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21 septembre 2011 3 21 /09 /septembre /2011 21:25

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Décidément les jours testerins sont bien tristes en ce moment. La mauvaise nouvelle qui vient de tomber a bien terni le soleil du Bassin aujourd'hui. Nous allons nous retrouver encore pour accompagner le dernier chemin d'un de nos collègues. Franck était dans mes équipes lorsque je travaillais à la Mairie. Garçon sérieux, attentif aux autres, il était notre électricien de l'équipe de la Logistique et c'était lui qui faisait que nos fêtes étaient lumineuses, il était notre électricien. 

Chaque association, chaque agent de la commune savaient le trouver pour installer, réparer, tirer les câbles, poser les coffrets électriques, mettre les guirlandes qui participaient à la réussite de la fête. On ne savait pas toujours qu'en prenant place au bord de l'eau le jour des Fêtes du Port, il avait passé avec les équipes de Christian des jours et des heures à installer et préparer les loupiotes qui vous permettez de savourer les étoiles. 

Ce soir je pense à toute mon équipe, à mes anciens collègues, à ses copains qui je le sais en ont gros sur la patate. On sera là comme toujours malgré le temps, juste là pour que la peine soit moins lourde, pour que ses proches sachent qui il était pour nous. 

 

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18 septembre 2011 7 18 /09 /septembre /2011 18:32

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Journées du Patrimoine, ensemble des biens hérités du père et qu’avons-nous bien pu hériter des pères ? Vaste sujet qui pourrait bien finir sur les tables des bacheliers les jours d’épreuve de philo.

Qu’ils soient ceux du code civil, ceux de la culture, ceux immatériels et insaisissables, il n’en demeure qu’un seul pour moi qui a un sens celui de l’histoire.

Héritage légué par les générations qui nous ont précédé et que nous nous devons de transmettre si possible intact ou augmenté à ceux qui viendront après nous : nécessité absolue de constituer un patrimoine pour demain.

« L'héritage ne se transmet pas, il se conquiert »  André Malraux n’avait pas tort. Chaque jour qui passe doit être cette conquête de ces héritages qui fondent notre quotidien.  

Quand je vois comment la cabane d’Arnaud est partie en fumée en ces journées du patrimoine je me dis qu’il va nous falloir conquérir encore et encore l’âme de la forêt usagère testerine et de la transmettre.  Située au cœur de la forêt usagère de La Teste-de-Buch sur le quartier de Cazaux, cette ancienne cabane de gemmeur était  un site d’histoires, symbole de la commune amoureusement préservée par ceux qui ont cette forêt ancrée dans l’âme.

C’est aussi là, dans la préservation de nos patrimoines que se trouve le fondement  des  Zones de Protection du Patrimoine Architectural Urbain et Paysager barbarement appelées les ZPPAUP. Elles n’ont qu’un seul objectif : permettent  d'assurer la protection du patrimoine architectural et urbain. Elles visent à protéger et mettre en valeur les sites pour des motifs d'ordre esthétique, historique ou culturel. On y revient toujours.

C’est ce qui pourrait arriver de mieux à Pyla sur Mer pour qu’il traverse les années à venir sans être défiguré par ceux qui n’ont que le Béton Goudron et Bulldozer comme crédo.

Protéger et transmettre ne veut pas dire sanctuariser et fermer à jamais. Lorsque cet après-midi j’ai refoulé des années après une visite scolaire il y a bien longtemps le Centre National Jean Moulin j’ai ressenti le poids de ces patrimoines à transmettre. Passeur de mot je suis, passeur de mot je vais rester et j’espère que dans les yeux des enfants qui m’entourent je pourrai faire naître cette petite lumière qui finit par éclairer le monde de justice et de partage.

* merci à Florence pour cette merveilleuse photo du port de La Teste.  

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11 septembre 2011 7 11 /09 /septembre /2011 22:59

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Parfois la vie vous fait de bien sales coups, l'air de rien et c'est comme ça.

