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16 avril 2010 5 16 /04 /avril /2010 20:46

IMG 2796Lorsque le soleil brille, que les enfants courent et posent mille questions sur les chemins qui sentent bon la noisette ; que leur pas réveillent les dernières feuilles perdues par l'hiver, rien ne peut vous faire imaginer que le bonheur n'est pas une chose simple. Leurs mains glissées dans la mienne, un de chaque côté, cachés sous leurs bonnets, emmitouflés dans leurs anoraks pour braver le vent encore un peu frais, ils écoutent l'histoire. Et je deviens passeur de mots. 


Il était une fois ... combien de fois ces mots magiques m'ont transportés au-delà des mondes réels où j'ai construit des châteaux à toucher les nuages, combattu des dragons plus féroces que mille tempêtes, jurant fidélité à la liberté, mon graal et ma quête. Ces espaces de liberté je les ai tant cultivés comme des trésors que rien ni personne n'aurait pu les voler. A l'époque, la 4 voies menant à Libourne n'existait pas. Le hameau de Cenau à Vayres était notre île comme la Pimpine à Sadirac était notre Amazone. Nous avions la vie devant nous et, bien l'intention de la rendre belle et insouciante. 

Chaque fin de semaine et pour les vacances, les aventures prenaient des airs de réalité fantastique où les champs, les vignes, les bosquets devenaient les écrins d'histoires simples qui gardent encore le goût des roudoudous à la fraise ou à l'orange dont nous avions les poches pleines. Combien d'aventures avons-nous vécues ? Elles ne peuvent réellement se compter tant elles se sont dissoutes dans le fantastique imaginaire de l'enfance. L'émotion me guette au coin du coeur en évoquant chaque parcelle de ces rêves même 35 ans après.

Nos vélos n'avaient rien des VTT d'aujourd'hui, mais nous avions le panier de victuailles savoureuses préparées par nos grands-mères véritable rations de survie des gourmands de la vie. Nos escapades n'avaient rien des vacances des centres de loisirs qui n'existaient pas et nous devions créer nos propres découvertes du monde des secrets. Il y avait encore des Demoiselles, ces escargots habillés de jaune et blanc que nous élevions soigneusement cachées dans les tuperwares de maman sous les lits. Il y avait la chasse aux sauterelles qui l'été venu faisaient les grâces sur les transats des herbes folles et des foins.  

Il y avait les apprentissages, les rituels du champ du rossignol qui émerveillait à nous saouler les soirs d'été, les nuits blanches sous les draps avec la lampe torche pour grappiller encore une page des Bob Morane de nos pères piqués dans le grenier. Il y avait les crises diplomatiques où le seul garçon de la bande des cousines faisait sa valise parce qu'il en avait marre des filles. Il y avait les fous rires lorsque nous inventions des spectacles rocambolesques pour le retour des parents. 

Chaque mot passe à l'autre et, les visages s'animent. Hélène, Isabelle, Claire, Marie, Vinouche, Marie-Laure, Audrey, Titi, petite bande terrible qui faisait le ciment de mon enfance où en aînée je régnais en reine douairière prenant le spectre de mon enfance partie plus vite que celle des autres. Dans ce monde d'enfants choyés et chéris où Adeline, Christophe, Rémi, Benjamin, Silvain, Fanny, Sophie, Laura, Lucie, Mélanie ont pris le relais, les maîtres veillaient, parfois intervenants parfois spectateurs, toujours prêts à éclairer le chemin pour montrer le piège, parfois coupant nos ailes pour empêcher l'envol trop tôt. 

Rien n'a changé et le coeur est toujours là, battant le temps qui là s'arrête forcément pour partir en vacances. Nous sommes toujours là soudés par ces liens tissés sur les métiers de ceux qui avant nous les avaient imaginés. La seule chose qui change et c'est la course du temps qui reprend, ce sont les rôles de ce film qui sera passé du noir et blanc à la couleur. Nous avons endossés la lourde tâche des maîtres en devenir pour guider à notre tour et faire apparaître l'enfant qui jamais n'a disparu. 

Dans ce petit chemin qui sent bon la noisette, leurs petites mains serrent les miennes, un de chaque coté. Je sais que le monde leur appartiendra. Trouveront-ils un jour la sauterelle bleue de papidou ? Cette enfance qu'il a racontée appelle la mienne et elle a été merveilleuse. Moi ce n'était pas la sauterelle qui était bleue, mais la mésange ! Il était une fois ... mais c'est une autre histoire, peut être un jour serais-je capable de l'écrire aussi ! 

 

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commentaires

S
<br /> <br /> merci pour ce joli texte ! Comment ne pas se souvenir de ces mots merveilleux "il était une fois" suivis de "encore mamie".Grâce à toi je vais un peu rêver à ce temps un peu trop loin dejà..<br /> <br /> <br /> <br />
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H
<br /> <br /> Je suis juste un peu plus jeune que toi mais j'ai les mêmes souvenirs ou presque ...<br /> <br /> <br /> Et je t'assure, avec le recul, la distance, les kilomètres, parfois les souvenirs font venir les larmes ....<br /> <br /> <br /> Mais que d'émotion aussi quand plus de trente ans après, on fait un petit jogg' autour de son village, qui a bien changé, et pourtant, qui garde comme des traces qui serrent le coeur ...<br /> <br /> <br /> Je t'embrasse, bleue, pour ma part, c'est la boule bleue, lol, celle du château d'eau de Bauduc ... ;-)<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
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C
<br /> <br /> Ravissant,comme d'habitude. Petite anecdote dans le genre oiseau du printempsl: jle viens de sauver d'une mort certaine un jeune moineau  sur le chemin du marché, (il allait être écrasé) et<br /> il n'a pas trouvé mieux que d'aller se poser sur mon épaule... ce qui fait que je l'ai promené ainsi une heure, y compris dans la poste... avec les commentaires ad hoc des personnes présentes...<br /> quand je vous le disais que j'étais un peu folle... heureusement il a fini par prendre son envol, et moi par recouvrer ma dignité... (quoique...)<br /> <br /> <br /> <br />
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M
<br /> <br /> Très, très joli texte qui fleure bon les années 70 ou une espèce d'insouciance prévalait encore.<br /> <br /> <br /> Merci pour ce moment de nostalgie doux acidulé.<br /> <br /> <br /> Bises<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
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M
<br /> <br /> merci Marc. Tu as raison c'était dans les années 70... un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître comme dirait l'autre :0)<br /> <br /> <br /> <br />
A
<br /> <br /> Pendant quelques minutes j'ai revu mon enfance , ces années lointaines pleines de souvenirs, des bons moments , les fondations d'une vie future . Merci M. Christine grâce à toi ces quelques<br /> minutes furent du bonheur . bises<br /> <br /> <br /> <br />
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M
<br /> <br /> Merci Agnés, c'était fait pour et je suis ravie que les mots aient fait renaître l'enfant qui n'a jamais disparu. <br /> <br /> <br /> <br />

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  • : Aux Pensées Citoyen !
  • : Il est citoyen, vigilant, mais aussi sur l'air du temps, Créon, la Gironde... cherche et tu trouveras Bonne lecture.
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Un Peu Sur L'auteur ..

  • Aux pensées Citoyen !
  • Ancienne journaliste,  Présidente du Comité Les Arbres de la Laïcité Gironde - Aquitaine. Apprentie ariégeoise.
  • Ancienne journaliste, Présidente du Comité Les Arbres de la Laïcité Gironde - Aquitaine. Apprentie ariégeoise.