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9 décembre 2008 2 09 /12 /décembre /2008 09:53

Le Ministre de l’Education veut faire sauter l’Histoire des programmes de nos chères têtes lycéennes alors parce que la résistance est de mise je vais essayer de vous raconter une histoire.


Aujourd’hui la Loi du 9 décembre 1905 a 103 ans.  C’est l’anniversaire de la Laïcité, fille de la république.


Sans référence explicite à la laïcité, la loi de 1905 en fixe le cadre, fondé sur deux grands principes : la liberté de conscience et le principe de séparation. La République "ne reconnaît, ne salarie, ni ne subventionne aucun culte", mais, ce faisant, n'en ignore aucun.


En 1790, la Révolution Française impose la Constitution civile du Clergé. Les prêtres devenaient en quelque sorte des fonctionnaires au service de l’Etat. En septembre 1794, la Convention Thermidor édicte que “ la République ne paie plus les frais ni les salaires d’aucun culte". L’année suivante la liberté de culte est rétablit, à condition que les cérémonies aient lieu dans des endroits privés, sans manifestation, ni signes extérieurs : la République revendique sa neutralité. En suivant on imposera au clergé de reconnaître la souveraineté du peuple et de promettre obéissance aux lois. Suivent des périodes sombres où la chasse aux religieux est une réalité. Il faudra attendre Bonaparte et le Concordat pour revenir à la paix religieuse et surtout à la paix politique. Tout excès dans un sens comme dans l’autre nuit forcément à un moment donné aux principes républicains.


Les négociations pour régler la situation de l’Eglise s’ouvrent à Venise en 1800, puis à Rome et Paris. Bonaparte et Pie VII ne sont pas d’accord. Il faudra plus d’une année pour que le protocole d’accord voit le jour. Le gouvernement proclame que le catholicisme est la “ religion de la majorité des français ”, il s’engage à assurer le libre et public exercice du culte et à mettre les églises et les chapelles à la disposition du clergé. Le Concordat est signé le 15 juillet 1801. Il marque la fin du schisme en France, la réconciliation de la France révolutionnaire et de l’Eglise, la restauration religieuse dans un vieux pays de chrétienté. Il restera en vigueur jusqu’à la séparation des Eglises et de l’Etat en 1905.


Léon Gambetta, Jules Ferry , Pierre Waldeck-Rousseau, Emile Combes, Aristide Briand , Jean Jaurès et Georges Clémenceau seront les artisans de la Loi de 1905.


Les “ lois Ferry ”, créent une école publique gratuite, obligatoire et laïque. Elles sont déjà une affirmation de la laïcité et une préparation à la séparation. En1881, la loi proclame la gratuité des écoles primaires publiques, des écoles normales et des écoles maternelles. Le traitement des enseignants est à la charge des communes, puis de l’Etat. Une loi exige la possession d’un brevet de capacité pour enseigner dans les écoles élémentaires publiques ou privées et celle d’un certificat d’aptitude pour diriger une école maternelle. Les deux titres sont délivrés par l’Etat.  


En1882 l’enseignement devient obligatoire pour les enfants fille ou garçon de six à treize ans, qu’il soit dispensé dans une école publique, privée ou au sein des familles. On proclame la laïcité des programmes en substituant à l’enseignement religieux des cours de morale et d’instruction civique. On enlève aux ministres du culte leur droit d’inspection. En1886, l’enseignement dans toutes les écoles publiques est confié à un personnel laïque.


Même si au moment de la Commune de Paris la séparation est réalisé elle restera sans suite. C’est une commission parlementaire au début du 20ième siècle, présidée par Ferdinand Buisson et dont le rapporteur était Aristide Briand qui adopta le principe de la réforme. Il porte à bout de bras la discussion de la loi de mars à juillet 1905. Les différents articles de la loi sont votés le 3 juillet, à une nette majorité de 341 voix contre 233 à la Chambre des députés. Le 6 décembre, le Sénat confirme ce vote par 181 contre 102. La loi est signée le 9 décembre et promulguée le 11 décembre 1905.

 

Art.1 : La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l’intérêt de l’ordre public.

 

Art 2 : La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte.

 


La Loi de 1905 porte la laïcité française et républicaine. Fille de la République, elle est liée au triptyque Liberté Egalité Fraternité, indissociable de la garantie la plus élémentaire de notre Histoire et de nos valeurs. Aujourd’hui la Loi de 1905 a 103, espérons qu’elle fêtera encore longtemps son anniversaire ! Soyons vigilant !

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Published by Marie-Christine Darmian-Gautron - dans L'école
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30 septembre 2008 2 30 /09 /septembre /2008 17:53
"Le conseil municipal a décidé de ne pas appliquer la loi du 20 août sur le service minimum". En Gironde, des maires ont demandé à leur conseil municipal de voter des motions décidant de ne pas appliquer la loi instaurant le service minimum à l'école. Cette loi imaginée par le Gouvernement Sarkozy n'a pour but que de compenser les carences de l’Etat en matière de continuité du service public d’éducation.

Cette résistance devrait être une volonté partagée par l'ensemble des élu(e)s des communes de France et de Navarre et soutenue par les familles.  

Les élu(e)s de Gironde qui ont voté de telles délibérations, ont considéré que les collectivités locales n’avaient pas à se substituer durant le temps d’enseignement à l’Etat dont c’est la fonction régalienne.  Ces élu(e)s s’élèvent ainsi contre une loi qui vise à terme à solliciter l’intervention directe des communes dans le temps pédagogique alors que les élu(e)s communaux n'y ont pas droit de cité et c'est normal, comme d'ailleurs les personnels communaux. Cela n'est pas de la compétence d'une commune et c'est tout.  

Mais plus encore, les élu(e)s qui ont fait voter les délibérations de non application de la Loi Service Minimum ont souhaité ne pas réduire le travail des enseignants à une portion congrue et de laisser imaginer aux familles, aux parents qu'enseigner était un acte anodin pouvant être fait par n'importe quelle personne. C'est les notions même d'éducation et d'école qui sont jeu !

Je sais bien que la Loi a été promulguée et qu'elle s'impose donc à tous, je sais bien qu'il n'est pas simple pour les familles de trouver des solutions les jours de grève dans les écoles.  Pour moi la question n'est pas là, elle est dans le principe. Lutter, résister, c'est un devoir parce que l'Ecole, l'Education ne peuvent pas se réduire à une simple question de garde des enfants.

L'Ecole n'est pas une marchandise politique mais le creuset de l'avenir de nos enfants. 

C'est certainement la fille d'instit qui parle dans ces lignes. Je sais combien ce métier est une responsabilité immense et qu'enseigner n'est pas un acte banal mais bien un service public des plus importants au même titre que tous les autres. Que diraient les familles si pour remplacer les aides soignants, les infirmiers, les policiers, les travailleurs sociaux, etc ... les jours de grêves le Gouvernement demandait aux communes de mettre du personnel municipal pour remplir leurs fonctions ...
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Published by Marie-Christine Darmian-Gautron - dans L'école
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  • Ancienne journaliste, Directrice territoriale,  Présidente du Comité Les Arbres de la Laïcité Gironde - Aquitaine
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