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16 juin 2025 1 16 /06 /juin /2025 21:57

Au détour du chemin, gardien d’un passé révolu mais toujours le cœur battant, les murs continuent de se dresser malgré les outrages du temps là où les cimes effleurent le ciel. Là se trouve Sentein, village au charme éternel niché aux confins du Couserans et de l’Ariège.

 

Sentein est un petit village des Pyrénées Ariègeoises que j’ai découvert lors d’une visite de Dominique Faure, alors Ministre des Collectivités Territoriales et de la Ruralité. Je me souviens encore de la chaleur de cette visite. Nous venions inaugurer un commerce multi-services qui refaisait battre le cœur de village. J’ai profondément aimé ce village et ses habitants et j’ai eu beaucoup de plaisir à y revenir pour la transhumance de Biros. J’y ai redécouvert une des facettes notables de son histoire, celui de son passé minier qui a fortement marqué la région, tant sur le plan économique que social.

 

Le passé minier de l'Ariège

 

Durant le XIXe siècle, dans l'ombre des Pyrénées, un passé minier riche, sous terre, s'est dessiné ici. Des mines ont vu le jour. Les hommes y ont travaillé, avec force et fierté, écrivant leur propre légende.

 

Ici les vallées sont raides, profondes, la montagne est haute et il est certain que les forgerons des Dieux ont tapé fort sur l’enclume géologique. La découverte d’un filon de plomb argentifère dès 1830, a fait miroiter une richesse inespérée à ce coin d’Ariège. Le siècle qui suivra fait du pays de Biros une terre des trésors à extraire à Bulard, à Bentaillou. Les sites du Fourcail, de Montoulieu en terres espagnoles ramènent au cœur du réseau de la vallée de Biros le minerai par le Port d’Orle et celui du Port d’Urets. Les traces des centres de tris sont encore visibles au cirque de la Plagne, à Orle et au Bocard d’Eylie.

Dans le vent des silences c’est le pic de mineur et la dynamite que l’on devine encore et même si les hommes leur donnèrent des noms de Saintes, ces galeries restent encore des bouches béantes qui mangèrent tant de vie d’ariégeois. Dans les années 60, les sites fermèrent un à un et le passé couvrira peu à peu de son voile la vallée entière. À Sentein, la mine était devenue un monde en soi. Dans les entrailles de la terre, chacun a creusé, affrontant la noirceur, le froid et la peur. Il faut s’y arrêter pour retrouver les traces, les cicatrices du temps et ouvrir les pages d’une histoire qui ne doit pas tomber dans l’oubli.

 

Les souffrances des hommes, gravées dans chaque roche résonnent comme un écho qui s’approche.  Sentein est le témoin de ce labeur qui se tait. Ici a défilé les générations, portées par leur ardeur au long des galeries sombres, chemins de foi, où l’espoir vivait en dépit du sort.

 

Le passé chemin de mémoire

 

Les plus courageux « chercheurs marcheurs » d’aujourd’hui pourront retrouver les dizaines de kilomètres de descente de la piste de Bentaillou. Le rêveur retrouvera les ombres des charrettes à bœufs, les goulottes d’acheminement des minerais. Il verra sans doute l’ombre des paysans de cette vallée, devenus mineur, qui comme les conquérants des terres lointaines laissèrent femmes et enfants pour construire leurs baraques en haut des pitons rocheux comme à Bulard. Ils ont creusé, ils ont dompté la montagne, ils ont souffert dans le vide et la rudesse du climat été comme hiver.

 

Les souvenirs d’antan restent gravés, immuables, vibrants car l'esprit des mineurs demeure en chaque cœur. Ils racontent des histoires de luttes, de foi, de ce qu’ils ont cru en quête d’éternité. Alors, dans le murmure doux du vent sur les crêtes, j’avais envie que vous puissiez écouter les récits, les âmes discrètes.  On se sent relié à ceux qui ont osé l’avenir.  Le passé minier de Sentein, de l'Ariège, a laissé une empreinte indélébile dans la mémoire collective, témoin de cette résilience courageuse, parfois révolté de l’Ariège mais surtout de cette solidarité qui me touche tant. 

 

« Dieu, quand il est venu ici, il faisait nuit, alors, il a taillé le pays à coup de hache. Mais en repartant, il fut pris de remords et jeta par-dessus son épaule une poignée de Minerai »

 

 

Nelly et Claude Taranne ont écrit avec l’office de tourisme de Sentein plusieurs topos guides de randonnées dont « Tour du Biros – Patrimoine Minier » et « Randonnées en Biros-Bethmale» qui invitent le marcheur à visiter ces lieux avec un œil nouveau.

