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17 août 2024 6 17 /08 /août /2024 14:41

Le mois d'août qui s'étire lentement vers la rentrée de septembre a un gout particulier dans mes souvenirs d'enfance ... loin des plages bondées et des exploits des constructeurs de châteaux de sable, il existe un moment qui revient comme celui des madeleines de Proust : la récolte des patates de Grand-père Eugène. 

C'était souvent au petit matin avant que le soleil ne monte au zénith que la petite troupe débarquait dans la cour de la Mairie de Sadirac. Assis au bout de la table de la cuisine, vêtu de son sempiternel bleu de travail, de son tricot de peau côtelé bleu marine et de sa casquette il était prêt. Nono avait sorti le tracteur bleu du fond de la cour et avait attelé la remorque. Nous, avec Isabelle et Hélène nous avions l'impatience des départs en vacances, shorts et sandales aux pieds nous attendions l'autorisation de monter prestement dans la remorque avec les grands. Alexandre n’était pas bien loin et souvent était aussi de notre équipée fantastique. 

Nos méres regardaient d'un air inquiet cette équipage mais laissaient faire ... après tout la remorque était profonde et le coup de vent ne risquait pas d'emporter la progéniture fantasque ... 

Serge et Françoise, Alban et Marthe, Pierre et Tita, Alban et Simone, tonton Mario, tatie Claire, les cousins, les amis, les parents, les taties et tontons,  ils étaient tous là pour ramener dans la cave la récolte des précieuses pommes de terre qui feraient à n'en pas douter les meilleures frites du monde et les volcans de purée pour le jus du poulet rôti du dimanche chez papi et mamie « en bas » 

Les momes issés à l'arriére, la procession pouvait s'ébranler ... grand-pére tournait le contact du tracteur et dans un bruit d'enfer la petite troupe traversant le village rejoignait le Ruzat ... 

La vigne en haut ... quel paradis pour nous autres. C'était l'endroit le plus beau du monde où tout était permis. D'un coté il y avait le jardin qui nourrissait toute la famille et les amis durant l'année au fil des saisons, de l'autre ce petit bout de terre où la vigne faisait la fierté de mon grand-père. La fosse à l'entrée de la parcelle fournissait l'eau  des puits aux voeux de nos histoires de fées et de princesses, la cabane en planches grisées par le temps servait de château pour nos aventures ... et les élevages secret de doryphores de mon petit frère. 

Dans chaque rang du jardin tout était à manger et à grappiller. Les tomates bien sur,gorgées du soleil de l'été, celles que tu mangeais encore chaudes et qui te réservaient bien des surprise plus tard si tu en mangeais trop. Les petits pois bonbons sucrées que nous avions à portée de gourmandise. Les pèches, les abricots qui éclataient le ventre rond chargé de sucre. Les courgettes italiennes que nous mesurions tellement elles étaient plus hautes de nous. Mes préférées c'était les pèches de vignes, toutes petites à la chair rougeoyante qui avaient le gout des pays d'Orient que j'imaginais.  Les raisins de la vigne étaient comme des bonbons encore acides, mais me coucher dans la vigne pour regarder le ciel à travers les grappes était comme partir en voyage sur les rayons du soleil. Et puis il y avait mon arbre … mon pommier celui que secrètement avec grand père nous avions décidé qu’il était le mien … puisqu’a ma naissance contrairement aux naissances des petits il n’avait pas planté d’arbre. Il en était triste alors il m’avait dit que le petit pommier tout tordu et noueux qui poussait contre vent et marées près du puit serait le mien car il était solide et tellement résistant comme moi. 

Les rangées de patates étaient là. A la surface les tiges et les feuilles avaient pris les couleurs de l'automne en avance. L'instant était solennel ... grand-pére la fourche à la main testait le premier pied ... tout le monde retenait son souffle ... les pépites seraient elles grosses ? en nombre ? ... la motte de terre se soulevait ...et là comme lorsqu'on ouvre un coffre au trésor, les pommes de terre s'offraient  un bol d'air ... la récolte pouvait commencer. 

Tout au long de la matinée et même certaine année tout au long de la journée, tels des étourneaux sur un champ de blé qui vient d'être moissonné, les grands faisaient le premier passage pour ramasser les plus grosses patates. Nous nous avions le bonheur de farfouiller dans la terre pour récupérer les plus petites, celles qui se cachaient sous la terre. C'était notre trésor car celles là c'étaient les notres ... celle que Grand-mére ferait bouillir rien que pour nous et que nous mangerions avec une sardine  et un filet d'huile d'olive. 

Quel bonheur !!! nous avions le droit ... que dis-je l'obligation de nous salir les mains, les genoux, le museau ... Si nous avions de la chance nous trouvions des larves de hanneton que nous enfermions dans des bocaux pour plus tard en faire l'élevage. Comme des papillons nous virevoltions d'une motte à l'autre essayant d'attraper les sauterelles et les libellules ... 

