Lorsque le temps s'arrête sur quelques jours de vacances je ne peux m'empêcher de penser à la chance que j'ai de pouvoir en profiter pleinement.
Les congés payés français existent depuis le 7 juin 1936. Cette innovation sociale majeure à l'époque que l'on retrouve parfois sur les écrans noirs et blancs des souvenirs de nos grands-parents est pourtant devenue tellement banale. Il est toujours étonnant de constater comment les gens oublient vite très vite ... et pourtant.
Notre pays a longtemps été en retard par rapport à tous ses voisins. L'Allemagne, la Norvège, la Pologne, le Chili, le Brésil au début du 20ième siècle les avaient déjà inventés mais c'est bien chez nous que l'action syndicale les a porté à 5 semaines en 1982 ce qui nous pose largement devant pas mal de nos voisins aujourd'hui.
Le 20 juin 1936 avec la signature des accords de Matignon, Léon Blum, la Confédération générale du patronat et la Confédération générale du travail annonçaient les congés payés et la semaine de 40 heures. 600 000 français partiront alors découvrir les joies des congés payés et Léo Lagrange négociera avec la Compagnie des Chemins de Fer un billet populaire de congés annuel à tarif réduit dont plus de 900 000 personnes bénéficieront en 1937. Belle époque où sans doute la valeur des choses avait les goût de l'impossible enfin réalisé. Il paraît qu'aujourd'hui nous sommes des milliards a profiter de cet impossible mais avons réellement conscience de cette chance ?
J'ai gardé dans mes coupures de journaux un article paru sur le Figaro.fr l'an passé en cette fin de mois de juillet. Il était expliqué que plus de 40 % des français ne partaient pas en vacances. Cet article faisait suite à un sondage commandé par le journal l'Humanité qui expliquait que le facteur essentiel en était la baisse du pouvoir d'achat des ménages les plus modestes mais aussi des autres. C'est sans doute là que je réalise la chance que je peux avoir de vivre en Gironde, sur le Bassin où il y règne un air de vacances quasiment tout au long de l'année.
Je me rappelle alors tous ces jours de départ où avec les parents nous préparions la caravane et la R16 pour partir à la découverte des régions de France. Est ce que nos enfants demain pourrons encore connaître ces petits bonheurs simples ? Je n'en suis pas certaine. Je me rappelle des mois d'août où dans la maison familiale de Vayres nous nous retrouvions cousins et cousines pour profiter de l'amour de nos grands-parents. Il n'y avait pas de piscine mais juste l'abreuvoir en zing qui chauffait au soleil. Il n'y avait pas de marchand de glaces mais juste des pains perdus et de la menthe à l'eau. Est-ce que demain nos enfants pourront connaître ces petits bonheurs simples ? Parfois j'en doute.
Jeudi, à La Teste de Buch vont s'ouvrir les fêtes du Port. Ce qui m'a toujours émue dans ces fêtes c'est d'y voir les familles, les copains, de générations en générations se poser pour passer un moment simple de joie et de partage. Je sais pour les avoir écouter qu'elles sont souvent le symbole des vacances, les vraies, celles qui vous emplissent la tête et le coeur de souvenirs qui se raconteront longtemps. C'est certainement là que les vacances reprennent leur sens. Et ce que j'aime sur Bassin c'est qu'elles fleurissent partout ces fêtes et qu'elles sont souvent le ciment d'une mémoire qu'il est doux de goûter. Ce matin en regardant les enfants prendre leur petit déjeuner dans le jardin, tartinant leur pain grillé avec de la confiture, j'ai souri ... Et je me suis dit que tout n'était pas perdu.