18 décembre 2009
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Lorsque je regarde les photos de presse bordées de blanc de la vie créonnaise, je ne peux pas m'empêcher de voir une silhouette et un sourire. Michel Vigneau a tourné la dernière page du journal de sa vie aussi discrètement qu'il avait inscrit sur les pages du journal Sud-Ouest tous nos moments de vie, malheureux et heureux. Il avait la mémoire de chaque nom, de chaque visage, la petite histoire et la grande, juste pour le plaisir de remettre de l'ordre dans la marche du temps.
Il a été du plus loin que je me souvienne l'oeil attentif et expert de la vie de mon village natal. Il savait en quelques mots refaire germer les souvenirs d'un temps passé mais aussi mettre en lumière chaque instant de la vie locale. Il aura patiemment suivi, infatigable correspondant Sud-Ouest pour Créon, tous les moments de vie de ma chère Bastide de l'Entre-Deux-Mers.
Ce petit bonhomme en costume tel un "gentleman farmer", souriant, l'oeil pétillant de malice, le béret sur la tête, avait toujours à la main son appareil photo pour marquer l'instant et en faire une mémoire qui ne s'oublie pas. C'est certainement grâce à lui que j'ai pris la manie d'avoir toujours avec moi quelque chose pour prendre une photo.
C'est avec lui qu'un été j'ai réalisé ma première photo de presse pour illustrer l'un des premiers articles que j'ai signé dans Sud-Ouest. Il avait passé un temps infini à m'expliquer l'importance de l'image, le poids des lumières et celui des visages qui restent gravés longtemps après nous. Il ne m'a jamais appelé autrement que "Mademoiselle". C'était devenu un jeu, fruit d'une vraie complicité et d'un respect mutuel.
C'est avec lui qu'un été j'ai réalisé ma première photo de presse pour illustrer l'un des premiers articles que j'ai signé dans Sud-Ouest. Il avait passé un temps infini à m'expliquer l'importance de l'image, le poids des lumières et celui des visages qui restent gravés longtemps après nous. Il ne m'a jamais appelé autrement que "Mademoiselle". C'était devenu un jeu, fruit d'une vraie complicité et d'un respect mutuel.
Créon vient de perdre un de ses fils. Il laisse pour nous des milliers de photos qui traceront pour longtemps encore la marque du temps passé. Il aura été la plume, l'oeil de notre histoire commune. Je suis bien persuadée que dans les rues de ma Bastide, les soirs de fête, de la Rosière qu'il aimait tant, le vent jouera la petite musique de sa voix qui en passant nous dira encore : "bonsoir bonsoir mes enfants, amusez vous c'est de votre âge."
Published by Marie-Christine Darmian-Gautron
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dans
Créon - Sadirac - Vayres - etc
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