Christian Alégre ancien adjoint à l'éducation de La Teste de Buch s'est éteint sans faire de bruit laissant un vide immense pour les siens et ses amis. Le "kike" ne refera plus le monde le matin à l'Esquirey autour du café avec les copains. Avec Marco Franchi, il avait suivi les premiers pas de la rénovation de toutes les cantines des écoles, la mise en place de la rénovation de l'Auberge de jeunesse de La Teste, le dossier de la nouvelle école Gambetta, l'Oyat le premier contrat enfance et jeunesse avec la CAF. Fidèle compagnon d'Acot Mirande, il aura été de toutes les batailles.  

Il avait toujours à l'esprit l'importance de sa tâche et de son engagement auprès des autres. Sans concession sur ses valeurs, militant, il avait le sens des autres et du partage. Il a toujours été là pour accompagner mes pas testerins, à l'écoute mais me disant toujours ce qu'il pensait. Nous avons souvent refait l'histoire de nos partis respectifs pour toujours arriver à la même conclusion : ensemble on est plus fort ! 

Ce soir nous sommes beaucoup à avoir le coeur serré. Nous pensons à sa famille, à ses amis et nous savons qu'il restera comme dans la chanson de Brassens ... Un copain d'abord. 

Salut Christian, tu nous manques déjà. 

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18 février 2011 5 18 /02 /février /2011 18:54
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13 septembre 2010 1 13 /09 /septembre /2010 11:00

HPIM3335.jpg« Viens, écoute et tu comprendras. » Ma rencontre avec René Bruére, ancien du Football Club Testerin aura d’abord été laïque. Nous avions travaillé à l’époque sur l’organisation d’une conférence sur la Loi de 1905 à La Teste de Buch. Cette soirée avait d’ailleurs permis de débattre et de construire un véritable échange d’idées dans une salle Pierre Cravey pleine à craquer où ça sentait bon les neurones et la tolérance. Des soirées telles qu’il les aimait et que nous avions terminé par un repas où rien ne manquait.

 

Il m’avait raconté sa communale, son attachement viscéral au triptyque républicain. Il m’avait aussi écouté patiemment lui expliquer les tenants et les aboutissants d’une bonne communication événementielle. J’avais tellement aimé ce regard qui ne disait mot, mais qui pensait tout, le côté rieur de ses yeux mais aussi celui de quelqu’un qui avait dans la chair les valeurs de sa liberté de conscience, de pensées et de paroles.

 

Un jour j’ai fait comme ceux qui le portaient dans leurs cœurs, j’ai fini par l’appeler « Tonton ». Lorsque mes grands-pères sont décédés tous les deux à quelques mois d’intervalle, il avait su trouver les mots pour m’apaiser et me faire espérer.

 

Comme nous le disions en souriant, les arbitres vont se sentir orphelins demain sur les stades ; orphelins de cette voix qui leur rappelait les règles du football depuis les mains courantes avec des « fortissimos » à faire pâlir la Castafiore.

 

Aujourd’hui, un homme juste et droit vient de prendre la  route pour le dernier chemin. J’avais juste envie de vous l’écrire.

 

Ayez une pensée pour Tonton, pour René Bruère et sachez qu’il avait la force des gens qui cherchent et l’humilité de ceux qui trouvent vraiment. Aujourd’hui comme le chantait si merveilleusement bien Jacques Brel … je vais rêver un impossible rêve, porter le chagrin des départs … pour atteindre l’inaccessible étoile.

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27 juillet 2010 2 27 /07 /juillet /2010 19:32

1005064386_bcfaf89bec-copie-1.jpgLorsque le temps s'arrête sur quelques jours de vacances je ne peux m'empêcher de penser à la chance que j'ai de pouvoir en profiter pleinement.

Les congés payés français existent depuis le 7 juin 1936. Cette innovation sociale majeure à l'époque que l'on retrouve parfois sur les écrans noirs et blancs des souvenirs de nos grands-parents est pourtant devenue tellement banale. Il est toujours étonnant de constater comment les gens oublient vite très vite ... et pourtant.

