L'été a fini de se prélasser doucement sous les nuits des étoiles filantes qui reviennent aussi surement que les troupeaux de moutons de Panurge, septembre montrant son nez. Si parait-il, le printemps pousse au grand ménage, les mois d'été prenant fin, la rentrée quant à elle amène le retour des mots sur les pages blanches.
Il était une fois en ce pays bénit des dieux, grand fief d'Aquitaine, bien loin de l'agitation urbaine de la grande capitale, une petite mer somme toute, bien tranquille perchée entre ciel, pins, sables et eaux. Il y avait là plusieurs clans et tribus qui vivaient tranquilles au son des fêtes et des agapes estivales. L'huître ne manquait pas et la souris avait été bannie des tablettes des Hérauts de son Altesse Nicolas.
Tout allait donc bien et de fêtes en fêtes les chefs de tribus et de clans se passaient les coquilles et seraient les mains. Rien de bien nouveau en somme sous les grains de sable. L'observateur assidu a pourtant bien deviné que les grandes manoeuvres vont commencer.
La grande prêtresse de la Coccinelle a réussi à se hisser au rang des grands mamamouchis du Palais. Sans peur, l'oeil aux aguets, fière et combattante, elle osait même la veste rose fuchsia les soirs d'Opéra.
Le Crabillot Impérial à défaut de faire le bonheur des amateurs de soupe blanche, taquinait du cochonnet sous le soleil de l'été. Il s'était paré de ses plus beaux atours, scintillant, l'espadrille clinquante et le sourire "Colgate".
Le sage de la Presqu'île se faisait discret bien au frais sous ses pins protecteurs, l'oeil affûté et le verbe prudent, il regardait au loin comptant les grains de sable pour les jours de tempête.
En face, sautillant et léger, « mardinand » gaiement, frétillant en eaux troubles, le Dodo rêvait de gloire. Il naviguait cheveux aux vents contraires faisant contre mauvaise fortune, bon coeur dans son château de sable qu'il rêvait Palais Bourbon.
L’ombre du Grand restait sur les rives littorales, allant des pins aux eaux du Bassin ; il peaufinait dans ses terres les notes de la partition, patient, serein, attendant la mise en place de l’orchestre.
Les personnages sont en place, la rentrée peut montrer son nez et avec elle les mots de votre serviteur qui reprennent du service. Bonne rentrée à toutes et tous, Aux pensées Citoyen est de retour de vacances !