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15 novembre 2010 1 15 /11 /novembre /2010 18:21

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Voilà qu'un air de révolution plane sur Matignon au lendemain de la nomination du Gouvernement Fillon n° 3. En écoutant ce matin France Info, la tartine m'est tombée de la main et a atterri comme de coutume coté confiture ... Il faut dire que Christine Lagarde, notre ex nouveau futur encore Ministre des Finances et de l'Economie n'a pas mâché son enthousiasme en déclarant que ce gouvernement était " totalement révolutionnaire" finissant par une envolée lyrique en expliquant que c'était une "virage à 360°".

Mais voilà ... un virage à 360 ° n'est en tout est pour tout qu'un tour sur soi-même pour revenir à son point de départ ! Je me suis dit vu que les déficits français sont au plus haut, que l'endettement de notre pays va bientôt devenir aussi inquiétant que ceux des pays que l'on fustige, revenir au point de départ de 2007 n'est peut être pas un mal ! Mais c'était sans doute faire preuve d'optimisme aveugle et de UMPéisation joyeuse au pays de Oui Oui Sarkozy.

J'ai alors pensé à cette coutume Milanaise qui veut que sous les plafonds de verre de la Galerie Victor Emanuel II, pour forcer la chance il faut que sur la mosaïque du taureau central on fasse un tour complet sur le talon pour avoir de la chance ! Et de la chance pour redresser notre pays il va en falloir vu la tournure que prennent les événements ! 

Mais rassurez vous, Eric Woerth vient de prendre sa retraite à 54 ans à taux plein d'amertumes. Vous, vous travaillerez jusqu'à 67 ans et le programme c'est bien de vous faire prendre un virage à 360 ° et de vous faire tourner ... en bourrique ! 

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31 août 2010 2 31 /08 /août /2010 16:55

751178308L'été a fini de se prélasser doucement sous les nuits des étoiles filantes qui reviennent aussi surement que les troupeaux de moutons de Panurge, septembre montrant son nez. Si parait-il, le printemps pousse au grand ménage, les mois d'été prenant fin, la rentrée quant à elle amène le retour des mots sur les pages blanches.

 

Il était une fois en ce pays bénit des dieux, grand fief d'Aquitaine, bien loin de l'agitation urbaine de la grande capitale, une petite mer somme toute, bien tranquille perchée entre ciel, pins, sables et eaux. Il y avait là plusieurs clans et tribus qui vivaient tranquilles au son des fêtes et des agapes estivales. L'huître ne manquait pas et la souris avait été bannie des tablettes des Hérauts de son Altesse Nicolas.

 

Tout allait donc bien et de fêtes en fêtes les chefs de tribus et de clans se passaient les coquilles et seraient les mains. Rien de bien nouveau en somme sous les grains de sable. L'observateur assidu a pourtant bien deviné que les grandes manoeuvres vont commencer.

 

La grande prêtresse de la Coccinelle a réussi à se hisser au rang des grands mamamouchis du Palais. Sans peur, l'oeil aux aguets, fière et combattante, elle osait même la veste rose fuchsia les soirs d'Opéra.

 

Le Crabillot Impérial à défaut de faire le bonheur des amateurs de soupe blanche, taquinait du cochonnet sous le soleil de l'été. Il s'était paré de ses plus beaux atours, scintillant, l'espadrille clinquante et le sourire "Colgate".

 

Le sage de la Presqu'île se faisait discret bien au frais sous ses pins protecteurs, l'oeil affûté et le verbe prudent, il regardait au loin comptant les grains de sable pour les jours de tempête.

 

En face, sautillant et léger, « mardinand » gaiement, frétillant en eaux troubles, le Dodo rêvait de gloire. Il naviguait cheveux aux vents contraires faisant contre mauvaise fortune, bon coeur dans son château de sable qu'il rêvait Palais Bourbon.

 

L’ombre du Grand restait sur les rives littorales, allant des pins aux eaux du Bassin ;  il peaufinait dans ses terres les notes de la partition, patient, serein, attendant la mise en place de l’orchestre.

 

Les personnages sont en place, la rentrée peut montrer son nez et avec elle les mots de votre serviteur qui reprennent du service. Bonne rentrée à toutes et tous, Aux pensées Citoyen est de retour de vacances !

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6 août 2010 5 06 /08 /août /2010 11:00

4863613879_ebe94cc9f7.jpgJe lisais ce matin Le Figaro - si si ça m’arrive  - ayant entendu sur Europe n°1 l’interview de Roland Dumas, je voulais me faire ma propre idée sur la question de la déchéance de la nationalité française. Comme toujours j’aime bien savoir et j’ai lu avec beaucoup d’attention l’interview de Patrick Weil, historien, spécialiste de l’immigration.

