrogance La Raison perplexe.  La menace était là palpable, ils étaient bien plus nombreux sans doute qu'elle ne pouvait l'imaginer mais comment savoir qui ils étaient et surtout où ils étaient. Ils avaient paradé sans vergogne accompagné de leurs vestales inaccessibles, beautés limpides, images de leurs rêves qui n'étaient pas elle. Qui pouvait bien être ces Mots, d'où venaient-ils, qui les conduisaient ?

Elle avait rameuté le plus de monde possible pour ne pas voir leurs efforts de ces derniers mois mis à mal par une poignée de Mots de grands chemins, pourtant si délicieux. L'organisation, c'était son truc à La Raison, faire des courriers, expliquer, chercher des volontaires, ah comme ça l'énervait, surtout quand ses courriers restaient sans réponses. Et là pfff un coup de vent, une toile et des Mots partout, menés par une force invisible et fantasque.

 
Il fallait réagir, reprendre aux Mots, l'esprit, rester lucide. Une guerre des nerfs commençait pour La Raison. Essayer de faire plusieurs groupes pour pouvoir travailler à tour de rôle, plus le temps passait et plus La Raison pensait que ce n'était là qu'une utopie. Il était si facile de se replier sur la petite vie et attendre qu'un autre rêve passe le temps d'un mot.


La Raison aurait voulu pouvoir faire son pain, remplir sa taverne pour enfin pouvoir partir pendant un temps indéfini. Elle n'avait plus bougé depuis son installation et ça commençait vraiment à faire long. Elle était restée pour aider à sortir d'une faillite qui se profilait pour ne pas dire qui avait commencé.


Voilà l'état d'esprit dans lequel elle était depuis maintenant quelques jours, la fatigue n'aidait franchement pas et sa patience était mise à l'épreuve chaque nuit. L'attente insoutenable, entre l'espoir qu'il ne se passe rien et l'envie d'en découdre une bonne fois pour toute.

 
Elle aurait aimé, n'avoir rien d'autre en tête que de profiter de la chaleur réconfortante d'une idée. L'air était encore frais, la nuit et le vent les accompagnaient sur leur chemin de songes.  La Raison resserra sa cape autour d'elle, gardant la main sur le manche de son épée, à l'affût du moindre bruit suspect. Le silence pesait au fur et à mesure que les heures défilaient.

 

Rien ... l'attente est plus dure à supporter. si le rêve doit mourir autant que ce soit demain ! 

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  • : Aux Pensées Citoyen !
  • Aux Pensées Citoyen !
  • : Il est citoyen, vigilant, mais aussi sur l'air du temps, Créon, la Gironde, le Bassin d'Arcachon et La Teste de Buch ... forcément. Bonne lecture.
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Un Peu Sur L'auteur ..

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  • Ancienne journaliste, Directrice territoriale,  Présidente du Comité Les Arbres de la Laïcité Gironde - Aquitaine
  • Ancienne journaliste, Directrice territoriale, Présidente du Comité Les Arbres de la Laïcité Gironde - Aquitaine