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17 mars 2010 3 17 /03 /mars /2010 19:51
1972-dernier-match-a-colombes-234636.jpgChez nous le rugby est une histoire de famille et d'amitiés. C'est aussi une histoire de femmes puisque c'est à ma grand-mère Jeanne Normandin que je dois cette passion pour le ballon ovale. Lorsque j'étais enfant je passais la quasi totalité de mes week-end chez mes grands-parents tantôt à Vayres chez les Gautron, tantôt à Sadirac chez les Darmian. Et lorsqu'il y avait le tournoi des V Nations à l'époque j'étais forcément à Sadirac, car je savais que le match du XV de France serait au centre de mon temps libre. 

C'était un véritable rituel. Ma grand-mère, secrétaire générale de la Mairie de Sadirac avait sa cuisine qui jouxtait le secrétariat de Mairie où seule la porte séparait tant bien que mal la vie privée de la vie publique. Ces samedis-là rien n'aurait pu la détourner du petit écran et même si nous n'avions pas les cornes de brume, la fièvre des gentlemen aux crampons envahissait jusque dans les moindre recoins de la souillarde. 
 
Un seul slogan "sus aux anglais !" Elle avait d'ailleurs une tendresse toute particulière pour les farfadets irlandais tout simplement parce qu'ils luttaient avec acharnement contre les gardiens de la rose. Rien ne pouvait la faire changer d'avis ! Il n'était pas pour elle concevable que l'équipe britannique remporte le Grand Chelem simplement disait elle parce qu'ils avaient coulé la marine française en Méditerranée et me disait elle : "tu comprends on ne peut pas leur pardonner. "
 
Ces paroles me laissaient souvent perplexe ne sachant pas du haut de mes six ans à quels événements tragiques cela pouvait faire allusion n'ayant pas encore maîtrisé mon histoire de France. je sentais que l'histoire était grave et que je n'avais pas le droit de poser de question : c'était comme cela et puis c'était tout. 
 
L'avant match se faisait d'abord par les commentaires de Roger Couderc qui pour elle avait rang de pape du ballon ovale. Sa voix résonne encore à mes oreilles d'enfant. Célèbre au-delà des générations pour son "Allez les petits" qui trouvera sa place dans une Allée du Pars des Princes il savait selon elle commenter les match comme personne puisqu'il y mettait son coeur et ses tripes et ça c'était le sésame de sa reconnaissance de férue du ballon ovale. "Lui, disait-elle, il sait de quoi il parle". Elle finissait toujours par me raconter les années qui pour moi avaient l'âge de la préhistoire où la télé n'existait pas. 
 
Par la suite le tournoi des V puis des VI Nations prendra les couleurs de l'amitié sans faille. Plus grande et soucieuse de préserver ma liberté de décision, déjà indépendante, j'ai préféré accompagner mon père chez Mitou et Régine. Là au pied de l'église de Créon, chez les Tauziet avec Jean-Claude Nouailles et René Cauhapè, tous compagnons des heures de lutte et d'amicale laïque, je m'installais dans un coin bien consciente que mon silence était de rigueur. Régine ou sa maman avaient forcément fait des crêpes et j'observais avec délectation les "hommes" refaire le monde, celui du rugby mais aussi celui de la politique créonnaise. J'en ai appris des histoires lors de ces matchs du XV de France, où la prune aidant, les langues se déliaient oubliant que je n'en perdais pas une. J'aimais cette fusion amicale qui les unissaient au-delà de toutes les chacailleries de la vie. Dans ces moments-là je suis certaine d'avoir touché l'amitié du doigt, la vraie, celle qui reste dans la réalité et les souvenirs.
 
Samedi soir, le "France Angleterre" pourrait bien être encore un nouveau moment d'amitié vraie, celle qui ne fait pas de bruit, mais qui soude au-delà des épreuves. C'est sans doute moi qui ferait les crépes ... Le temps passe, mais les valeurs que j'ai apprise en aimant le rugby restent toujours. Je débute la veillée d'arme ...
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18 décembre 2009 5 18 /12 /décembre /2009 19:50

 

11657396.jpgLorsque je regarde les photos de presse bordées de blanc de la vie créonnaise, je ne peux pas m'empêcher de voir une silhouette et un sourire. 