Les grands racontaient des histoires, retrouvaient les potins du village et au fur et à mesure au bout des rangs les tas de pommes de terre grandissaient. Il arrivait le moment où la récolte devait rejoindre la cave de la Mairie où mes grands-parents habitaient. C'est là que la gloire de mon grand-pére prenait la place, comme celle du papa de Marcel. Il était fier ... il avait rempli son rôle de chef de famille, il avait le bonheur des gens de la terre à qui elle donne le fruit de leur labeur. 

Il disait rien ou si peu mais écoutait avec délectation les ramasseurs de patates lui raconter la récolte ... "Tu as vu Eugène celle là elle pourrait nourrir toute une famille", "Tu as de quoi tenir au moins jusqu'à la prochaine récolte, tu t'es encore surpassé cette année" ... Il était heureux juste heureux ... Nonno avait la fierté des paysans, celle qui nait dans le creux des mains burinées par les manches de pelles. 

Comme je les trouvais belles les mains de mon grand-père. Elles étaient immenses forcément et toutes craquelées... mais lorsque pour m'endormir il prenait ma main et passait son pouce sur le dos de ma main, ça grattait un peu mais c'était tellement doux et rassurant. 

Le retour à la Mairie était forcément triomphal ... grand pére la casquette un peu en arrière tel un général romain rentrant victorieux de Campagne au volant et nous juchés sur la récolte de patates, cheveux au vent, barbouillés de la tête au pied de terre et sucre des fruits goulument dévorés tout au long de la journée, poisseuses à souhait mais tellement heureuses ... Les petits Adeline et Silvain arriveront plus tard et auront même le droit de monter sur les genoux de grand-pére pour conduire le tracteur ... qui faisait  "grouziller" à l'interieur 

Ces souvenirs là sont autant d'instants qui s’égrainent tels les grains de blé dans les mains de Panturle ... le blé c'est comme la vie ... un petit grain fait des champs qui ondulent sous le vent ... comme mes souvenirs d'enfance. Lorsque j’ai parfois la nostalgie de ces moments il suffit juste que je me déchausse et que je marche dans cette terre noire de sadirac pour savoir que jamais personne ne pourra me voler ses bonheurs car ils sont ce qui me fondent.

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11 novembre 2018 7 11 /11 /novembre /2018 18:19

 

Comme souvent ce samedi là, j'avais pris le vélo pour rejoindre Sadirac et la Mairie où vivaient mes grands-parents. A peine arrivée dévalant la côte en courant je rejoignais la maison de papi et mamie "en bas". Presque tous les samedis nous les rejoignons pour boire le café. C'était un rendez vous de l'enfance où avec mes parents, mes grands-parents et mon oncle et ma tante nous les retrouvions pour passer un moment où chacun y allait de son histoire, de ses convictions, de ses aventures.

Lorsque je poussais la porte du chai qui donnait sur la cuisine je savais qu'il serait là assis sur son fauteuil au coin de la gazinière. Il serait certainement absorbé par le ballet des mésanges bleues et des rouges-gorges qui se rassasiaient des bouts de lard qu'il avait cloué sur l'arbre en face.

Mirabelle son chien sur ses genoux, ses yeux d'un bleu que l'enfance embellie forcément regardaient avec calme l'arrivée de la tornade que j'étais. Mon bonheur c'était de me mettre à coté de lui et d'attendre que les mots viennent et que surtout ils soient tous partis pour que je puisse l'avoir rien que pour moi. 

Papi Abel était mon héros à moi.  Il savait faire pousser des poires et des pommes dans des bouteilles, il me donnait toujours un petit sucre avec une lichette de la liqueur de cassis dont il gardait les secrets de fabrication. Il avait toujours dans une petite boite un bonbon à la réglisse que j'adorai. A cette époque à l'école primaire nous avions appris ce qu'avait été la guerre de 14/18 et nous avions en classe travaillé sur la Grande Guerre. Je savais du haut de mes 10 ans qu'il avait été de cette guerre, je savais que Mamie en bas y avait perdu son papa un soir de Noël 1914 mais ce jour là je voulais qu'il me raconte lui ce que ses yeux avaient vu. 

Ce samedi j'ai donc attendu que tous remontent en haut,  à la mairie et sous un prétexte dont je ne me rappelle plus je suis restée avec lui bien décidé à poser mes questions qui trépignaient sur le bout de papier enfoui dans ma poche. 

J'ai longtemps tourné autour du pot ne sachant pas si mes questions allaient trouver des réponses tant j'avais entendu les "grands" dire que papi n'en parlait jamais. Je crois bien que j'avais peur de faire de la peine à celui que j'adorais en ouvrant une boite aux souvenirs fracassants. 

