Notre ministre de l’Education Xavier Darcos vient d’avoir une nouvelle idée … Là vraiment il faut qu’il arrête d’en avoir c’est de pire en pire …
En effet, il pourrait proposer prochainement la suppression des filières traditionnelles de nos lycées, les littéraires, les scientifiques et les économistes … et l’une des conséquences de cette nouvelle idée, comme j'ai pu lire dans le JDD, c’est que l’histoire et la géographie pourraient disparaître des programmes du tronc commun de nos chères têtes lycéennes blondes et brunes.
Et là les bras m’en sont tombés …
Après le triste épisode de la Lettre de Guy Moquet, les attaques en règles contre la laïcité, des médailles pour les bacheliers, des milliers de postes d’enseignants supprimés, le service minimum en bannière … voilà que Xavier Darcos sur demande de sa Grandeur de l’Elysée revoit les enseignements au lycée et nous fait disparaître l’Histoire et la Géographie … Mais crénom de sort quant est-ce que vous allez vous réveiller ? … Jules Ferry doit se retourner dans sa tombe …
Supprimer l’histoire et la géographie c’est supprimer la mémoire et la connaissance du monde … c’est enlever encore une fois la chance à nos enfants, à nos jeunes, de comprendre et d’analyser le monde et la France d’aujourd’hui. C’est surtout leur enlever un des moyens de cultiver leur esprit critique … Mais apparemment Xavier Darcos, Nicolas Sarkozy and Co veulent surtout des gens qui cessent de réfléchir et penser .. C’est tellement plus facile à manipuler.
J’ai appris depuis que je suis enfant, et mes professeurs d’histoire géo n’y sont pas étrangers, que pour aller de l’avant il fallait toujours savoir d’où l’on venait. Comment voulez vous que nos enfants sachent où ils vont si on ne leur apprend pas d’où ils viennent ?
L’histoire et la géographie forment un couple séculaire constituant un enjeu important de la société française. Elles ont depuis toujours fait l’objet d’un enseignement obligatoire tout au long du parcours scolaire de l’élève.
L’histoire est une “passion française” et son enseignement fait l’objet de nombreux débats qui ont permis de faire avancer les esprits et les mémoires. Nous avons vu cela pour l’enseignement de la France de Vichy, celui la guerre d’Algérie et, plus récemment, pour ceux de la colonisation ou de la traite négrière et de l’esclavage. Il en est de même pour la géographie.
Il ne faut pas oublier que la IIIème République assigna à l’enseignement de l’histoire et de la géographie une fonction civique et nationale. Ces deux matières sont nées dans le creuset de la défaite de 1870. Il fallait une unité nationale et elle passait par la compréhension du monde. Je me souviens avoir entendu mon arrière grand-mère me parler du livre de lecture Le Tour de la France par deux enfants, qui permettait aux élèves de se familiariser avec l’espace français, sa richesse culturelle et historique.
C’est au cœur de ses matières que l’on retrouve aussi les grands combats comme la “querelle des manuels” entre cléricaux et anticléricaux de 1901 à 1914 ; l’affaire Thalamas, où ce professeur fut bruyamment mis en cause par certains étudiants pour avoir douté du miracle des voix entendues par Jeanne d’Arc ou encore la remise en cause de l’enseignement patriotique de l’histoire et de la géographie par le socialiste Gustave Hervé avant 14-18 ou par les pacifistes du SNI dans l’entre-deux guerres.
Plus près de nous, souvenez vous de la crise qui éclata en 1979-1980. Retrouvez donc l’article d’Alain Decaux, paru dans le Figaro Magazine en octobre 1979 : “On n’apprend plus l’histoire à vos enfant”. A l’époque le gaulliste Michel Debré avait rejoint le journal communiste L’Humanité pour défendre l’enseignement de l’histoire géo dans un contexte politique où l’on accusait le Président Giscard de vouloir la “liquidation de la mémoire nationale”.
Et bien aujourd’hui c’est la même chose … Liquidons, Liquidons, Liquidons, … il ne faudra pas venir pleurer si on ne finit jamais par Espérons !
J’ai retrouvé dans mes archives un texte du Président Mitterrand de 1983. Il se disait “angoissé par les carences de l’enseignement de l’histoire qui conduisent à la perte de la mémoire collective des nouvelles générations”. Il avait raison et je partage cette inquiétude née à cause des idées Darcos-Sarkozy sur l’école et l’éducation.
La France est l’un des rares pays où l’histoire et la géographie constituent des enseignements obligatoires à tous les niveaux et dans toutes les voies d’enseignement de la primaire aux cycles supérieurs et techniques.
L’identité du citoyen est fondée sur une culture partagée. Qu’adviendra-t-il si le citoyen n’a plus cette culture partagée où le passé et le présent se rencontrent pour permettre de forger l’avenir ? Allons nous accepter que Darcos et Sarkozy nous fassent des générations d’amnésiques ?
"Je ne suis pas payé pour démonter la tour Eiffel" dit pour le moment Xavier Darcos... ça je veux bien le croire mais par contre il est bien payé pour démonter l’école et ses valeurs et ça je ne peux pas l’admettre. Je dois à l’école, et à ce que j’y ai appris, une partie de ce que je suis. Aujourd’hui, elle est danger et nous avons le devoir de la défendre.
Jules Ferry , Au secours … ils sont devenus fous !