Michel Vigneau a tourné la dernière page du journal de sa vie aussi discrètement qu'il avait inscrit sur les pages du journal Sud-Ouest tous nos moments de vie, malheureux et heureux. Il avait la mémoire de chaque nom, de chaque visage, la petite histoire et la grande, juste pour le plaisir de remettre de l'ordre dans la marche du temps.

Il a été du plus loin que je me souvienne l'oeil attentif et expert de la vie de mon village natal. Il savait en quelques mots refaire germer les souvenirs d'un temps passé mais aussi mettre en lumière chaque instant de la vie locale. Il aura patiemment suivi, infatigable correspondant Sud-Ouest pour Créon, tous les moments de vie de ma chère Bastide de l'Entre-Deux-Mers.
Ce petit bonhomme en costume tel un "gentleman farmer", souriant, l'oeil pétillant de malice, le béret sur la tête, avait toujours à la main son appareil photo pour marquer l'instant et en faire une mémoire qui ne s'oublie pas. C'est certainement grâce à lui que j'ai pris la manie d'avoir toujours avec moi quelque chose pour prendre une photo.

C'est avec lui qu'un été j'ai réalisé ma première photo de presse pour illustrer l'un des premiers articles que j'ai signé dans Sud-Ouest. Il avait passé un temps infini à m'expliquer l'importance de l'image, le poids des lumières et celui des visages qui restent gravés longtemps après nous. Il ne m'a jamais appelé autrement que "Mademoiselle". C'était devenu un jeu, fruit d'une vraie complicité et d'un respect mutuel. 

Créon vient de perdre un de ses fils. Il laisse pour nous des milliers de photos qui traceront pour longtemps encore la marque du temps passé. Il aura été la plume, l'oeil de notre histoire commune. Je suis bien persuadée que dans les rues de ma Bastide, les soirs de fête, de la Rosière qu'il aimait tant, le vent jouera la petite musique de sa voix qui en passant nous dira encore : "bonsoir bonsoir mes enfants, amusez vous c'est de votre âge."

 

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18 novembre 2009 3 18 /11 /novembre /2009 19:42

Assise en tailleur sur le plancher, le dos collé au radiateur en fonte, je le vois encore derrière son bureau de la villa Napoléon, siège de la Coopérative Agricole à Créon. Dans la pièce d’à coté, la petite musique des graines de maïs qui tombent dans les sacs en papier kraft berce encore mes souvenirs d’enfance. Lorsque l’automne fait déjà la révérence à l’hiver, c’est à lui que je pense. André tendait l'oreille : « écoute petit, tu les entends, elles arrivent … » 


Elles, j’ai mis quelques après-midi à comprendre qui elles étaient vraiment.  Il est vrai que dans les rêves de mon enfance il n’y avait que le chapeau de Sissi Impératrice agité pour prévenir le coq de bruyère que son père mettait en joug. 


Lorsque je repense à ces après-midi, d’autres musiques que leur roucoulement viennent à mon oreille. Il y a d’abord ce vent d’autonome qui dans les fougères de la palombière chantait « les copains d’abord » en prémices des retrouvailles. Il y a ensuite le « bloup bloup » de la soupe dans la marmite en fonte posée sur le réchaud. Le craquement des miettes du pain que l'on a coupé pour les grillons de canard de l'année dernière.  Il y avait surtout le silence, celui de ces hommes, qui les yeux rivés sur les nuages attendaient qu’elles arrivent.  Toutes ces musiques finissent par faire de belles chansons où la grosse caisse des simplex ne fait en fait pas vraiment partie de la partition. 


Pour moi, les palombes d’Aquitaine sont de petites musiques qui trottent dans ma tête lorsque les brouillards d’automne font leur apparition.  Elles sont synonymes de rencontres et d’échanges entre les hommes, mais aussi d’étagères pleines de bocaux au reflet bleu comme leur plumage, que la gourmandise me faisait « chiper » chez mamie.  


Cette année elles auront été bien discrètes avec leurs ailes bleues. Elles seront passées. Je relis avec délectation les mots de Pierre Verdet, journaliste écrivain de notre Sud-Ouest, qui retrace dans "La Passée" le carnet de route d'un vol de palombes.

J’espère pouvoir encore longtemps attendre leur passage en haut du col d’Ibaneta  au-dessus de Roncevaux. Aujourd’hui je les entends moi aussi, et je pense à chaque fois à André, cet homme que j’ai toujours appelé Monsieur Dubourdeaux et qui un jour m’a dit « Ecoute petit, tu peux bien m’appeler papi maintenant. » La fièvre bleue est retombée. Du Val de Leyre, du Sud-Gironde, ils vont rentrer.