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9 juin 2025 1 09 /06 /juin /2025 10:59

"Ils arrivent !" Le ciel est bas et s'étire dans les nuances de coton et de bruine. Assise dans la bruyère et le thym je sens comme une vibration dans l'air ... "Ils arrivent !". Autour du feu qui se pare des fumets des agapes à venir, les pas des danseurs s'arrêtent et tous les regards se portent sur l'horizon de la vallée qui bruisse. 

 

Ils arrivent !

 

Il y a ceux qui comme nous se sont hissés au cœur du cirque de la Plagne ou au creux de celui de Campuls pour les vivre à l'arrivée. Il y a ceux courageux en interminable fil de pas, qui les suivent et comme eux espèrent et désirent les espaces promis de ceux qui tutoient les étoiles et les nuages. "Ils arrivent !". 

Les Gasconnes ouvrent la voie, les Mérens et les Castillonnais ne sont pas loin derrière et encore un peu plus bas les brebis pyrénéennes, les mules, les ânes ... des centaines de bêtes qui malgré la fatigue de la montée frétillent à l'idée des herbes gorgées de rosée. C'est perceptible, c'est là juste à la portée du cœur pour peu que l'on sache lire et écrire le langage du pastoralisme.

 

Les petits nés au printemps suivent leurs mères, hésitent à franchir l'eau de la cascade, qui s'assagissant, décide de couler au rythme de ceux qui murmurent au temps qui passe.  Il y a les chiens, infatigables points virevoltants comme des libellules en un bal ordonné au son des sifflets et des ordres de leurs bergers. Il y a les éleveurs, hommes et femmes de passion qui surveillent tout, chaque bruissement, chaque son de sabots sur le chemin et guident leur regard au son des cloches qui sonnent l'arrivée des troupeaux.

Le cœur battant de l’Ariège : le pastoralisme patrimoine mondial de l’Unesco

 

Au cœur de l'Ariège, où les montagnes s’élèvent fièrement, le pastoralisme tisse un lien ancien, entre homme et nature. Les pâturages vastes, où s’étendent les verts tapis offrent aux brebis, aux chevaux, aux vaches et aux chèvres un havre de douceur et de liberté. Sous le ciel changeant, le berger veille, silhouette humble et fidèle. Sa voix s’élève dans l’écho des vallées, chant d’une tradition ancestrale. Les cloches tintent, rythmes d’un quotidien simple et profond où le temps semble suspendu, bercé par le souffle du vent et des flots sautillants des torrents.

Les troupeaux, comme un mouvement de vie, parcourent les crêtes et les plains, liés à la terre, ils incarnent la sagesse des paysages, et des paysans. Au fil des saisons, le pastoralisme façonne le visage sauvage de l’Ariège. Un héritage précieux, un chant d’amour à la nature et à ses secrets. Dans cet écosystème fragile, l’homme et la montagne s’unissent en harmonie en une danse millénaire, où chaque pas laisse une trace de respect et de passion.


 

L’Ariège, terre de "pastors", garde en son sein la mémoire d’un art de vivre, vivant poème, témoignage d’un équilibre entre tradition et nature sauvage et ce matin je suis plus riche ... il est des savoirs qui ne peuvent s'apprendre complétement dans les livres mais seulement dans les mains et les regards des ariègeois.

J’ai vécu hier avec émotion ma première transhumance ariégeoise, souvenir d’enfance la main dans celle de mon grand-père. J’ai mis mes pas dans ceux de Christine, Alain, Justine, Maritxu et Mélanie qui avec patience ont attendu que je grimpe à mon rythme, ont partagé avec moi leur bonheur du partage. C’était ma première transhumance en Ariège et je n’ai qu’une envie qu’elle ne soit jamais la dernière !

 

https://www.pastoralisme09.fr/le-pastoralisme-en-ariege/

 

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2 juin 2025 1 02 /06 /juin /2025 13:06

 

C'est une nouvelle aventure ! Après plus de 35 ans en Gironde j'ai rejoins le 14 octobre 2024 les Pyrénées Ariègeoises. Me voilà directrice de l'attractivité, de l'aménagement du territoire et de l'environnement au Conseil Départemental de l'Ariège. Mais quelle mouche a bien pu me prendre ? 

