24 mai 2009
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¡No pasarán! ont été les mots des partisans de la Seconde République Espagnole (1936-1939) en lutte contre les rebelles nationalistes commandés par le Général Franco, dont le soulèvement déclenchera la guerre civile espagnole le 18 juillet 1936. A l'heure où pour la première fois les français partaient en congés payés, l'Espagne allait être saignée par une guerre fratricide que les mémoires n'oublient pas, mais jusqu'à quand ? Ce soir la nuit a laissé ouverte les mémoires au Cercle Ouvrier de Saint-Symphorien pour que l'on oubli pas. Progreso Marin écrit "les dictatures triomphent lorsqu'elles cassent la transmission de la mémoire des luttes entre les générations. Franco pour l'Espagne a failli y parvenir, heureusement, des petits enfants proches des "abuelos", titillent leur mémoire ..." ¡No pasarán!
Thomas Jimenez, petit fils d'El Comunero raconte. Ce soir il a fait entendre avec ses compagnons les voix de ceux qui se souviennent et qui n'oublient pas. Voilà trois ans, Thomas a décidé de faire revivre en chansons l’histoire de son grand-père qui combattit dans les rangs républicains. Ce jeune auteur compositeur a pris l'espace du Cercle avec ses musiciens, entre autre Franck Marty et Laulo Kebous (les Hurlements d’Léo) qui constitue le groupe "El comunero". Et les mots de Paco Ibanez, de Rafael Alberti se sont mis à chanter. J'en ai encore la chair de poule et le coeur en révolution. ¡No pasarán!
Sur les murs du cercle des portraits, les regards éternels de ceux qui ont vécu et qui ne parlaient pas. Il aura fallu la tendresse de Danielle pour ouvrir les malles fermées sur les souvenirs. Avec les amis du cercle ouvrier de Saint-Symphorien, elle a avec patience, doucement soulevé les couvercles de ces valises où les secrets d'un exil, d'une guerre avaient fait silence. Pourtant elle n'est pas d'ici, mais il est sans doute plus facile de raconter à ceux qui ne savent pas. Et elle est entrée dans les mémoires. Le Cercle Ouvrier a ouvert une page d’histoire ce samedi 23 mai. Ils avaient conscience que cette page réveillerait un des drames du 20iéme siècle. Mais ils savaient aussi qu'ils avaient là les témoins "paroupians" et qu'il fallait raconter cette tragédie contemporaine et devenir ainsi des passeurs de mots. ¡No pasarán!
Comme dans la chanson ils sont venus, ils sont tous là, venus de tout le grand sud-ouest, venus porter la parole et les témoignages pour accompagner la projection du film 'Fils de Rouge" (1) qui raconte le combat de la mémoire républicaine et de la retirada de centaines de milliers de soldats, d'hommes, de femmes et d’enfants qui trouveront "refuge" dans nos villages et nos villes du Sud-Ouest. Les hirondelles revenues pouvaient commencer leur ballet rien n'auraient pu les distraire de leur histoire. Les yeux souvent plein de larmes, la voix enfouie, ils ont avec Jean Ortiz, Progreso Martin, Thomas Jimenez, Jean- Claude Marlier, Bruno Loth, partagé leur souvenirs, témoigné pour que la mémoire reste. Et ce n'était pas facile. ¡No pasarán!
Dans la cour les enfants ont joué jusque tard dans la nuit. L'orage a grondé mais sans faire de bruit comme si l'histoire avait ordonné le silence pour mieux s'imprimer dans les mémoires. Appuyées sur le mur, ces deux soeurs murmuraient les paroles des chansons qu'elles connaissaient par coeur. La mémoire est passée. Un arbre sans racine ça n'existe pas, un arbre dont on coupe les racines ça fini toujours par mourir. Ce soir j'ai vu des enfants, des petits enfants prendre la main de leurs parents et grands-parents. Le silence a cessé. Je suis tout simplement heureuse, heureuse et vivante. ¡No pasarán!
Le Cercle Ouvrier de Saint-Symphorien ouvert du lundi au dimanche entre 17h et 21h.
Tél : 05 56 25 71 63 - email : cercleouvrier@gmail.com
(1) : Le film coproduit par les films Jack Fébus, le Creav Atlantique et France 3 Aquitaine est édité en DVD et en vente sur www.creav.net