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29 août 2009 6 29 /08 /août /2009 11:34
Comme chaque année je vais préférer les roses de Créon à celles de La Rochelle. Il est vrai que je culpabilise de ne pas porter ma croix de militante sur les bords de l'Atlantique mais je n'ai jamais manqué le rendez-vous donné à la fête par mon village natal. Et après tout, être dans le partage c'est aussi militer pour un monde meilleur. 

Le petit village de 4 000 âmes s'est réveillé doucement ce matin sous un soleil de fin d'été où le petit vent qui roule sous les arcades a encore les notes basques de la soirée d'hier.

La ruche créonnaise est au travail depuis l'aube. Ce matin au Café de la Paix les carrés où se battent les cartes sont installés.  Sur le tout nouveau terrain de pétanque le "bouzic" s'habitue à la grave blanche. Ce matin, des roses ont été portées sur les sourires des rosières trop tôt disparues, un bouquet déposé sur la tombe d'Antoine Victor Bertal. Les allées sous les platanes se préparent à recevoir les rires et les plaisanteries des joueurs de pétanques du dimanche.

A la maison, maman met la dernière dentelle, l'ultime bouton sur une robe ... 1009 ... 2009 ce soir les rosières du temps jadis rejoindront celle de demain. Lorsque nous mettrons nos costumes pour faire revivre les cortèges de 100 ans d'histoires nos sourires seront forcément ceux des rosières et des rosiers de Créon. 

Sur la table de la salle à manger, le livre des "Rosières du Temps Jadis" est ouvert sur la liste de celles qui ont posé leur sourire sur ce dimanche des fêtes. "Mes" rosières sont celles des années 80 et ma première aura été Danièle Lataste en 1978. Elle était pour mes yeux d'enfant aussi belle que les princesses de mes livres de contes. Elle reste avec son sourire ma première rosière et j'ai retrouvé dans celui de sa fille, Laetitia, qui mettra la couronne de roses en 2007 la même envie de toujours garder précieusement ses trésors de petits bonheurs.

Puis j'ai vu passer sur la Place de la Prévoté les cortèges et les années mais j'ai gardé intacte la magie de la fête.  Danielle Faggiani en 1982, Isabelle Cazalet en 1983, Karine Lagaronne en 1984, Yolande Martin en 1985, Cécile Nouailles en 1986, Véronique Bazard en 1987 et en1988, l'année de ma rosière. 

J'allais avoir cette année là 18 ans, l'âge de devenir rosière, comme Sandrine Dumont mon amie d'enfance. Nous ne le serons pas ! Pas parce que nous n'étions pas sages ; n'allez pas imaginer des choses qui ne sont pas ; Sandrine et moi nous étions de vraies images d'Epinal, Petites Filles Modèles par excellence ... surtout Sandrine.
Nous ne pouvions pas être Rosière puisque nos pères étaient conseillers municipaux et que la règle était faite comme ça.

En 1988 la Rosière ce sera Isabelle Sartran et elle aura été MA rosière, comme elle était mon amie d'enfance. Cette fête là restera gravée dans ma mémoire pour avoir été la plus folle, la plus rieuse, la plus féérique, la plus belle. Nous avions passer des jours et des jours à préparer cette fête pour notre amie avec sa famille. C'était aussi notre fête ! 

Elle est là la magie des fêtes de la Rosière de Créon, c'est que cette fête est restée celle de tout un village où malgré les années qui passent l'émotion reste intacte. Dimanche vous croiserez peut être si vous venez à Créon le sourire de Simone Vallade, Rosière en 1949. Elle a toujours la même émotion lorsqu'elle parle de ses fêtes, la larme au coin des souvenirs qui passent. Dimanche elle sera sur la place et lorsque la couronne de roses se posera sur la tête d'Anne Sophie Odry, 103° Rosière de Créon, je suis bien persuadée que dans le coeur de Simone comme dans celui de toutes les rosières présentes à la fête, un sourire marquera le temps. 
 
