En effet, les Romains retournent aux urnes ce lundi pour le second tour des municipales dont le résultat s’annonce très serrée. En effet, la gauche serait menacée de perdre la capitale italienne sur laquelle elle règne en maître depuis 15 ans.
En lisant l’AFP, je me dis que cette campagne électorale ressemble étrangement à ce que nous avons connu en France en 2002 et qui reste comme un soir de funeste mémoire pour la Gauche.
Ce que les observateurs constatent à Rome c’est que la campagne municipale est beaucoup plus virulente que celle des législatives. Elle est dominée par le thème de la sécurité. Et oui, encore elle ! En effet elle a fait son apparition dans la campagne après le meurtre d'une Romaine à l'automne dont le principal accusé est un immigré roumain. A cela se rajoute deux viols commis à Milan et à Rome pour lesquels sont poursuivis un Egyptien et un Roumain, et la droite romaine reproche à la gauche de Rutelli son laxisme en matière de criminalité et d'immigration.
Ce que m’inspire cette histoire somme toute banale, c’est la crainte de voir ressurgir le sacro-saint « c’est à cause de lui, c’est l’autre le responsable ». Je trouve dangereux les hommes et femmes politiques d’où qu’ils soient qui pour accéder au pouvoir, pour arriver aux manettes, agitent le spectre de la sécurité, posant sur les épaules des autres, « ceux qui ne sont pas de chez nous » tous les maux du moment.
Ça n’a échappé à personne, sauf peut être à ceux qui n’ont pas les yeux dans le quotidien, que ça va pas très fort en ce moment pour la grande majorité des français, le moral n’est pas au beau fixe. Il y a même, il vous suffit dans parler aux élus locaux qui sortent de leur permanence, de la détresse dans l’air. La tentation serait bien grande que de montrer du doigt « ceux qui ne sont pas comme nous ». A cela on rajoute une pincée « on ferme les yeux pour cette fois mais promettez nous d’être sage » lorsque la Chine bafoue ouvertement les Droits de l’Homme au Tibet et on peut arriver à un cocktail … explosif.
Comme quoi l’histoire doit être un éternel recommencement et le devoir du souvenir une nécessité.