Le fait que ce meurtre se soit passé là-bas sur cet homme qui a incarné la lutte pour la suprématie des Afrikaners, descendants des premiers colons néerlandais et huguenots, pour lesquels il réclamait le droit à l'autodétermination, est un symbole en devenir. Mais surtout d'après les informations qui me viennent d'Afrique du Sud c'est aussi pour certains le cas parmi d'autres d'un règlement violent à l'extrême d'une situation de non paiement d'un salaire. La Justice devra le dire et faire le choix entre les symboles et la réalité.
Encore une fois l'Afrique du Sud va devoir lutter contre ses démons; ceux du passé et ceux du présent. Du passé parce que la tentation va être grande de monter ce meurtre au rang de la lutte raciale. Que le Président Zuma appelle au calme n'est pas étonnant compte tenu des propos que ne cesse de tenir Julius Malema, président de la Ligue des jeunes de l'ANC.
Il faut dire qu'il a entonné le 5 mars dernier , devant des étudiants de l’université de Johannesburg, un vieux chant de libération, invitant son auditoire à "tuer les fermiers blancs, car ce sont des violeurs". Un couplet plutôt malvenu lorsque l'on sait que des fermiers blancs sont tués chaque année dans les campagnes sud-africaines. Nelson Mandela appelle cela "des actes de revanche raciale". La chanson a été déclarée anti-constitutionnelle et illégale par la Haute Cour de Johannesburg.
Mais voilà le présent est aussi de la partie. En Afrique du Sud les accusations contre Julius Malema sont connues. On lui reproche de bénéficier pour ses propres sociétés de contrats passés sans aucun appel d'offres avec le gouvernement dirigé par l'ANC. EN 2008, il déclarait être "prêt à tuer" pour défendre le président sud-africain, Jacob Zuma, lors des déboires judiciaires de ce dernier. Jacob Zuma le soutient mais jusqu'à quand le pourra-t-il sans mettre en péril le fragile équilibre de la Raimbow Nation !
En Afrique du Sud aujourd'hui on attend de voir de quel coté va tomber la balle en équilibre sur le fil du rasoir. Soit le meurtre d'Eugène Terreblanche est interprété comme un passage à l'acte consécutif aux propos de Julius Maléma et c'est le risque d'un embrassement comme le déclare le Freedom Front qui représente les fermiers blancs dans le Gouvernement de Zuma, soit c'est un meurtre de droit commun, une violence comme les autres d'une colère meurtrière comme il en est en Afrique du Sud pour le non paiement d'un salaire.
Zuma peut appeler au calme ! Il joue à mon avis sa tête et dans 67 jours, se déroulera le match d'ouverture de la Coupe du Monde de football !
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