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12 juillet 2009 7 12 /07 /juillet /2009 09:23
"Regarde bien petit, regarde bien, il y a un homme qui passe et nous ne saurons pas, tu peux ranger les armes" C'est amusant d'avoir comme ça des bouts de chanson qui peuvent parfois venir toquer à la tête vous rappelant des souvenirs. Et de souvenirs en souvenirs je me souviens des jours d'été de mon enfance sans doute parce que le soleil joue ce matin avec la brise des coteaux de l'Entre-Deux-Mers. 

Il y a cette cote de la Mairie de Sadirac que nous dévalions cheveux au vent pour retrouver la petite maison aux volets verts, et celle en contre bas où avec son pantalon de velour et sa chemise à carreaux, son béret, papi Abel m'attendait. Il était ma référence, mon sourire et mon mystère. Toujours accompagné de Mirabelle sa chienne, petit ratier noir et feu qui n'avait pas d'égal dans la chasse aux souris et au rats. 

Devant la porte du chai en terre battue, le talus surmonté d'un pommier, laissait ses branches feuillues poser l'ombre sur les salades, les tomates et autres légumes qui remplissaient le panier. Au fond de la petite allée un cabanon en bois qui abritait les toilettes rudimentaires où accroché à un clou le journal Sud-Ouest découpé en carré finissait sa vie d'informations. j'avais peur d'y aller et je faisais toujours des expéditions groupées avec Hélène ma soeur et Isabelle ma cousine qui veillaient devant la porte au cas ou. 

Nous avons vécu toutes les trois des aventures devenues extraordinaires au fil des ans ancrées dans nos souvenirs. Hélène avait un bouille de poupée comme celle des journaux de mode du siècle passé, de merveilleuses boucles rousses qui encadrées son visage mangé par d'immense yeux bleus. Comme elle était belle ma petite soeur, elle me fascinait, elle qui avait la sagesse des anges lorsque moi j'étais le plus souvent la petite fille de Lucifer. Isabelle, petite brunette au yeux noirs, timide et réservée, complétait ce trio inséparable. Comme les trois fées de la Belle au Bois Dormant nous avons toutes les trois forgé notre enfance soudées comme les doigts d'une main. Et nous étions les reines de cet homme, meurtri par la vie qui pourtant avait gardé la douceur d'une main ébouriffant nos têtes d'enfant. 

Lorsque nous déboulions dans le chai poussant la porte de la cuisine, mamie et papi "en bas" étaient souvent installés dans leur fauteuil de chaque coté de la fenêtre entrouverte. Papi Abel regardait les mésanges bleues et les rouges-gorges se régaler des morceaux de lard achetés au marché de Créon le mercredi, qu'il clouait sur l'arbre devant la fenêtre. Mamie Catherine dans son éternel tablier sombre se levait pour servir le café et allait dans le buffet chercher le cassis. Notre arrivée bruyante annonçait  celle de ma grand-mère, celle de mes parents et de mon oncle et ma tante. Chaque samedi nous nous retrouvions après manger pour venir boire le café. Nous y soufflions nos bougies autour de tartes aux pommes ou aux prunes, la télévision marchait en sourdine et papi Abel nous racontait des histoires. Celle de mamie Anita, sa belle-mère qui lorsqu'il brocardait le Général lors de ses interventions télévisées lui disait "mais taisez vous Abel, le Général va vous entendre !". Comme j'ai ri enfant, incrédule, ne pouvant imaginer qu'une grande personne ne puisse pas savoir comment marchait la télévision. 

J'en ai passé des heures à l'écouter me raconter comment marchait le monde et la nature. Il me montrait les fleurs, les plantes, me racontait lorsque grand-mère était petite, comment il était fier qu'elle ait pu aller à l'école, devenir secrétaire de mairie à Sadirac. Dans sa voix parfois il y avait des cassures, lorsque je lui demandais de me raconter la guerre pour finir mes devoirs d'histoire. Je ne savais pas combien elle l'avait tué il y a longtemps. Je restais les yeux interrogateurs lorsque je le voyais chemise et bretelles sur les reins, en tricot de peau se laver la tête dans l'évier avec la lessive Saint-Marc. C'est sans doute grâce à cela qu'il avait les cheveux si blancs ! 