 

Roland Dumas a raison, le sujet ne doit pas être pris à la légère, il est grave et lorsqu’on n’en arrive à proposer l’application de la déchéance de la nationalité française pour régler des maux, à mon avis il est sans doute temps de se rappeler l’histoire … Vous savez ce truc que Xavier Darcos voulait sortir des programmes de nos chères têtes blondes et brunes du lycée lorsqu'il était Ministre de l'Education Nationale.

 

La procédure de déchéance de la nationalité française vient de la fin du 19ième siècle puisqu’elle servait à sanctionner après l’abolition de l’esclavage, ceux qui continuaient à imaginer que l’homme pouvait être une vulgaire chose à vendre et exploiter. Durant la Première Guerre Mondiale, cette déchéance a été élargie aux Français originaires des pays alors ennemis, l’Allemagne, l’Autriche, la Hongrie et la Turquie pour faits de trahison ou d’insoumission.

 

La procédure de déchéance de la nationalité s’inscrira de manière durable dans nos Lois en 1927. Patrick Weil explique que paradoxalement cette loi est votée dans un contexte de libéralisation des naturalisations. En effet il dit que « face à la puissance démographique de l'Allemagne qui fait peur, la France veut en effet procéder à 100.000 naturalisations par an. Pour voter le texte, la droite demande une clause de «sauvegarde». On prévoit donc que pourront être déchus les Français d'origine étrangère qui se seront livré à des actes contraires à la sécurité intérieure, à des actes incompatibles avec la qualité de Français au profit d'un État étranger, ou qui se seront soustraits aux obligations du service militaire.»

 

Toujours dans un climat bien spécial puisque nous sommes à la veille de la Seconde Guerre Mondiale, la déchéance est élargie aux Français qui, dans les dix années suivant leur naturalisation, ont commis en France ou à l'étranger un crime ou un délit ayant entraîné une condamnation d'au moins un an d'emprisonnement. L’historien explique que c’était surtout dissuasif et qu’entre 1927 et 1940, on n’a dénombré que 16 cas.

 

En fait ce qu’il faut retenir c’est que Vichy aura été le seul régime politique français à procéder à des déchéances de nationalité massives. En quatre ans, 15 000 français perdront leur nationalité en commençant par les juifs d’origine étrangère. A la Libération, 450, pour fait de collaboration pour l’essentiel. Mais celles tentées durant la guerre froide contre des naturalisés communistes seront stoppées par le Conseil d’Etat.

 

Depuis il y a eu la Loi de 1945, complété par la Loi Guigou en 1998. La déchéance de la nationalité peut être prononcée pour crime, pour terrorisme, dans les cas d’atteintes aux intérêts fondamentaux de la Nation.

 

Reste que le droit à la nationalité est proclamé dans La Déclarationuniverselle des droits de l'homme et que l’article 1er de la Constitution Française proclame que « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race et de religion (…) »

 

Donc nous en sommes là, le Gouvernement veut faire modifier la loi pour déchoir de la nationalité française les coupables d'excision, de traite d’êtres humains ou d’« actes de délinquance grave », pour toute personne d’origine étrangère qui aurait « volontairement porté atteinte » à la vie d’un policier, d’un gendarme, ou de toute autre « dépositaire de l’autorité publique ». Ils souhaitent rétablir la législation d’avant 1998 qui permettait de déchoir de leur nationalité française les personnes ayant écopé d’une peine de plus de cinq ans de prison, dans les dix ans suivant l’acquisition de la nationalité.

 

Pour beaucoup d’observateurs ce serait, toutefois, un retour en arrière par rapport à la convention de 1997 du Conseil de l’Europe, que la Francea bien signée, bien qu’elle ne l’ait pas ratifiée. Ce texte prévoit que « chaque Etat partie doit être guidé par le principe de la non-discrimination entre ses ressortissants, qu'ils soient ressortissants à la naissance ou aient acquis leur nationalité ultérieurement ». Ce qu’il faut savoir c’est que revenir sur la loi de 1998 reviendrait à recréer des apatrides !

 

Aux Pays-Bas, la loi sur la nationalité a été récemment modifiée. Le débat y est vif et Geert Wilders, le chef de l’extrême droite, réclame le retrait de la nationalité néerlandaise aux « criminels » musulmans … Est ce que la France finira comme ça ?

 

Qu’être français implique des devoirs et donne des droits reste pour moi essentiel. Je suis petite fille d’immigré italien et j’ai appris très vite dans les yeux de mon grand-père la signification de ce petit bout de papier qu’était son certificat de naturalisation. Ce qui me révolte le plus dans cette action gouvernementale c’est le fait que ça ne soit que pour attiser les haines et faire ressurgir ce qu’il y a de plus vil dans l’âme humaine. Ce qui me révolte c’est que ce soit le prétexte pour faire de l’électoralisme puant que je réprouve d’où qu’il vienne.