 

Notre pays a longtemps été en retard par rapport à tous ses voisins. L'Allemagne, la Norvège, la Pologne, le Chili, le Brésil au début du 20ième siècle les avaient déjà inventés mais c'est bien chez nous que l'action syndicale les a porté à 5 semaines en 1982 ce qui nous pose largement devant pas mal de nos voisins aujourd'hui. 

Le 20 juin 1936 avec la signature des accords de Matignon, Léon Blum, la Confédération générale du patronat et la Confédération générale du travail annonçaient les congés payés et la semaine de 40 heures. 600 000 français partiront alors découvrir les joies des congés payés et Léo Lagrange négociera avec la Compagnie des Chemins de Fer un billet populaire de congés annuel à tarif réduit dont plus de 900 000 personnes bénéficieront en 1937. Belle époque où sans doute la valeur des choses avait les goût de l'impossible enfin réalisé. Il paraît qu'aujourd'hui nous sommes des milliards a profiter de cet impossible mais avons réellement conscience de cette chance ? 

 

J'ai gardé dans mes coupures de journaux un article paru sur le Figaro.fr l'an passé en cette fin de mois de juillet. Il était expliqué que plus de 40 % des français ne partaient pas en vacances. Cet article faisait suite à un sondage commandé par le journal l'Humanité qui expliquait que le facteur essentiel en était la baisse du pouvoir d'achat des ménages les plus modestes mais aussi des autres. C'est sans doute là que je réalise la chance que je peux avoir de vivre en Gironde, sur le Bassin où il y règne un air de vacances quasiment tout au long de l'année.

 

Je me rappelle alors tous ces jours de départ où avec les parents nous préparions la caravane et la R16 pour partir à la découverte des régions de France. Est ce que nos enfants demain pourrons encore connaître ces petits bonheurs simples ? Je n'en suis pas certaine. Je me rappelle des mois d'août où dans la maison familiale de Vayres nous nous retrouvions cousins et cousines pour profiter de l'amour de nos grands-parents. Il n'y avait pas de piscine mais juste l'abreuvoir en zing qui chauffait au soleil. Il n'y avait pas de marchand de glaces mais juste des pains perdus et de la menthe à l'eau. Est-ce que demain nos enfants pourront connaître ces petits bonheurs simples ? Parfois j'en doute. 

 

Jeudi, à La Teste de Buch vont s'ouvrir les fêtes du Port. Ce qui m'a toujours émue dans ces fêtes c'est d'y voir les familles, les copains, de générations en générations se poser pour passer un moment simple de joie et de partage. Je sais pour les avoir écouter qu'elles sont souvent le symbole des vacances, les vraies, celles qui vous emplissent la tête et le coeur de souvenirs qui se raconteront longtemps. C'est certainement là que les vacances reprennent leur sens. Et ce que j'aime sur Bassin c'est qu'elles fleurissent partout ces fêtes et qu'elles sont souvent le ciment d'une mémoire qu'il est doux de goûter. Ce matin en regardant les enfants prendre leur petit déjeuner dans le jardin, tartinant leur pain grillé avec de la confiture, j'ai souri ... Et je me suis dit que tout n'était pas perdu. 

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2 mars 2010 2 02 /03 /mars /2010 19:53

Une fois n'est pas coutume mes mots laissent leur place à ceux d'un ami qui m'a transmis ce très beau texte sur nos cabanes Tchanquées. Je vous l'offre en son nom. Juste pour le bonheur des mots. Merci à lui et à Karine Deydier, auteur de cette magnifique photo des Tchanquées. 