S'est alors noué un instant, que près de 40 ans après je n'ai pas oublié, et j'entend encore sa voix. Je ne me souviens que des bribes de son récit tant je suis restée accroché à son regard bleu et à ses longues mains qui battaient la mesure de ses paroles. Ce jour là répondant à mes questions d'enfant il m'a raconté. Il m'a montré son livret militaire de son régiment d'infanterie. Dans ses yeux j’ai découvert sa jeunesse écrasée en 1916 en pleine bataille de la Somme. Il me montra la trace de sa blessure au bras quand il avait été fait prisonnier au début de la guerre, les années de captivité en Allemagne jusqu'en décembre 2018.  J’entends encore : "tu sais Christine dans les mines de sel en Silésie les blessures ça ne guérit jamais". Il s’était levé pour aller dans le chai et revenir avec son savon de prisonnier qu'il avait mis dans ma main. Je n'ai pas tout compris ce jour là. Je crois bien que cet après midi là avec mon cahier de brouillon et mon crayon je n'ai pas mesuré ce qu'était réellement ce moment. Il ne m'a plus jamais parlé de cette époque là comme si, et je l'ai compris bien plus tard, il avait honte d'être encore en vie alors que tant de ces copains, camarades étaient tombés. Il avait en lui cette colère froide qui lui fera refuser toutes les médailles, tous les hommages, toutes les commémorations. Il en voulait à tous ces "képis galonnés" qui les avaient tous envoyés à la boucherie. 

Quelques années après, à la vieille de sa mort, par un merveilleux jour de printemps, je me souviens avoir été le trouver. Il était dans le lit qu'on avait descendu dans la salle à manger. Il était tout à coup si petit si faible avec cette toux terrible qui en fait ne l'avait jamais vraiment quittée et attendait son heure  depuis cette "putain de guerre". Je me souviens avoir comme je le faisais si souvent posé ma tête sous sa main et là dans un souffle il ma dit : " Tu sais Christine c'est pas de mourir qui est difficile c'est de vivre après tout ça. " Ce fut la dernière fois où ses yeux bleus m'ont regardé avec tout l'amour qu'il avait pour nous deux. Quelques jours après il s'est éteins me laissant en héritage et en mémoire ces instants qui bien des années plus tard ont enfin illuminé mon chemin par leur mémoire. 

Il y a 100 ans il n'a pas entendu les cloches sonner l'armistice il était prisonnier en Allemagne. Ce matin au Monument aux Morts à Créon il était juste là posant sa main sur mon épaule. 

 

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25 juillet 2017 2 25 /07 /juillet /2017 16:23

Et le bleu conforte le cœur

Car des couleurs, il est l’empereur

 

Ce qui m’a toujours surprise en terres italiennes c’est que la lumière y est particulière et que les bleus y sont multicolores. Ce n’est certainement pas par hasard que l’azzura soit italienne.

 

Le bleu est une couleur qui est rare dans la nature. De ci delà il y a quelques bourraches, violettes, bleuets, quelques morphos aux ailes scintillantes, quelques poissons des profondeurs et des petits cailloux qui ont souvent fait perdre la tête des hommes pour le plaisir des femmes. Teinturiers, peintres de tous les siècles cherchaient longtemps les pigments bleus tant ils étaient rares. Les romains, les grecs ne les utilisaient pas,  les trouvant ternes et fades, les égyptiens en avaient créé un turquoise en alchimistes, tirant du cuivre le bleu des Dieux. Le lapis-lazuli réduit en poudre, pouvait être la base d'une peinture d’un beau bleu nuit mais réservé à ceux dont l’or coulait des mains.  Viendra ensuite le pastel des teinturiers, l’Herbe de Saint Philippe,  utilisée comme plante médicinale et tinctoriale en  Antiquité, cultivée pour la production d'une teinture  bleue, extraite de ses feuilles. 

 

Mais la raison du bleu italien est plus royale que ça. Les italiens sont les descendants de Garibaldi mais plane toujours au dessus d’eux le Guépard de Visconti. Le bleu ne figure pas sur le drapeau tricolore italien vert, blanc, rouge, mais cette couleur était présente sur le drapeau du Royaume d’Italie en bordure de l’écu de la Maison de Savoie. Cette bordure bleue servait à séparer la croix blanche sur fond rouge des autres parties blanche et rouge du Tricolore. Le bleu était important pour la famille de Savoie, lorsque le comte Amédée VI de Savoie utilisa l’image de la Vierge sur fond bleu comme l’un de ses étendards. La Maison de Savoie a quitté le trône en 1946 et l’Italie est devenue une république, mais par tradition le bleu est resté la couleur dominante des représentants de l’Italie dans la plupart des sports, du basket au rugby en passant par le sacro-saint calcio et la squadra azzura.

