8 mars 2009
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14:27
Hier soir nous avons renoué avec une des traditions familiales que j'adore : la fête. Hier soir nous étions pas loin d'une centaine pour fêter les 60 ans de ma maman. Je ne parle pas souvent d'elle sans doute parce qu'elle est dans mon jardin celui de la pudeur et des secrets. Depuis des semaines nous préparons cette fête rien que pour elle et hier soir notre plus grand bonheur c'était de voir le sien. Elle ne fait jamais de bruit ou si peu et pourtant hier soir la salle du Pout était emplie de bruits, les siens. Il y a d'abord eu les petits bruits ceux de son inquiétude de ne pas arriver à gérer cette soirée. Elle est comme ça elle se fait toujours tellement de soucis avant. Et les invités sont arrivés. Je les connais tous, ils ont tous un bout de l'histoire de maman. Elle passait de l'un à l'autre parfois des larmes dans les yeux tant l'émotion était forte. Elle avait le petit mot, le bisou, la main posée sur une joue. Et puis est arrivée Mérotte, mamie Gisèle. C'était une surprise et elle avait gardé avec une étincelle dans le regard le secret presque jusqu'au bout. Il y a tant de choses entre maman et sa mère, il y a tant de tendresse dans leurs chuchotements. Encore des petits bruits ...
Elle s'est alors installée prenant la main de Mérotte, la serrant très fort pour écouter les bruits d'une histoire. Le ciment de notre histoire il est là dans ces deux mains qui s'étreignent comme le témoin d'un passé qui rencontre le présent et qui a toujours façonné l'avenir. La tribu se compose. Ils sont sept ! Sept enfants nés de l'amour de mamie Gisèle et grand-père Henri. Il y a maman c'est l'aînée avec la conscience de son rôle qu'elle tient haut la main depuis 60 ans. Il y a Marinette qui depuis la Nouvelle Calédonie était présente dans toutes nos pensées, Betty l'indomptable, JP dont l'émotion est caché par pudeur, le petit Bichon qui veille sur la tribu, Germaine dont le sourire a si souvent déplacé des montagnes et Bélou la petite dernière qui a tant grandi. Ils sont là et ils égrènent les bruits des 60 ans de maman. Sur l'écran défile les photos d'une enfance heureuse à Vayres avec les grands-parents, les oncles et tantes, les cousins et cousines. Toutes ces photos rappellent un monde en noir et blanc qui est passé à la couleur lorsque nous avons repris les mêmes chemins dans notre enfance à nous. Je regarde la grande tablée de mes cousins et cousines dont je suis l'aînée et je me dis que maman a bien passé le témoin.
Elle s'est alors installée prenant la main de Mérotte, la serrant très fort pour écouter les bruits d'une histoire. Le ciment de notre histoire il est là dans ces deux mains qui s'étreignent comme le témoin d'un passé qui rencontre le présent et qui a toujours façonné l'avenir. La tribu se compose. Ils sont sept ! Sept enfants nés de l'amour de mamie Gisèle et grand-père Henri. Il y a maman c'est l'aînée avec la conscience de son rôle qu'elle tient haut la main depuis 60 ans. Il y a Marinette qui depuis la Nouvelle Calédonie était présente dans toutes nos pensées, Betty l'indomptable, JP dont l'émotion est caché par pudeur, le petit Bichon qui veille sur la tribu, Germaine dont le sourire a si souvent déplacé des montagnes et Bélou la petite dernière qui a tant grandi. Ils sont là et ils égrènent les bruits des 60 ans de maman. Sur l'écran défile les photos d'une enfance heureuse à Vayres avec les grands-parents, les oncles et tantes, les cousins et cousines. Toutes ces photos rappellent un monde en noir et blanc qui est passé à la couleur lorsque nous avons repris les mêmes chemins dans notre enfance à nous. Je regarde la grande tablée de mes cousins et cousines dont je suis l'aînée et je me dis que maman a bien passé le témoin.
