17 février 2009
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19:52
J'avais laissé quelque peu le clavier ces derniers jours pour écrire avec ma plume et du papier. Une envie comme il m'en arrive de retourner au plaisir des mots qui glissent sur une page blanche. Mon petit coté rétro sans doute ! Je retrouve le clavier pour vous raconter un moment partagé qui m'a fait plaisir et qui m'a rassurer sur l'air du temps qui passe.
Dimanche matin alors que le Bassin se réveillait doucement sous un soleil d'hiver j'ai pris le chemin des Landes et du Sud Gironde vers Captieux. J'y allais retrouver Gisèle Lamarque notre députée suppléante pour la fête des Boeufs Gras. Une fête bien simple comme je les aime où petits et grands, jeunes et vieux se retrouvent pour partager un moment de convivialité. J'y ai retrouvé au fil des sourires les moments racontés dans mon enfance d'un temps qui n'a pas cessé d'être dans cette Gironde que j'aime tant.
Sur la place devant la salle des fêtes les boeufs qui finiront dans les assiettes des gourmands gourmets sont nerveux. C'est qu'avant ils savaient ce qu'était le monde et les fifres. Ils travaillaient dans les champs et même m'a-t-on raconté on les entraînait à écouter les musiques ancestrales des ripataoulères pour qu'ils fassent bonne figure et belle cuisse le jour du défilé dans les rues du village. En les regardant s'ébrouer je repensais à ce que mon père me racontait.
Tonton Claude était le frère de mon arrière grand père Normandin. Il était boucher à Sadirac, petit village de mon enfance où j'ai appris à faire Robinson. Dans les pages de "la sauterelle bleue" ce livre où mon père raconte son enfance il en parle de ces boeufs qui sentaient le moment fatal de l'abattoir et refusait de suivre le chemin vers l'arrière boutique. Comme ceux de Captieux ils devaient bien imaginer leur sort. Mais qu'importe, j'ai vite oublié en passant devant la boucherie de Bernard Humez les remords, cédant à l'appel de l'entrecôte de race Bazadaise qui m'attendait et imaginant très vite l'échalote confite au poivre qui vêtirait ce morceau de roi.
Les enfants avaient revêtu leur tenue de carnaval, les grands-mères et les mamans avaient fait des centaines de merveilles et les hommes échangeaient les nouvelles du jour sur le pas de la porte du Cercle de la grand rue. Les fifres, les bergers sur leurs échasses, les jeunes filles et leurs chapeaux de paille tressée, belles comme l'Arlésienne de Daudet, m'ont vite plongé dans une ambiance que les chagrins vous qualifieraient de vieillotte mais que je sais être celle de la vie.Retrouver Jean-Luc, Georges, Viviane était un bonheur simple d'amitié. La bise passée à Marc Lalanne, ancien Conseiller général de Captieux et son épouse, retrouver les amis ceux qui restent malgré le temps qui passe a ensoleillé mon dimanche. C'est peu me direz vous ! Non c'est là l'essentiel. Je suis naïve me direz vous ! Qu'importe je crois encore en ces valeurs qui forgent ma vie.

Je suis repartie sur le Bassin, le coeur léger rassurée sur le fait qu'elles existent encore. Il reste encore ici chez nous des petits coins qui gardent comme un trésor la vie simple et solidaire.
C'est vrai il y a aussi à captieux, je vous l'avoue, un trésor que j'aime par dessus tout ... les puits d'amour ... mais pas n'importe lesquels, ceux de chez Seguin ... Si un jour vous passez par Captieux arrêtez vous dans cette boulangerie pâtisserie et si vous vous levez tôt emportez un petit puit d'amour même deux et peut être trois. Lorsque vous mettrez vos lèvres dans la crème à pleine bouche je suis certaine que vous retrouverez le goût de la vie, la vraie. A Captieux il y a encore des chouanes chez les boulangers ...