 

En Italie le ciel est bleu … je sais il l’est ailleurs aussi mais vous me permettrez cette coquetterie.  Levez les yeux, et rien n’arrête votre regard, cet infini devient bleu association du vide et de la lumière. "Ce n’est pas, à vrai dire, une couleur. Plutôt une tonalité, un climat, une résonance spéciale de l’air. Un empilement de clarté, une teinte qui naît du vide ajouté au vide, aussi changeante et transparente dans la tête de l’homme que dans les cieux" écrit le poète Jean-Michel Maulpoix. Les italiens l’ont vite compris et c’est au travers des bleus que tous les peintres de Botticelli à Michel-Ange en passant par Raphaël,  ont transmis la lumière au travers de tous les bleus. 

 

Mais le plus beau de ce bleu italien reste l’heure bleue, cet instant si magique où la nuit chasse doucement le jour pour s’offrir la nuit et les étoiles. Instant magique à la fois fort et fragile. Fugace comme un parfum qui laisse derrière lui un sillage invisible et délicat … Guerlain en créant sa merveilleuse fragrance en parlait ainsi …  « Le soleil s’est couché, la nuit pourtant n’est pas tombée. C’est l’heure suspendue. L’heure où l’homme se trouve enfin en harmonie avec le monde de la lumière ».

 

C’est là toute mon Italie …

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23 juillet 2017 7 23 /07 /juillet /2017 20:59

 

Il y a 25 ans au détour d’une ruelle pavée de Bergamo, j’avais découvert dans une vitrine des petites figurines animées de la Comédia dell’Arte. Elles auront difficilement résisté au temps et aux jeux des petits et il était important pour moi en revenant à Bergame de retrouver ces figures de l’art italien.  Certains pourraient avoir envie de retrouver les madeleines de Proust moi c’était juste des petites poupées de terre cuite peintes à la main dont les sourires gardaient précieusement mes souvenirs.

 

La commedia dell'arte tient ses racines des fêtes du rire qui sont à la base de grands carnavals d’Italie et d’ailleurs. Sans doute est elle devenue au fil des ans celle des fêtes de mon enfance où chacun prenait un rôle pour faire éclater les rires. La prose d’Angelo Beolco qui se faisait appelé le Ruzzante, avait inventé des personnages qui s’exprimant dans leur dialecte amenaient des situations cocasses où les quiproquos venaient en éclats de rires. Chaque province y amena son personnage avec ses caractéristiques, ses pitreries, ses pirouettes fantasques.

 

Dans nos repas de famille France et Italie, Gironde et Moselle, se mêlaient étroitement dans de grandes tirades où les gestes, les mimiques devaient permettre de tout faire comprendre même à ceux qui n’y comprenaient rien. C’est comme cela que depuis ma plus tendre enfance entre patois du Venetto, de la Lombardia, l’Italien d’école et le français j’ai construit mon italien qui n’a d’académique que le nom mais qui est resté la langue du cœur et des racines familiales. Dans cette comédie improvisée, le discours est sans cesse renouvelé, les acteurs ordinaires de la famille s’inspiraient de toutes les situations, faisant de la pièce qu’ils représentaient une œuvre changeante, incessamment rajeunie pour le plus grand bonheur des petits que nous étions.

 

Il y était tous … Arlecchino, Brighella, Colombina, il Dottore , Pagliaccio, Pantalone, Scaramuccia


 Scappino


, il Capitan Spavento, Isabella, Coviello, Pulcinella
, Lelio, ils sont tous revenus à moi et j’ai retrouvé chaque souvenir des farces de mon enfance en retrouvant cette petite boutique d’art à deux pas du Duomo de Bergamo.

 

Mon préféré reste Arlecchino,  lecchino le gourmand,  hellequin le petit génie infernal, son masque, son vêtement  multicolore, son allure vive et maligne, le son de sa voix, tout rappelle le farfadet. Son nom de Zantini, donné par les Italiens vient bien du sannio, le railleur  et ce petit personnage fantasque est mon préféré. 

 

Arlequin vient de chez nous, du venetto et parle le patois des habitants de Bergame et de la vallée du Brembo. Mais ce que je préfère d’Arlequin c’est cette histoire que m’a racontée mon grand-père. Si Arlequin est un bergamasque c’est que son habit, raconte la légende, a été fait par des enfants de cette ville qui s'étaient un jour cotisés pour habiller un de leurs camarades pauvre, et lui avaient apporté chacun un morceau de drap de couleur différente, dont on fit un seul habit. Le hasard n’existe pas …

 

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21 juillet 2017 5 21 /07 /juillet /2017 13:35

A l’heure où les anglais commençaient à construire la Bastide de Créon, Alberto Pitentino avec son nom de dessins animés utilisait le Mincio pour créer le système de défense de Mantova. Encore aujourd’hui cette cité du Moyen Age est toujours entourée de trois étendues d’eau qui l’a fait ressembler à une île au milieu de la plaine au sud de Vérona.