Mamie Catherine ne disait pas grand chose mais elle avait le secret de la poitrine de veau farcie et du millas. Que de repas avons nous passé installés dans la cuisine le dimanche où les "grands" refaisaient la vie de Sadirac et de Créon. Mon parrain, Alain, le frère de papa m'impressionnait. Il était pour moi le copain qui nous guidait dans l'apprentissage de nos bêtises d'enfant. C'est avec lui que nous découvrions les secrets de la Pimpine et des trous d'eau le long de la voie ferrée. Nous descendions, l'été, serviettes de bain sous le bras pour aller patauger dans le ruisseau cherchant désespérément les écrevisses dont il avait fait les tableaux de chasse de leur enfance avec papa. Nous avions notre petite plage de sable blond léchée par le courant à l'ombre du sous-bois. Nous n'avions pas besoin de l'océan. Il nous trimballait dans sa vieille 2CV montant la cote de la Mairie à toute vitesse au grand désespoir de grand-mère. 

C'était les vacances et la liberté était notre récompense. Aujourd'hui lorsque je passe le portail des deux bâtisses, les rires de Julien, Léa et Marine sont les gardiens de ses souvenirs. Souvent le dimanche lorsque sous la véranda, chez Alain et Christiane, nous nous retrouvons encore, il m'arrive de perdre mon regard au fond du jardin et de revoir au loin la silhouette rassurante de papi Abel, la canne à la main. Il est resté le gardien de ses lieux. 

"Regarde bien petit, regarde bien, il y a un homme qui passe et nous ne saurons pas, tu peux ranger les armes" et le vent venu des coteaux de l'Entre-deux-Mers peut poursuivre sa route, la mémoire restera éternelle. 
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8 septembre 2008 1 08 /09 /septembre /2008 12:37
La vie réserve parfois des rencontres bien agréables. C'est comme ça, grâce à notre amie commune Colette Goinère, journaliste vraie et pour qui j'ai une grande admiration, que j'ai rencontré Alain Laufenburger. Nous avons en commun beaucoup de valeurs dont celles venant des Epicuriens rêveurs et idéalistes. Il m'a bien vite convaincu des vertus de Slow Food moi qui, il y a quelques années me suis appliquée à valoriser notre patrimoine avec l'association de Jean Suhas, Les Savoir Faire d'Aquitaine. C'est ainsi avec un petit groupe d'amoureux de la vie et des valeurs du bien vivre que nous avons monté le Convivium Slow Food Entre Deux Mets. Je ne pouvais pas faire autrement que de me passionner pour cette aventure moi qui suis née dans cet Entre-Deux-Mers girondin qui flotte doucement entre Garonne et Dordogne, entre pierres blondes et vignes, entre culture et patrimoine. Notre siège est lové à Cabara, lieu magique que seuls les chercheurs de chemins buissonniers, peuvent trouver.

C'est ainsi, en bord de Dordogne lors d'un pique-nique du goût, que nous avons décidé de faire notre entrée dans le monde moderne pour les journées du patrimoine 2008. Samedi 20 et Dimanche 21 septembre 2008 à l'abbaye de La Sauve Majeure, au coeur d'un patrimoine de l'UNESCO peu connu mais si merveilleux, le nouveau Convivium Slow Food d'Aquitaine "Entre Deux Mets" invente des journées du patrimoine bien différentes ... et vous propose de découvrir le fromage au lait cru. 


Le fromage au lait cru à la Sauve Majeure pour les journées du Patrimoine, c’est bizarre quand même ?

Et bien non, cela ne l'est pas, si l’on pense que le fromage au lait cru est un patrimoine gastronomique menacé dont les savoir-faire risquent de disparaître. Comme les richesses de pierres et d'histoires de notre Aquitaine, la gastronomie reste au coeur de notre patrimoine à découvrir ou redécouvrir.

"Entre Deux Mets" propose des ateliers familiaux de découverte où le fromage au lait cru est associé aux autres grandes fermentations, celles du pain et du vin parce qu’entre le fromage, le pain, le vin… et les abbayes les liens sont très historiques. 

Les abbayes ont créé autant de vignobles qu’elles ont inventé de fromages. Le pain et le vin sont également des aliments symboliques du christianisme. Tout était donc réuni pour que Slow Fodd Entre Deux Mets s’installe à la Sauve Majeure pour ces journées du Patrimoine.

Slow Food Entre Deux Mets s’associe au Syndicat Viticole de l’Entre Deux Mers, basé à La Sauve Majeure, pour y organiser ses ateliers de dégustation de vin, fromages et pains. 4 boulangers, 4 fromagers et 4 producteurs de vins seront présents tout au long du week-end pour organiser une succession de présentations/dégustations par groupe de 12 à 15 personnes en famille.  Dégustation spéciale enfants à 17 heures avec du jus de raisin.