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Les Cabanes chanquées


Compagnes d’horizon, les cabanes chanquées

Ont l’air de dérives quand les plus hautes eaux

Montent aux pilotis ; mais dans des cris d’oiseaux

Les reflux, au jusant, les laissent efflanquées …

Ou bien, noyées de brume au cœur de l’isoloir,

Gardiennes esseulées de leur île aux oiseaux,

Ou bien, rayés de pluie, au delà des rideaux

Au sein d’immensité elles meurent le soir …

Ou posées sur l’estran, quand les ondes nacrées 

D’incandescents métaux palpitaient de sarcelles,

De diamants, guillochées en myriades d’ocelles,

Elles attendaient le dieu qui les eût désancrées…


 « Arkessis »

 

 

 

 


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25 novembre 2009 3 25 /11 /novembre /2009 13:45

Nous le savons tous, l’ostréiculture est menacée sur notre Petite Mer de Buch. Chaque année qui passe enfonce encore plus profondément nos ostréiculteurs dans vase du test dit de la souris et de ses incohérences.

De semaine en semaine les séquelles sont graves et profondes, mais malgré cela nos ostréiculteurs se battent et cherchent des solutions comme sur les Ports de La Teste de Buch.

En effet, l’Association des Ostréiculteurs de Buch (AOB) mène depuis 2007 sur le port de La Teste des opérations qui pourraient bien vite devenir une référence nationale avec la réalisation de puits forés dans les nappes d’eau salée. Cette action peut constituer une solution, réelle alternative opérationnelle, permettant aux ostréiculteurs de palier aux interdictions lorsqu’elles sont liées à la présence d’algues toxiques.

Ces actions sont menées depuis la réalisation d’une étude sur les nappes d’eaux salées autour du Bassin qui a été réalisé par le Conseil Général de la Gironde. Cette étude et l’appui administratif et technique du Département, ont permis à nos ostréiculteurs d’obtenir l’autorisation de commercialiser leurs huîtres ayant été « retrempées » dans une eau salée souterraine.

Déjà en 2007, l’AOB lançait le premier forage sur la darse centrale du port du centre avec l’aide du Conseil Général. Aujourd’hui 12 entreprises ostréicoles de La Teste sont alimentées par ce forage en eaux salées. Bientôt la darse ouest du port central sera équipée de la même manière une fois que toutes les études auront été faites et les tests réalisés.

Belle initiative de l’Association des Ostréiculteurs de Buch dont j’avais envie de vous parler. Nos ostréiculteurs ont du talent et il est bon de le dire. J’aime lorsque La Teste de Buch se distingue par de telles actions … ça me change du néant de l’action municipale et de la pêche à pied au tractopelle sur l’île aux Oiseaux !

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11 novembre 2009 3 11 /11 /novembre /2009 09:28
En 1914, l'Armée Française recrute et recrute en Afrique. Pour permettre à ces soldats venus de si loin  de se fondre dans la masse deux camps sont ouverts un à Fréjus, l'autre ici à La Teste de Buch, le camp du Courneau vient de naître.

Chez nous, à quelques encablures du centre ville près de 20 000  tirailleurs sénégalais fouleront la terre noire sablonneuse testerine d’avril 1916 à juillet 1917. Prés de 1000 d'entre eux ne retrouveront jamais leur sol natal, ils mourront de maladies, loin du front, sans même le voir. La République a oublié ces frères d'arme tombés pour la France loin du fracas des obus de la Grande Guerre mais tombés tout aussi sûrement, pour que nous, près d'un siècle plus tard, nous puissions célébrer la chute du mur de Berlin ! 

Jean-Pierre Caule, Jean-Michel Mormone et Patrick Boyer, historiens du Bassin d’Arcachon ( “1914-1918 Le Bassin d’Arcachon”, société historique et archéologique d’Arcachon et du Pays de Buch, novembre 2008.) ont reconstitué les conditions de leur vie grâce à l’étude des courriers, des listes, des cartes postales de l’époque…  Comme l'écrit Christelle Jutteau, sur le site de l'IJBA : "Si les tirailleurs sénégalais pensaient risquer leur vie au front à cause des balles, c’est d’abord à cause du climat et des mauvaises conditions d’habitation et d’hygiène dans leur camp d’accueil qu’ils risquaient leur vie."