 

Pourtant cette prestance créé par l’homme ne dura pas et la nature reprit ses droits transformant les lacs en marécages où les nénuphars blancs et roses sont encore légion aujourd‘hui. Ces fleurs, perles d’eau sont l’œuvre d’une femme, Anna Maria Pellegreffi, botaniste pamesane qui, revenant d'Asie en 1921, voulut tenter l'expérience de tirer de la racine du lotus de la farine pour la panification. Mais rien à faire les italiens préférèrent garder le risoto et la polenta. On ne touche pas à la cuisine … la pasta est la pasta.

 

Mantova est une cité bien particulière où tous les siècles se mélangent. La brique rouge du Palais ducal des Gonzage, les pierres blanches du Palais Té, les veines blanches et roses du Marbre de Carrare des églises et le bleu vert étoilé de rose des lacs.  Féérique ! Mantova se conquiert à pied … et le nez en l’air. C’est étonnant comment l’Italie est le pays des gens le nez en l’air ! Il ne faut surtout pas regarder ses pieds sauf peut être à Mantova où toutes les rues sont pavées de galets multicolores. C’est en regardant vers le haut que l’Italie se découvre … à croire que tous les italiens au fil des siècles soufraient de torticolis chroniques.

 

C’est le nez en l’air que toutes les merveilles de Mantova se découvrent. Quelle splendeur !  La Fresque des Géants de Giulio Romano ne peut se ressentir que le nez en l’air tant sa splendeur est panoramique … Pourtant ce merveilleux faiseur de couleurs, magicien élève de Raphaël a bien failli ne jamais arriver à Mantova. Il a subi la colère papale pour avoir dessiné l’amour des dieux de manière un peu trop érotique. Par chance la famille Médicis protégera ces faiseurs d’amour comme ses amis Pierre l’Arétin ou le graveur Marcantonio Raimondi. Le plaisir est bien un art italien … et à Mantoue il se voit le nez en l’air … Et il suffit juste de se souvenir des poèmes de Virgile, cauchemars de mes années de latiniste, pour savoir que le Cygne de Mantoue est bien comme cette cité … élégante …  Entre amour, art et histoire, l’Italie se vit le cœur battant.

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19 juillet 2017 3 19 /07 /juillet /2017 11:39

 

Au détour d’un virage, juste là posée comme un oiseau elle est là drapée dans la brume du petit matin qui se chauffe au soleil. Comme si les doigts de la Fée Viviane avaient tissés des fils d’or et d’argent pour créer un rêve à faire perdre la tête des hommes. L’Isola San Giulio reste gardienne de la dolce vita.

 

Chaque fois que mes pas me ramènent sur les bords du lac d’Orta c’est la même magie qui opère. Le temps s’est arrêté sans doute oubliant qu’il devrait battre la mesure. C’est certainement le seul endroit où lorsque le soir tombe derrière la montagne, l’Univers se pose sur les eaux noires d’Orta et se pare de l’or des Princes Lombards. Il tient là le temps que la voute étoilée scintillent doucement et il s’envole pour rejoindre les étoiles. C’est juste là un instant d’éternité que même les neiges de l’hiver n’arrivent pas à suspendre.

 

La basilique qui se dresse fièrement comme sortant des eaux du lac est la dernière et centième église fondée par San Giulio et son frère Juien. Ces deux grecs nés dans les eaux turquoise de l’Ile d’ Egine, sont restés dans l’histoire comme les évangélisateurs de la région des grands lacs italien. La légende dit qu'autour de l'année 390 San Guilio alla sur l'île naviguant sur son manteau et la libéra des dragons; après la défaite des monstres il édifia une petite église dédiée aux apôtres. Haut  lieu des guerres du Moyen âge, cette île est restée un bastion de l’histoire de Bérenger II d’Italie et de Willa son épouse. Elle fut assiégée, détruite, reconstruite, et berceau de Guillaume de Volpiano.

 

Dans chaque ruelle, au détour des parfums subtils des lauriers multicolores et des jasmins en fleurs, l’esprit peut vous amener à retrouver les fantômes des temps anciens. Dans la basilique sur le mur entre les pierres, les petits rouleaux des souhaits laissés par tant de pèlerins comme autant de messages vers le ciel. Encore un pas vers cette éternité que l’Italie préserve à travers les siècles. Un rêve …

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17 juillet 2017 1 17 /07 /juillet /2017 16:22

 

Je crois que rien ne change vraiment au fil des ans ; c'est ce qui rassure et permet de retrouver le chemin sans faillir. Chaque fois que je reviens en Italie je retrouve chaque chose à sa place et même le temps a eu la délicatesse de m'attendre un peu.