 

Parfois dans une vie, surtout professionnelle, il est des chemins qui semblent des méandres, voire des impasses et puis pourtant ils mènent plus surement vers la destination qui était enfouie dans le plus profond des engagements. Le hasard des déplacements ministériels a fait que j'ai eu à rencontrer cette terre des courages qui faisait échos, bien lointain, à mes rêves d'enfant. Ce sentiment bien étrange en apercevant les Pyrénées, à chaque voyage, d'être à la maison ... J'ai toujours eu en tête la fabuleuse nouvelle d'Alphonse Daudet, "les étoiles", et je crois bien que depuis toujours je savais au fond de moi que j'y finirai bien par y planter les racines aériennes qui restaient au bord du pot.

Je n'oublie rien de ma Gironde, ni ceux qui y sont et y vivent ; mais comme me l'a écrit Alain Anziani dans un petit message précieux lorsque je lui annonçais que je partais en Ariège, "(te) voilà à défaut d'être en terre sainte, en terres saines. "

 

Ariège terre Courage

 

Pour préparer mon arrivée j'ai comme d'habitude enfouie mes pensées dans les livres de ma "bibliothèque des Cigales" ... J'y ai d'abord retrouvé le livre de Djalla-Maria Longa, "Ariège Terre Courage" qui raconte l'arrivée des jeunes citadins au cœur du village de Massat dans les années 70.  Dans ce livre j'y ai retrouvé l'histoire de ces  jeunes hippies qui ont choisi de s’installer dans ces hameaux du bout du monde désertés par les "autochtones". Le décor était planté : la rigueur du climat, la rudesse du relief rendent le quotidien particulièrement difficilen et pas que ! J'y ai vite compris que ici ne s’installe pas qui veut. C'est la « terre courage ». Il allait falloir que je fasse la synthèse entre mon envie de m'ouvrir à un monde qu'il fallait d'abord que je comprenne. Il fallait que j'apprenne à faire la part des choses entre refus du superflu et exigence du nécessaire.

 

Ariège des Soldats et du Fer

 

Mais que fait-on en Ariège ? "Des soldats et du fer" c'est ce qu'entendit Napoléon qui questionnait le Commandant Thomas Bazil le soir de la bataille d’Eylau. C'était clair ... et en relisant les chroniques j'ai compris très vite qu'ici la confiance se gagne à la sueur du travail et de l'exemple.

Bien que l'Ariège ne soit pas au cœur des grandes batailles napoléoniennes, elle a participé à l'effort de guerre. Les départements français, dont l'Ariège, ont été soumis au système de conscription instauré par Napoléon. Les jeunes hommes étaient appelés à servir dans l'armée impériale, renforçant ainsi les rangs de la Grande Armée.

Des archives locales, telles que les registres paroissiaux et les listes de conscrits, témoignent de l'engagement des habitants de l'Ariège. Certains ont combattu dans des régiments d'infanterie ou de cavalerie, tandis que d'autres ont été affectés à des unités de soutien logistique.

Cet héritage a souvent tracé l'engagement des hommes et des femmes de l'Ariège et il reste une valeur profondément ancré dans les terres ariégeoise même aujourd'hui.

 

Ariège : Là où la mule s'arrête, l'Ariégeois continue

 

« Là où la mule s'arrête, l'Ariégeois continue » Je savais bien qu’il y avait un truc entre l’Ariège et moi. Cette phrase explique sans doute pourquoi cette terre me parle et me rends heureuse … C’est une terre où rien n’est impossible où tout se gagne à la force de la volonté. Car rien n’est gagné d’avance ici et tout est difficile mais la récompense est magique ! Cette locution populaire de l’Ariège illustre l’endurance et la détermination de ces habitants, réputés pour leur ténacité face aux obstacles. 

J'ai très vite compris ici , la capacité des Ariégeois à surmonter les difficultés, qu’elles soient physiques, sociales ou économiques. Elle reflète une culture de résilience et de travail acharné, ancrée dans l’histoire et les traditions de la région.

En somme, « là où la mule s’arrête, l’Ariégeois continue » est bien plus qu’une simple expression : c’est un témoignage vivant de l’esprit indomptable des Pyrénées.

 

Commencer ici ma nouvelle vie d'apprentie ariégeoise c'est porter que lorsque la force du collectif se met à rêver des solutions ça donne des possibles à fabriquer !
 

 

 

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Un Peu Sur L'auteur ..

  • Aux pensées Citoyen !
  • Ancienne journaliste,  Présidente du Comité Les Arbres de la Laïcité Gironde - Aquitaine. Apprentie ariégeoise.
  • Ancienne journaliste, Présidente du Comité Les Arbres de la Laïcité Gironde - Aquitaine. Apprentie ariégeoise.