Imaginez !  Les baraquements qui logent les troupes sont légèrs, laissent passer la pluie et le froid, les maladies se développent et déciment les rangs. Les morts silencieux de la Guerre, auront une sépulture dans notre forêt usagère, là, ensevelis par le silence. En mars 1916, après avoir asséché la plaine qui avait servi de culture de riz de Piémont (les fameuses rizières du Pays de Buch), on y dressa 400 baraques pour  y héberger les tirailleurs Sénégalais. Dès juin 1916, le nombre de décès est suffisamment important pour que l’on décide par arrêté préfectoral de créer un emplacement pour recevoir la sépulture des soldats sénégalais décédés au camp. Cet emplacement est situé  au lieu dit « Natus de haut » à 1 km du camp.

La France les a oublié là, comme beaucoup de ces combattants qui sont venus mourir pour la France et que la France n'a pas regardé ! les Senégalais quittèrent les lieux en octobre 1917 et furent remplacés par Les Russes (5000 environ). 
Après les troupes slaves, arrivèrent les Américains qui occupèrent le Camp du Courneau dès juillet 1918. Trois régiments d'artillerie, soit 4.800 hommes s'y installèrent. En septembre 1918, on y compta plus de 15 000 hommes. Un camp hôpital de 1 500 lits fut organisé, et dans la forêt voisine, un cimetière abritait, lors de l'armistice, une cinquantaine de tombes."

Dans Libération, le 5 mai dernier Lilian Thuram, Stéphane Hessel, Alain Rousset, Naïma Charraï, Pascal Blanchard, Christelle Jouteau signaient un appel "Les oubliés de la République" : 

"Le 8 mai, comme à l’accoutumée, la France célébrera le 64e anniversaire de la fin de la barbarie nazie qui a marqué le retour d’une paix durable en Europe. Mais qui se souvient que cette liberté a été aussi chèrement payée par les combattants «indigènes» goumiers, zouaves, tabors, tirailleurs, spahis engagés, voire pour certains enrôlés de force, dans l’armée française ? Oubliés de la Nation lorsque celle-ci rend hommage aux femmes et aux hommes qui ont risqué leur vie pour que triomphe la liberté, oubliés de la République lorsqu’il faut reconnaître et assumer le prix du sang. 

La France ne peut décemment se cacher derrière l’ignorance pour voiler les oublis de son histoire. Il est enfin temps de regarder notre passé en face : le pays de la déclaration des droits de l’homme a plus que tout autre le devoir d’équité et de justice. Car c’est de justice qu’il s’agit. Depuis cinquante ans les anciens combattants «indigènes» sont soumis à un régime discriminatoire quant à leurs pensions : quand un ancien combattant français perçoit environ 600 €, un ancien combattant sénégalais touche 159 €. Le sang versé pour la patrie d’alors vaudrait-il plus cher selon que l’on est aujourd’hui français, marocain ou sénégalais ?

Cette situation inique s’accompagne d’un système tout aussi pervers qui conduit à des drames humains intolérables. Faute de pension militaire décente, des milliers de personnes âgées ont émigré au début des années 1990 pour bénéficier de minima sociaux auxquels ils pouvaient prétendre dans la mesure où la loi Pasqua leur donnait droit à une carte de séjour en tant qu’anciens combattants. C’est pour pouvoir faire vivre leurs familles que paradoxalement ils les ont quittées et se sont retrouvés en France sans accueil adapté, isolés, clochardisés, et ignorés de tous. Ils mènent leur dernier combat pour que la République leur reconnaisse les mêmes droits que leurs compagnons d’armes français.

Le film Indigènes a contribué à faire bouger les lignes. Depuis 2007, les retraites du combattant et les pensions militaires d’invalidité, dites «prestations du feu» ont été revalorisées mettant enfin à égalité les anciens combattants quelle que soit leur nationalité. Mais cette victoire est amère car elle permet à l’Etat d’occulter les plus grandes injustices qui persistent pour les anciens militaires ayant servi plusieurs années dans l’armée française : leurs pensions varient de 1 à 8 selon qu’ils sont français, tunisiens, camerounais ou cambodgiens. La coordination décristallisation (collectif bordelais d’associatifs et de bénévoles soutenus par la région Aquitaine) a ainsi focalisé sa bataille juridique sur ce thème et a obtenu le 15 octobre 2008 une décision historique du tribunal administratif de Bordeaux qui donnait un avis favorable à la revalorisation des pensions militaires de six anciens combattants marocains.