 

Jesuine n'a pas loin de 90 ans et la seule chose qui me fait imaginer qu'elle est proche de cet âge sage c'est qu'elle ne fabrique plus 10 tartes et tourtes en tout genre par jour, mais juste 7 ou 8 ! C'est elle, qui, avec ses frères, reste le lien avec la génération de mon grand-père. Mémoire vivante avec Aldo, Luigi et Egenio, ils sont encore capables de raconter ces histoires des Darmian sur lesquelles est construite notre tribu.

 

Comme lorsque j'étais enfant je m'installe au bout de la table avec mon café ristretto à réveiller un mort et j'écoute avec encore plus d'attention les conversations pour arriver à percevoir chaque mot, chaque fil qui me permet de comprendre les histoires d'un temps qui s'effacent peu à peu. Au détour d'un regard je découvre comment mon grand-père avait l'amour de cette terre que son père et sa mère ont quitté dans les années 20. Nono aura mis tant d'années avant de nous raconter. Il avait tellement peur qu'on lui reproche ses origines qu'il avait appris à être plus français que n'importe quel autre Dupont et Dupont. Et puis un jour je crois que je ne saurais jamais pourquoi il a parlé. Je suis restée là, comme j'écoute aujourd'hui Aldo et Jésuine raconter, à me nourrir de ses histoires. Je viens de retrouver la douceur de vivre italienne ...

 

Hier soir à mon arrivée après multiples péripéties avec l'avion qui m'a conduite à Milan, j'ai retrouvé les grandes tablées familiales ... pas moins de 20 à table hier soir. Et c'était comme d'habitude frugal forcément juste le repas du soir ... Asseyez vous ... je vous raconte ... d'abord il y a les feuilletés aux fromages ... avec un "s" parce que l'autre pays du fromage c'est l'Italie. Puis les bouchons sautent et là forcément la fête peut commencer : Prosecco, Spumante Valdobbiadene issu des collines de Cartizze au nord du fleuve Piave ... Rien que le nom et c'est le soleil qui entre dans cette soirée d'été. Le soleil a rendez-vous avec la lune, en Italie c'est toujours comme ça. Arrive ensuite les olives, les artichauts, les macédoines, les oeufs mimosas comme ceux que faisaient mon arrière grand-mère Pascua, les tourtes aux courgettes, le Vitello Tonato fresco, bistecca freda, les jambons de toutes sortes, les patatine, et ... et … et les rires fusent.

 

Comme si j'étais partie hier je retrouve la musique de cette langue que je parle depuis mon enfance. Je viens de rentrer à la maison, cette deuxième maison qui chante l’amour d’une famille qui au travers des générations n’a jamais oublié qu’un Arbre sans racine ça fini toujours par mourir …

 

Hier soir je me suis endormie, la fenêtre grande ouverte sur le jardin, au loin le bois où nous avons tant de fois avec mes cousins et cousines inventé  des batailles homériques, refait les guerres Napoléoniennes, refait l'histoire où nos deux pays finissaient par élire un roi et une reine qui avaient forcément beaucoup d'enfants et qui vécurent heureux des siècles et des siècles.

 

 

 

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15 avril 2017 6 15 /04 /avril /2017 13:00

