26 avril 2008
6
26
/04
/avril
/2008
10:17
Lorsque j'ai un peu de temps je reprends le chemin des lectures, celles que je n'ai jamais le temps de faire et qui pourtant sont riches en découvertes. En vacances depuis quelques jours j'ai donc repris mes bouquins et un en particulier celui de Denis Blanchard-Dignac, inventeur du "mix des mots". Lorsqu'il m'a parlé de son "Visions Hugo Baudelaire" avant même qu'il ne sorte j'avais trouvé l'idée géniale et c'est avec plaisir que j'ai relu son livre sorti en 2007. Il disait qu'on mixait bien les partitions sonores alors pourquoi pas en faire de même avec les mots. Il écrit " ... Pourquoi ne mixerait-on pas aussi la littérature en particulier la poésie, en vers ou en prose, dont l'alchimie rythmique est support d'expression ? " Oui pourquoi pas et croyez moi le résultat est étonnant. C'est comme ça que Hugo et Baudelaire sous la direction de Denis et de Jean-Louis Nakache se sont retrouvés alors qu'un génération les sépare dans un dialogue d'exception riche d'enseignement pour notre époque et notre vie.
Peuples ! Ecoutez le poète
Ecoutez le rêveur sacré
Dans votre nuit sans lui complète
Lui seul a le front éclairé !
Homme, il est doux comme une femme
Dieu parle à vois basse à son âme *
... Vers le ciel, où son oeil voit un trône splendide
Le poète serein lève ses bras pieux
Et les vastes éclairs de son esprit lucide
Lui dérobent l'aspect des peuples furieux **
Je livre à votre réflexion le texte mixé sur la France. Je le trouve de circonstance et je ne me permettrai pas de le commenter tant il n'a pas besoin de mots supplémentaires.
France ! à l'heure où tu te prosternes
La voix sortira des cavernes ;
Et ces ( NDLR ses dans le texte ) paroles qui menacent,
... Paroles dont l'éclair luit
Seront comme des mains qui passent
Tenant des glaives dans la nuit.
Elles crieront : honte aux infâmes,
Aux oppresseurs, aux meurtriers !
Elles appelleront les âmes
Comme elles appelle les guerriers !
Sur les races qui transforment,
Sombre orage, elles planeront :
Et si ceux qui vivent s'endorment,
Ceux qui sont morts s'éveilleront.*
Pendant que des mortels la multiple vile,
Va cueillir des remords dans la fête servile,
Un aventurier pose un forfait sur la France
Et la joue, impassible et sombre, avec la chance.**
Tranquille, en proclamant de sinistres présages
Les souvenirs des anciens âges
S'éveillent dans son coeur glacé
Et racontant le sort qu'ils devaient tous attendre
La voix de l'avenir semblait se faire entendre
Dans ces discours pleins du passés.*
Vois ce sourire fin et voluptueux
Ce long regard sournois, moqueur et langoureux.
Tu sèmes au hasard la joie et les désastres,
Et tu gouvernes tout et ne réponds de rien.**
O France, adieu ! tu es trop grande pour n'être qu'une patrie. On se sépare de sa mère qui devient déesse. Encore un peu de temps, et tu t'évanouiras dans la transfiguration. Tu es si grande que voilà que tu ne vas plus l'être. Tu ne seras plus France, tu seras Humanité ; tu ne seras plus nation, tu seras ubiquité et rien n'est auguste à cette heure comme l'effacement visible de ta frontière.
Adieu peuple ! Salut homme ! Subis ton élargissement fatal et sublime.*
* Victor Hugo
** Charles Baudelaire
Visions Hugo Baudelaire de Denis Blanchard- Dignac avec la collaboration de Jean-louis Nakache aux editions Labatières collection Mix-Book
Peuples ! Ecoutez le poète
Ecoutez le rêveur sacré
Dans votre nuit sans lui complète
Lui seul a le front éclairé !
Homme, il est doux comme une femme
Dieu parle à vois basse à son âme *
... Vers le ciel, où son oeil voit un trône splendide
Le poète serein lève ses bras pieux
Et les vastes éclairs de son esprit lucide
Lui dérobent l'aspect des peuples furieux **
Je livre à votre réflexion le texte mixé sur la France. Je le trouve de circonstance et je ne me permettrai pas de le commenter tant il n'a pas besoin de mots supplémentaires.
France ! à l'heure où tu te prosternes
La voix sortira des cavernes ;
Et ces ( NDLR ses dans le texte ) paroles qui menacent,
... Paroles dont l'éclair luit
Seront comme des mains qui passent
Tenant des glaives dans la nuit.
Elles crieront : honte aux infâmes,
Aux oppresseurs, aux meurtriers !
Elles appelleront les âmes
Comme elles appelle les guerriers !
Sur les races qui transforment,
Sombre orage, elles planeront :
Et si ceux qui vivent s'endorment,
Ceux qui sont morts s'éveilleront.*
Pendant que des mortels la multiple vile,
Va cueillir des remords dans la fête servile,
Un aventurier pose un forfait sur la France
Et la joue, impassible et sombre, avec la chance.**
Tranquille, en proclamant de sinistres présages
Les souvenirs des anciens âges
S'éveillent dans son coeur glacé
Et racontant le sort qu'ils devaient tous attendre
La voix de l'avenir semblait se faire entendre
Dans ces discours pleins du passés.*
Vois ce sourire fin et voluptueux
Ce long regard sournois, moqueur et langoureux.
Tu sèmes au hasard la joie et les désastres,
Et tu gouvernes tout et ne réponds de rien.**
O France, adieu ! tu es trop grande pour n'être qu'une patrie. On se sépare de sa mère qui devient déesse. Encore un peu de temps, et tu t'évanouiras dans la transfiguration. Tu es si grande que voilà que tu ne vas plus l'être. Tu ne seras plus France, tu seras Humanité ; tu ne seras plus nation, tu seras ubiquité et rien n'est auguste à cette heure comme l'effacement visible de ta frontière.
Adieu peuple ! Salut homme ! Subis ton élargissement fatal et sublime.*
* Victor Hugo
** Charles Baudelaire
Visions Hugo Baudelaire de Denis Blanchard- Dignac avec la collaboration de Jean-louis Nakache aux editions Labatières collection Mix-Book