Cette décision, qui fait jurisprudence, reste insatisfaisante dans la mesure où la décision est juridique et non politique et où elle est fondée sur un accord international signé avec le Maroc. Un ancien combattant sénégalais a ainsi été débouté alors qu’il présentait la même demande. L’attitude de la République à l’égard de ceux qui se sont battus pour elle n’est pas digne des valeurs qu’elle prétend porter.

Nous demandons instamment au gouvernement de généraliser la décristallisation des pensions militaires de retraites, et de permettre aux anciens combattants de les percevoir quel que soit leur lieu de résidence. Une proposition de loi a été déposée. Elle doit pouvoir rassembler au-delà des clivages politiques dans la mesure où c’est l’honneur de la Nation qui est en cause. Il ne s’agit pas seulement de reconnaître ces hommes qui ont servi la France. Il s’agit d’assumer l’Histoire et de réparer une injustice qui dure depuis cinquante ans."

Ne pas oublier ! Notre identité nationale est là, il serait bon que la France s'en souvienne ! Faut-il un débat pour cela ? 

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10 novembre 2009 2 10 /11 /novembre /2009 19:23
photo5-copie-1.jpgJ'attendais, comme beaucoup, la réaction officielle de l'Etat suite aux événements survenus sur notre Ile aux Oiseaux le 17 octobre dernier. Et ce soir c'est chose faite : l'Etat fait les comptes. Dans un communiqué de presse envoyé ce soir la Préfecture de Gironde et d'Aquitaine explique que " sensibles à la qualité écologique remarquable du milieu, les services de l'Etat ont été très attentifs, dès l'origine de cette affaire, à l'analyse des conditions dans lesquelles ces opérations ont pu être réalisées et à leur impact environnemental."  

Les autorité de l'Etat explique que "Le Conservatoire de l'espace littoral et des rivages lacustres, attributaire du domaine, a ainsi identifié rapidement, en relation avec le maire de la Teste de Buch, l'origine
du dysfonctionnement administratif qui a conduit la mairie à engager les travaux sans respecter la procédure."

 

Et de poursuivre que, "à l'occasion de cet incident, il a été rappelé aux différents acteurs (habitants de l'île, commune de La Teste de Buch) que tout travaux doit faire l’objet d’une autorisation des services concernés de l’Etat ainsi que du Conservatoire de l'espace littoral."

 

Complétant son explication, l'Etat précise, "que la mairie, gestionnaire du site ne peut être maître d’ouvrage des travaux liés à l’occupation des cabanes. En revanche, elle peut apporter l’aide technique à la constitution des demandes, notamment sur les travaux. Des garanties ont été aujourd'hui apportées par la mairie pour qu'un tel incident ne se renouvelle pas."

 

Le communiqué de la Préfecture annonce enfin qu' "Une évaluation des conséquences à moyen terme de ces travaux sur le milieu, et en particulier sur le gisement de palourdes, sera réalisée très prochainement par les services des affaires maritimes et de l'équipement. Un bilan complet de cette affaire sera ensuite établi avec les partenaires concernés, en conseil de site, avant la fin de l'année."

C'est donc une affaire à suivre. Il est à espérer que l'Etat sera enfin entendu pas Not'e Bon Maire de La Teste de Buch et qu'il aura enfin la présence d'esprit de décharger son adjoint des dossiers dans lesquels il est juge et partie, dans lesquels l'intérêt général se mélange avec son propre intérêt. C'est à ce prix là que le plan de gestion de notre Ile aux Oiseaux, comme celui notre Forêt Usagère pourront  se faire avec la sérénité nécessaire à ses deux dossiers essentiels pour La Teste de Buch. 

 
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  • Ancienne journaliste, Directrice territoriale,  Présidente du Comité Les Arbres de la Laïcité Gironde - Aquitaine
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