Si le coeur vous en dit ... ou si c'est votre gourmandise ou tout simplement votre curiosité, venez nous rejoindre de 15 heures à 18 heures, les 20 et 21 septembre 2008 à la Maison des vins de l'Entre-deux-Mers  4 rue de l'abbaye à La Sauve-Majeure (33) et essayez d'y venir en vélo par la piste cyclable Roger Lapébie ... comme ça vous pourrez vous arrêter à Créon ... mon petit pays à moi.
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29 août 2008 5 29 /08 /août /2008 11:19
Mais non mais non je ne vais pas vous parler de l'Université du Parti Socialiste à la Rochelle, pourtant je pourrais vous en raconter de belles et croustillantes mais non pas aujourd'hui  ... je vais juste vous raconter une histoire ...

Il était une fois une jeune fille de bonnes moeurs et de belle vertu, née à Créon, dans ma petite bastide de pierres blondes, lovée au creux de vigne de l'Entre Deux Mers. Vous allez me dire que mon histoire est celle du temps jadis et bien non c'est celle des Fêtes de la rosière de Créon. Cette fête qui commence ce soir dans ma bastide et qui se terminera dimanche au bout de la nuit fait totalement partie de ma vie et elle a rythmé bien des histoires créonnaises.

Mais revenons au commencement il y a 102 ans ....

Jean-Antoine Bertal dit Victor a ouvert ses yeux d'enfant à Créon le 18 janvier 1817. Après une vie remplie qui va l'éloigner des terres girondines il meurt à Nice le 2 janvier 1895. La fortune avait fait de lui un rentier, amateur d'art et collectionneur averti. Et c'est là que le coeur parle ... Il va offrir à Créon, sa ville natale une très belle partie de sa fortune : tableaux, bibelots, meubles ... Il a un rêve d'outre tombe il veut que Créon ait un Musée. Il veut que Créon ait une belle et vraie Mairie et il donnera pour cela quelques centaines de milliers de francs or. Mais surtout il veut que Créon récompense la jeune fille la plus vertueuse de la cité, trouve un talent caché - un jeune homme capable de devenir un nom connu dans le milieu de la peinture - et parce qu'il reste attentif aux autres il demande que ses dons servent aux nécessiteux de la commune. En outre, désirant être enterré à Créon, il laissera aussi de l’argent pour l’achat d’un terrain à perpétuité, le transfert de son cercueil de Nice à Créon, la construction d’un monument funéraire et des messes.

A Créon c'est un peu la révolution ... le 21 février 1895, le conseil municipal prend connaissance du testament et le 31 mars de l’actif de la succession ... c'est LA NOUVELLE du siècle... Bien évidement comme dans toutes histoires les neveux d’Antoine-Victor Bertal ne sont pas du tout d'accord et ils vont intenter une action en justice pour faire prononcer la nullité du legs. Je vous avais prévenu c'est Dallas à la Girondine .... Mais comme dans les contes pour enfants les "petits" gagnent et le 13 février 1898, la Cour d’Appel d’Aix confirme Créon dans ses droits mais ce n’est que le 19 octobre 1904 que le testament est homologué. Le conseil municipal peut alors commencer à exécuter les dispositions du testament.

Après 10 ans de procès, des heures de palabres à la terrasse des cafés créonnais, le 2 septembre 1907, Créon couronne sa première Rosière et inaugure la nouvelle mairie. Le musée ouvre au public le 21 février 1909. 

Et voilà comment commence l'histoire des Rosières et Rosiers de Créon. 

Cette année encore, Créon le 29, 30 et 31 août célébrera sa rosière et son rosier. Lors de ces fêtes dont je n'ai manqué qu'une seule édition depuis notre arrivée à Créon en 1974 ; j'ai tour à tour été de ces petites filles en tête du cortège bouquet à la main, puis l'âge aidant demoiselle d'honneur de la Rosière. Il y a eu mes années rosière où j'ai accompagné mes amies d'enfance à leur couronnement, Isabelle, Karine, Yolande, Cécile, Véronique, Isabelle, Florence ... Nous avions réussi à finir avec nos crinolines dans la piscine de Créon après un tir à la corde mémorable, réussi à faire des tours de manège avec Roger Caumont, le maire de Créon, le père Chevalier, le curé de la paroisse et chanter à la fin de tous les repas "Dans mon Pays d'Espagne" ... J'ai comme tant et tant de mes copains d'enfance fini au Comité des Fêtes et c'est pour les autres aujourd'hui que je participe à la réalisation de ces trois jours. 

