11 septembre 2009
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En regardant les enfants de l'école de Ebuhleni à Soweto faire leurs devoirs de dessins, dans les classes de briques rouges, je voudrai tant que les enfants de France puissent avoir la même force accrochée au coeur. Cet après-midi le thème de la leçon c'est l'environnement mais bien au delà du seul sens que nous lui accordons en Europe.Les enfants doivent dessiner une fleur symbolisant la terre, les océans ou la nature et une fée qui pourrait rendre réel leur souhait le plus fort. Sur les toiles carrées, les couleurs se mélangent et les souhaits apparaissent : "Help me survive in my beautiful place" ; "We always fight in South Africa let us stop fighting and love each other" ; "You make me feel like a Prince."
Ils sont plus d'une trentaine dans chaque classe, des assiettes en carton recouvertes de papier d'aluminium pour palette de peintures, les pinceaux jouent avec les couleurs de l'arc en ciel. Dans leurs yeux une lueur de mission digne des plus grandes quétes chevaleresques. La langue passant entre leurs lévres pour montrer leur concentration ; ils sont à l'école !
Au coeur de Soweto qui a tellement changé depuis mon dernier voyage les enfants en uniformes impécables, mais le plus souvent chaussés des chaussures de leurs grands fréres ou grandes soeurs, ont la conscience de ce que va leur apporter l'école. Pour eux tous, les chemins vers la sortie passent par ses petites chaises rouges et ces tables en bois.
J'esquisse un sourire en imaginant tous les parents d'élèves français s'offusquer parce que les enfants sont assis sur des chaises de maternelle et pas de primaire ! Imaginez le sacrilège ! Eux, ils s'en fichent, il n'y a pas si longtemps ils n'avaient même pas de chaise pour s'assoir et leurs grands fréres, leurs papas ou mamans n'avaient même pas le droit de marcher sur le même trottoir que les blancs. Alors qu'importe si ils sont 5 par bureaux puisqu'ils sont à l'école.
La classe est terminée depuis longtemps mais ils restent encore dans l'enceinte de ce lieu qu'ils imaginent les protéger. "Je vous présente Marie, mon amie venue de France" leur explique Carole en anglais, l'institutrice traduisant en zoulou pour ceux qui ne cmaîtrisent pas la langue des "blancs." Je vois leur yeux s'arrondir. Je suis une extraterrestre pour ces enfants, la France c'est si loin.
Timides au départ, ils s'approchent doucement. Une main se pose sur mon bras pour attirer mon attention sur le dessin, la fleur, la fée, le message. Je regarde chaque dessin et je vois l'espoir d'une vie sans violence et des rêves d'enfants. Les langues s'animent, ils veulent me montrer, m'expliquer, me faire partager et je sais que là c'est du vrai bonheur.
L'après midi se passe. Dans l'école de Ebuhleni à Soweto, le soleil décline et jout entre les grilles des portes et des fenétres. Dans la cour trois gamins d'à peine 13 ans intimident les plus petits pour prendre quelques piéces jaunes ou ce qu'il reste d'un déjeuner. Ils ne vont pas à l'école eux ... Ils sont dans la rue. Leur horizon n'a pas été l'école et ils ont préféré la gagne facile ... Ils seront sans doute un jour au coin d'une rue abattu d'une balle par des plus forts qu'eux ou tout simplement par des plus fous.
La semaine dernière dans la gare des taxis de Jo'burg au milieu de dizaine et de dizaine de personnes qui prennent ces minis vans pour rentrer dans leurs foyers à Soweto ou à Alexandra, Lesego a vu son amie touchée par une balle comme ça pour rien. Qui s'en préoccupe encore ! Elle a crié à l'aide mais la mort est banale ici. It's life !
Lesego est une Valued Citizens de 20 ans. Elle est là depuis la création de l'ONG il y a 9 ans. Eléve dans les écoles Valued, elle est devenue aujourd'hui l'une des volontaires de l'ONG. Elle est à l'Université en DEUG comptabilité et marketing. Elle a choisi l'école et ce n'était certainement pas le chemin le plus facile. L'école a été son chemin et elle y trouve aujourd'hui sa force. Comme j'aimerai que Lesego raconte son école, elle aurait tant de choses à nous enseigner et sans doute en premier la juste valeur des choses.
Published by Marie-Christine Darmian-Gautron
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dans
Valued Citizens Initiative
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