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C'est une nouvelle aventure ! Après plus de 35 ans en Gironde j'ai rejoins le 14 octobre 2024 les Pyrénées Ariègeoises. Me voilà directrice de l'attractivité, de l'aménagement du territoire et de l'environnement au Conseil Départemental de l'Ariège. Mais quelle mouche a bien pu me prendre ?
Parfois dans une vie, surtout professionnelle, il est des chemins qui semblent des méandres, voire des impasses et puis pourtant ils mènent plus surement vers la destination qui était enfouie dans le plus profond des engagements. Le hasard des déplacements ministériels a fait que j'ai eu à rencontrer cette terre des courages qui faisait échos, bien lointain, à mes rêves d'enfant. Ce sentiment bien étrange en apercevant les Pyrénées, à chaque voyage, d'être à la maison ... J'ai toujours eu en tête la fabuleuse nouvelle d'Alphonse Daudet, "les étoiles", et je crois bien que depuis toujours je savais au fond de moi que j'y finirai bien par y planter les racines aériennes qui restaient au bord du pot.
Je n'oublie rien de ma Gironde, ni ceux qui y sont et y vivent ; mais comme me l'a écrit Alain Anziani dans un petit message précieux lorsque je lui annonçais que je partais en Ariège, "(te) voilà à défaut d'être en terre sainte, en terres saines. "
Ariège terre Courage
Pour préparer mon arrivée j'ai comme d'habitude enfouie mes pensées dans les livres de ma "bibliothèque des Cigales" ... J'y ai d'abord retrouvé le livre de Djalla-Maria Longa, "Ariège Terre Courage" qui raconte l'arrivée des jeunes citadins au cœur du village de Massat dans les années 70. Dans ce livre j'y ai retrouvé l'histoire de ces jeunes hippies qui ont choisi de s’installer dans ces hameaux du bout du monde désertés par les "autochtones". Le décor était planté : la rigueur du climat, la rudesse du relief rendent le quotidien particulièrement difficilen et pas que ! J'y ai vite compris que ici ne s’installe pas qui veut. C'est la « terre courage ». Il allait falloir que je fasse la synthèse entre mon envie de m'ouvrir à un monde qu'il fallait d'abord que je comprenne. Il fallait que j'apprenne à faire la part des choses entre refus du superflu et exigence du nécessaire.
Ariège des Soldats et du Fer
Mais que fait-on en Ariège ? "Des soldats et du fer" c'est ce qu'entendit Napoléon qui questionnait le Commandant Thomas Bazil le soir de la bataille d’Eylau. C'était clair ... et en relisant les chroniques j'ai compris très vite qu'ici la confiance se gagne à la sueur du travail et de l'exemple.
Bien que l'Ariège ne soit pas au cœur des grandes batailles napoléoniennes, elle a participé à l'effort de guerre. Les départements français, dont l'Ariège, ont été soumis au système de conscription instauré par Napoléon. Les jeunes hommes étaient appelés à servir dans l'armée impériale, renforçant ainsi les rangs de la Grande Armée.
Des archives locales, telles que les registres paroissiaux et les listes de conscrits, témoignent de l'engagement des habitants de l'Ariège. Certains ont combattu dans des régiments d'infanterie ou de cavalerie, tandis que d'autres ont été affectés à des unités de soutien logistique.
Cet héritage a souvent tracé l'engagement des hommes et des femmes de l'Ariège et il reste une valeur profondément ancré dans les terres ariégeoise même aujourd'hui.
Ariège : Là où la mule s'arrête, l'Ariégeois continue
« Là où la mule s'arrête, l'Ariégeois continue » Je savais bien qu’il y avait un truc entre l’Ariège et moi. Cette phrase explique sans doute pourquoi cette terre me parle et me rends heureuse … C’est une terre où rien n’est impossible où tout se gagne à la force de la volonté. Car rien n’est gagné d’avance ici et tout est difficile mais la récompense est magique ! Cette locution populaire de l’Ariège illustre l’endurance et la détermination de ces habitants, réputés pour leur ténacité face aux obstacles.
J'ai très vite compris ici , la capacité des Ariégeois à surmonter les difficultés, qu’elles soient physiques, sociales ou économiques. Elle reflète une culture de résilience et de travail acharné, ancrée dans l’histoire et les traditions de la région.
En somme, « là où la mule s’arrête, l’Ariégeois continue » est bien plus qu’une simple expression : c’est un témoignage vivant de l’esprit indomptable des Pyrénées.
Commencer ici ma nouvelle vie d'apprentie ariégeoise c'est porter que lorsque la force du collectif se met à rêver des solutions ça donne des possibles à fabriquer !