Avec le temps les souvenirs d'enfant se changent en rêves merveilleux qui les jours où le temps vire à l'orage gardent le ciel bleu coûte que coûte.
En ce week-end Pascal il en est un qui revient comme une ritournelle. Nonna Pasqua était né à San Stefano de Zimela, sur nos terres italiennes,  le 6 août 1899 aux portes du siècle. Fille de Marco Scarsetto et de Maria Savoia, elle était mon arrière grand-mère du Ruzat à Sadirac. Les seuls souvenirs que j'ai d'elle sont ceux d'une toute petite fille qui venait d'avoir trois ans. J'avais déjà le verbe haut et l'agilité des cabris qui courraient les montagnes et sautaient dans mes flaques, avide de découvertes et d'aventures qui faisait souvent tourner en bourrique tous ceux qui étaient sensés veiller sur mes premiers pas dans le monde. 
Lorsque je ferme les yeux en humant l'air des petits bonheurs, je revois sa cuisine au Ruzat, le grand cèdre du jardin dont les branches qui plongeaient jusqu'au sol nous servaient de tremplin vers les aventures des Robinsons. Sa cuisine, c'était la pièce de la vie, celle où l'on recevait les amis qui passaient, les petits qui venaient embrasser Nonna. Nous avions toutes les deux un rituel qui est resté dans ma mémoire ... les lentilles. 
Comme j'étais impossible à garder en place plus de cinq secondes il fallait bien m'occuper. Elle avait trouvé le moyen pour m'avoir au calme, d'occuper mes dix doigts et faire taire un peu le babillage incessant des questions et des mots qui se bousculent. Je me souviens, elle m'installait à table sur une chaise avec des coussins et versait devant moi sa boite de lentilles. Quel trésor extraordinaires que ces petites graines vertes qui glissaient en un bruit de pluie de printemps le long de la boite en métal. Elle essuyait ses mains sur son tablier, s'asseyait auprès de moi et passait sa main dans mes boucles blondes bien indisciplinées. Alors avec patience elle me montrait comment trier les petites graines et repérer celles qui iraient dans la casserole et celles qui finiraient leur vie dans le jabot des poules ou ailleurs. J'entend encore sa voix avec ces  lumières d'Italie qui chantent à mon oreille ... Et ça fonctionnait, du moins je l'imagine car j'ai toujours aimé trier les lentilles.
J'ai gardé le geste sûr des minutieux avec le sentiment de trier des pierres aussi précieuses que le souvenir qui emplit mon coeur à chaque fois. Lorsque j'avais bien remis le petit tas de lentilles en ordre, graines après graines, je savais qu'elle allait sortir du buffet la boite aux petits chats. Vous vous souvenez de ces boites à gâteaux en métal rectangulaires qui étaient décorées comme les calendrier des PTT ?  Sur la sienne il y avait des petits chatons en rang d'oignons que je trouvais du plus bel effet. Dans cette boite elle y rangeait les langues de chat ... et j'adorai les langues de chats. J'avais le droit d'en prendre une dans chaque main voire deux ! Un régal ! Un trésor ! Il ne me reste d'elle que ce souvenir. Elle est partie j'avais juste 3 ans et pourtant chaque fois que je pense à elle je retrouve intacte la lumière, les odeurs, les bruits du Ruzat et de sa cuisine. 
J'imagine que ce travail de confiance ne pouvait pas durer des heures entières tant j'avais plus de la tornade que de l'alizé ! Pourtant j'ai toujours retrouvé le calme de ces instants chaque fois que je m'installe tel un rituel pour trier des lentilles. Bien étrange les méandres des souvenirs d'enfant ! Je  sais peu de cette femme qui s'est battue toute sa vie. Elle n'était pas de ces princesses qui traversent les rêves d'enfant mais elle était plus encore. 
Bonnes et merveilleuses fêtes de Pâques à tous ... moi je vais aller trier quelques lentilles et manger des langues de chat ! 
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2 octobre 2011 7 02 /10 /octobre /2011 12:47

IMG 2796Ils étaient là installés sur la nappe, alignés comme à la parade et j'entends encore la voix de Nicolas, de mon père, de Mitou, s'esclaffant : " si ceux-là ils ne bougent pas on les mange". Régine leur en a voulu longtemps d'avoir eu cette idée lumineusement morpionne un soir de fête de mettre des escargots vivants dans ceux que sa maman avait amoureusement préparé à la bordelaise. Lorsque j'y  repense j'en ris encore et pourtant c'est si loin dans mes souvenirs d'enfant.

 

Régine était avec Mitou, les piliers d'une amitié sans faille pour nous. Elle était de ceux qui n’ont jamais transigé sur les valeurs qui l’avaient poussé à enseigner dans cette classe adaptée de l'école primaire de Créon. Elle avait le verbe haut et les idées bien ancrées dans l'humain. Elle était pour moi indestructible puisqu'elle portait la force de ceux qui aiment la vie. Pourtant, la vie ne lui a pas forcément fait de cadeau et le dernier aura été empoisonné jusqu'à lui faire fermer les yeux pour toujours.

 

Ce matin quand maman m'a appelé pour doucement me dire qu'elle ne serait plus là sur le pas de sa porte pour regarder passer notre rosière, que je ne pourrais plus me régaler des crêpes qu'elle faisait pour nous les jours de match du tournoi des 6 Nations, que je ne pourrais plus passer comme ça pour lui faire un bisou et prendre un café, tout mon petit monde a perdu une part de ses rêves. Il faut s'y résoudre ainsi va la vie mais la petite douleur, celle qui perle les yeux de larmes, sera là pour longtemps.