Elle a les yeux plein de larmes et la fragilité qui l'habite si souvent a laissé place à cette force qu'elle sait toujours trouver. Une image passe celle d'une rencontre, celle de leur éternité, celle de papa. Il s'est assis pas très loin d'elle, il l'a vieille du regard comme toujours depuis plus de 40 ans. Je crois qu'à cet instant il a fini d'être inquiet. Ticlo est heureuse et c'est bien là son seul objectif depuis 40 ans. Je regarde mon frère et Aurore, ma soeur et son époux, petit Julien et Léa, mon neveu et ma nièce, et je me dit que tout peut continuer.
J'ai à ce moment là la peur au ventre parce que c'est à notre tour de parler des bruits de maman. Tous les trois nous avons son héritage, chacun à notre manière. Les photos continuent de défiler en musique : dans un regard en noir et blanc ou en couleurs, sur ces images de maman il y a chacun de nous comme si maman avait porté dés sa plus tendre enfance l'avenir de notre naissance. Les bruits deviennent des rires. C'est que la tribu est bruyante. Julien du haut de ces deux ans a décidé que c'était Noël. Il se pend au cou de sa grand-mère et lui dit "Joyeux Noël mamie". Maman rit aux éclats. Léà n'est pas bien loin et explique comme une grande à son petit frère que ce n'est pas Noël mais l'anniversaire des 60 ans de mamie. Je les regarde faire avec tendresse et je pose mon amour sur ma soeur Hélène. Comme elle ressemble à maman.
Le temps passe et les bruits des papiers cadeaux se froissent. Dans un paquet il y a 350 ... crèpes. Pas n'importe lesquelles mais celles de Jeannine. C'est là aussi que je regarde les visages des amis. Il y a ceux de toujours, Serge et Françoise. Dire que ces quatre là ne se sont jamais quittés depuis 45 ans. Lorsque nous avons imaginé la fête de maman, tous les amis ont répondu présents. Ils ont chacun à leur manière accompagné le chemin de maman et je sais combien il était important pour elle qu'ils soient là.
Le silence se fait. Maman qui ne dit jamais rien ou si doucement prend le micro. Sur une feuille elle a posé des mots, les siens. Elle hésite, elle se lance : c'est son bruit. Dans sa voix il y a une émotion si palpable. Elle se souvient, regarde avec tendresse la table des Darmian. Elle parle de ses quatre parents ceux de la vie et ceux que papa lui a donné. Elle a dû croiser des regards ceux d'ici et ceux qui ne sont plus là. Et le bruit s'est doucement écoulé, fondu dans la fête.
Nous avons fait la fête jusqu'à ce que les bruits s'engloutissent dans le petit matin. Maman a serré sur son coeur tous les bruits et elle les a emportés doucement sans faire de bruit. Demain elle aura certainement une petite chanson sur les lèvres. Elle va la murmurer et l'an prochain elle soufflera une bougie de plus sans faire de bruit.
Le temps passe et les bruits des papiers cadeaux se froissent. Dans un paquet il y a 350 ... crèpes. Pas n'importe lesquelles mais celles de Jeannine. C'est là aussi que je regarde les visages des amis. Il y a ceux de toujours, Serge et Françoise. Dire que ces quatre là ne se sont jamais quittés depuis 45 ans. Lorsque nous avons imaginé la fête de maman, tous les amis ont répondu présents. Ils ont chacun à leur manière accompagné le chemin de maman et je sais combien il était important pour elle qu'ils soient là.
Le silence se fait. Maman qui ne dit jamais rien ou si doucement prend le micro. Sur une feuille elle a posé des mots, les siens. Elle hésite, elle se lance : c'est son bruit. Dans sa voix il y a une émotion si palpable. Elle se souvient, regarde avec tendresse la table des Darmian. Elle parle de ses quatre parents ceux de la vie et ceux que papa lui a donné. Elle a dû croiser des regards ceux d'ici et ceux qui ne sont plus là. Et le bruit s'est doucement écoulé, fondu dans la fête.
Nous avons fait la fête jusqu'à ce que les bruits s'engloutissent dans le petit matin. Maman a serré sur son coeur tous les bruits et elle les a emportés doucement sans faire de bruit. Demain elle aura certainement une petite chanson sur les lèvres. Elle va la murmurer et l'an prochain elle soufflera une bougie de plus sans faire de bruit.