Vous me direz sans doute que ces fêtes sont d'un autre temps ... Et bien je m'en fiche, j'en suis tellement fière. J'y retrouve ceux pour qui je serai éternellement la "petite Christine", la "grande de Jean-Marie" ou tout simplement Marie pour les ami(e)s d'enfance ... Dans cette fête il y a des histoires et elles font l'Histoire, elles sont le lien entre un passé et un présent qui je l'espère continueront à forger l'avenir de Créon.
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24 mai 2008 6 24 /05 /mai /2008 21:20
"Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage, heureux qui comme Ulysse a vu cent paysages et puis est retourné après maintes traversées au pays des vertes années ..." cette chanson de Brassens je l'avais dans la tête vendredi soir lorsque mon pére accompagné de son frére Alain et de son cousin Jean-Michel ont planté l'arbre de la Maïade cantonale. Au coeur des 200 personnes qui avaient souhaité partager avec nous ce moment de fête simple, ma grand-mére, ma mére, mon frére et ma soeur ... et un vide plein de souvenirs de ceux qui manquaient.

J'ai appris depuis ma plus tendre enfance, j'avais 8 ans lorsque je tournais la manivelle de la machine à stynsil pour tirer les tracs à l'encre violette des campagnes électorales à Créon, que les élections avant tout sont des histoires d'hommes et de femmes qui croient ensemble. Lorsque je regardai hier soir les tablées des convives j'avais la sensation de ce partage. Il y avait certes les amis, ceux qui sont là depuis toujours, mais aussi ceux qui venaient partager simplement et même des personnes qui j'en suis certaine n'ont pas voté pour mon pére aux cantonales. C'est là que je me dis que lorsque l'on a assez d'écoute et de disponibilité on peut rassembler bien au delà de ses convisctions.

Là encore j'ai pu le constater en famille à maintes reprises. Mes grands-péres n'avaient pas les mêmes convictions. L'un, fils d'immigrés italiens, socialiste au fond de l'âme, un peu anticlérical parfois, l'autre, issu d'une famille où la vie avait été plus facile, gaulliste, catholique pratiquant.  Les repas de familles étaient animés, surtout à la fin lorsque "les grands", passé le café, se retrouvaient pour refaire le monde autour, soit de l'eau de vie de poire, soit de la fambroise de mamie ; Ils dicuttaient fort mais jamais je ne les ai vu se facher. L'un parlait de solidarité, l'autre de charité chretienne mais en fin de compte le résultat était le même : ils ont toujours tendu la main pour aider celui qui en avait besoin.

C'est cela qui nourri un vrai projet politique lorsque l'on entre dans un combat electoral. C'est en cela que je crois, en cette capacité de rassembler pour construire ensemble une société plus juste où l'homme, l'environnement sont  au centre des enjeux. Le " mai" qui va prendre racine devant la salle des fêtes de Loupes sera comme un rappel de l'engagement que nous avons pris lors de ces élections cantonales. Je dis "nous" parce que comme Martine Faure ( ndlr la députée de la 9ième de Gironde ) ou mon pére l'ont rappelé vendredi soir cette campagne, cette victoire, ce mandat, il nous appartient à tous et c'est forcément ensemble que nous le ménerons.

Vendredi soir, mes grands-péres n'étaient pas là. l'un parce qu'il a rejoint des terres où il est enfin en paix, l'autre parce que la maladie l'enferme aujourd'hui dans un monde où nous avons disparu. Pourtant lorsque le vent de l'orage a soufflé et la pluie est tombé, je savais qu'ils étaient là et je n'aurais de cesse qu'ils soient fiers de nous.
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  • : Aux Pensées Citoyen !
  • : Il est citoyen, vigilant, mais aussi sur l'air du temps, Créon, la Gironde... cherche et tu trouveras Bonne lecture.
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Un Peu Sur L'auteur ..

  • Aux pensées Citoyen !
  • Ancienne journaliste,  Présidente du Comité Les Arbres de la Laïcité Gironde - Aquitaine. Apprentie ariégeoise.
  • Ancienne journaliste, Présidente du Comité Les Arbres de la Laïcité Gironde - Aquitaine. Apprentie ariégeoise.