 

Tant de souvenirs remontent à ma mémoire, pas ceux de la grande histoire, juste ceux des petits bonheurs que nous partagions : les kermesses de l'école, les rallyes de l'amicale laïque, les campagnes électorales créonaises, les matchs de rugby où je me glissais entre Jean-Claude, René, Mitou, Monsieur Caumont et papa et sans un mot j'écoutais les commentaires des matchs de ceux que Roger Coudert appelait les "Petits". C'était un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaitre ... Je leur raconterai

 

Le temps passe, il va vers un temps où je commence à avoir l'âge de voir ceux que j'aime sans aller sans bruit. Mais je sais que rien ne pourra enlever de mon cœur les souvenirs heureux, les petits riens qui font que la vie est forcément belle. Aujourd'hui mon cœur est à Créon ; il est lourd mais je sais que ma tribu sera là encore et toujours pour qu'ensemble nous fassions le chemin.

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2 septembre 2010 4 02 /09 /septembre /2010 18:50
P1000317Le soleil a mis du temps à lever le voile des brumes de l'Entre-deux-Mers ce matin, comme si cette nuée voulait encore, un instant, boire la rondeur des grains et se saouler des sucs prometteurs. Les feuilles bruissent du ronronnement des machines qui vont prendre le chemin des rangs, les hottes se chargent, les sécateurs testent leur coupant et les voix murmurent comme pour sacraliser l'instant de l'ouverture, l'instant de la récolte.

Dans ma tête ces moments sont gravés et souvent couverts « d'étoiles d'araignées » et des poussières de souvenirs au fond de la cave, du chai ou de la grange. Aujourd'hui c'est le début des vendanges en Bordelais, celles des Blancs qui ouvrent le bal des gueilles de bondes qui scelleront un jour les calices des délices de Bachus.

Petite, rien ne m'aurait empêché d'aller scruter l'horizon au Ruzat à Sadirac ou près de l'Enclo à Vayres pour voir monter les vendangeurs et mes grands-pères, héros de mes rêves d'enfant juchés sur leurs machines rugissantes. Je les ai senties ses vignes en Graves de Vayres ou en Bordeaux Supérieur, imitant les gestes des mains rugueuses de mes aïeuls comme si j'avais pu faire jaillir de mes petites mains la joie que je lisais dans leurs yeux à tous les deux.
Mon premier geste était de me mettre pied nu au grand désespoir de ma mère et de mes grands-mères qui imaginaient les rhinopharyngites qui ne manqueraient pas de pointer leur nez aussi sûrement que la rentrée des classes. Mais je m'en fichais, quel bonheur de sentir la terre sous mes pieds, de la sentir vibrer comme un dernier hommage à la vigne qui allait donner ses fruits.
Je revois encore mes grands-pères cueillant la première grappe avec autant de délicatesse que s'ils avaient eu entre les mains un nouveau né. Ils la scrutaient au soleil de septembre, la soupesaient, la respiraient. Ils avaient le sens de la vigne, de la terre, l'un comme l'autre, ils savaient ce qu'ils lui devaient. C'était et c'est encore un moment magique, cette veille des vendanges où chaque rayon de soleil est important, où le vent et la pluie sont à la fois ennemis et amis. C'était une veillée d'armes comme avant l'apogée d'une bataille entre la guerre et la paix.
L'instant du sacré passé, je reprenais la vie et courrais toute la journée de rang en rang, babillant avec les grands, jouant avec les petits, organisant des barbouilles géantes avec les cousins et les cousines. De temps à autre la voix grave d'Henri rappelait les petits à l'ordre ou la main d'Eugène appliquait la frotte à l'ail factice menaçant de punitions bien sûr imaginaires.
Ces vendanges-là en Bordelais ont parfois le seul goût des madeleines de Proust et des souvenirs de gosses. Que reste-il de ces vignes que mes grands-pères labouraient inlassablement au rythme de la pousse de l'engrais vert ? Que reste-t-il des coups de sécateurs choisissant les fruits à tomber dans la baste ? Que reste-t-il des chants et voix des vignes qui se répondent de rang en rang ? Que reste-t-il des tablées aux nappes blanches qui finissaient les semaines de vendanges ?
La réalité est devenue parfois moins poétique pour qui ne s'arrête pas, pour qui ne sait plus regarder. J'espère que vos vendanges seront aussi belles que les miennes, car là-bas dans mon Entre-Deux-Mers natal, entre Garonne et Dordogne, il est encore des coins où Ulysse après un beau voyage peut retourner plein d'usages et raisons vivre entre ses parents le reste de son âge ... Que les vignerons gardent courage, que les paysans reprennent le sillon, que nous soyons là à leur côté pour que les raisins ne deviennent jamais ceux de la colère.

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Un Peu Sur L'auteur ..

  • Aux pensées Citoyen !
  • Ancienne journaliste,  Présidente du Comité Les Arbres de la Laïcité Gironde - Aquitaine. Apprentie ariégeoise.
  • Ancienne journaliste, Présidente du Comité Les Arbres de la Laïcité Gironde - Aquitaine. Apprentie ariégeoise.