« Viens, écoute et tu comprendras. » Ma rencontre avec René Bruére, ancien du Football Club Testerin aura d’abord été laïque. Nous avions travaillé à l’époque sur l’organisation d’une conférence sur la Loi de 1905 à La Teste de Buch. Cette soirée avait d’ailleurs permis de débattre et de construire un véritable échange d’idées dans une salle Pierre Cravey pleine à craquer où ça sentait bon les neurones et la tolérance. Des soirées telles qu’il les aimait et que nous avions terminé par un repas où rien ne manquait.
Il m’avait raconté sa communale, son attachement viscéral au triptyque républicain. Il m’avait aussi écouté patiemment lui expliquer les tenants et les aboutissants d’une bonne communication événementielle. J’avais tellement aimé ce regard qui ne disait mot, mais qui pensait tout, le côté rieur de ses yeux mais aussi celui de quelqu’un qui avait dans la chair les valeurs de sa liberté de conscience, de pensées et de paroles.
Un jour j’ai fait comme ceux qui le portaient dans leurs cœurs, j’ai fini par l’appeler « Tonton ». Lorsque mes grands-pères sont décédés tous les deux à quelques mois d’intervalle, il avait su trouver les mots pour m’apaiser et me faire espérer.
Comme nous le disions en souriant, les arbitres vont se sentir orphelins demain sur les stades ; orphelins de cette voix qui leur rappelait les règles du football depuis les mains courantes avec des « fortissimos » à faire pâlir la Castafiore.
Aujourd’hui, un homme juste et droit vient de prendre la route pour le dernier chemin. J’avais juste envie de vous l’écrire.
Ayez une pensée pour Tonton, pour René Bruère et sachez qu’il avait la force des gens qui cherchent et l’humilité de ceux qui trouvent vraiment. Aujourd’hui comme le chantait si merveilleusement bien Jacques Brel … je vais rêver un impossible rêve, porter le chagrin des départs … pour atteindre l’inaccessible étoile.