 

 

"La nationalité inscrite dans la déclaration universelle des droits de l’homme a été sanctuarisée. Par conséquent : La dénaturalisation est la bombe atomique de la nationalité. C’est une arme lourde, et il est grave de la jeter ainsi en pâture au public", déclare Patrick Weil dans le Nouvel Observateur de ce jeudi. Une bombe atomique ce n’est pas anodin … Pourvu que la France réfléchisse !  

 

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30 juin 2010 3 30 /06 /juin /2010 20:19

 

couple-mains.jpg

J’ai toujours sur les mains la terre qui porte mes racines. Cette terre dont nous sommes tous issus et où nous retournerons le plus sûrement du monde. Même virtuelle, la terre sur mes mains m’a toujours rassurée, porteuse de joies et de souvenirs. Je suis petite fille de paysan, élevée dans les vignes, les ruisseaux et la terre nourricière de mes racines.

 

Comme ces tournesols qui cherchent et se tournent vers la lumière j’ai constamment cherché la terre, pour retrouver la trace de mes racines. Ce qui m’a émue lorsque je suis arrivée à La Teste et sur la Petite Mer de Buch c’est que cette terre était là, qu’elle était certes aussi liquide mais bien là et porteuse des mêmes valeurs que celle qui nourrie les vignes et les chênes de mon Entre-Deux-Mers natal.

 

Les racines et la terre qui les porte, sont pour moi l’essence même de la construction de la vie. L’été arrive il pointe ses blés et je sais que c’est l’heure. Comment peut on se construire sans avoir conscience de ses racines ? Comment peut-on créer un homme ou une femme libre sans lui demander de chercher au plus profond de lui-même les sources mêmes de son épanouissement et de sa survie. Un arbre sans racine ça n’existe pas, un arbre dont on coupe les racines meurt forcément un jour ou l’autre !

 

Les racines sont les fondements de l’humanité. Les dictateurs, les colonialistes de tous les âges ont consciencieusement fait en sorte que l’histoire disparaisse dans les enseignements. Privés des racines de leur humanité, les peuples ainsi asservis à un mode de pensée dominant n’avaient plus la possibilité de s’ouvrir à l’esprit critique.

 

"Il faut cultiver notre jardin" faisait dire Voltaire à Candide. Etre ne veut il pas dire que nous devons nous occuper des choses que l'on peut changer et améliorer. En d'autres termes, cela signifie qu'il faut s'appliquer à faire évoluer la société et à la rendre meilleure. C’est là que je puise depuis bien longtemps la force de mon engagement. Mes racines m’ont construites en tant que femme, aujourd’hui elles m’ancrent.

  

J’avais envie de vous livrer ces mots tout simplement parce que ce matin en lisant comme à mon habitude ma revue de presse j’ai eu un doute et surtout honte : est ce que ça vaut encore la peine ? Oui tant qu’il y aura des hommes et des femmes capables de se révolter contre l’inéluctable. Mais jusqu’à quand ?

 

La mascarade à laquelle on assiste aujourd'hui entre l'audition des guignols du foot à l'Assemblée, l'affaire Bettencourt - Woerth, les dérives budgétaires, la casse de valeurs de notre République, la mise à mort de la solidarité, la destruction des liens sociaux, celle des services publics, les dérives de France Inter et j'en passe ... me fait mal à ma France. Le grain n'est pas prêt de devenir semence ! 

 

« Le grain mis en terre change de nom, il devient semence. Semence, il devient vivant, à l’encontre du grain engrangé qui est un grain mort. Semence, il est puissance, puissance qui peut être convertie en acte. »

 

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21 mars 2010 7 21 /03 /mars /2010 07:21

marianne-visoterra-12515.jpgLe droit de vote est un des droits civiques de base en Démocratie. Il permet à chaque citoyen de voter pour un mode politique de gouvernement, d'exprimer une volonté et d'élire ceux qui les porteront pour nous. C'est dans la cité d'Athènes qu'il est certainement né dans l'Antiquité. Il est la résultante d'une volonté là où au départ le tirage au sort était de mise. 5iéme siécle avant JC, Périclés l'instaure. Il était le "privilège" du citoyen, c'est-à-dire aux hommes nés de père athénien et d'une mère, fille de citoyen. Les esclaves et les femmes considérés respectivement comme des biens et d'éternelles mineures, ainsi que les métèques en étaient exclus. Le vote, loin d'être vu comme un droit universel, était une fonction réservée aux hommes les plus fortunés, à ceux que la fortune dotait d’une véritable indépendance matérielle, d’un esprit conservateur par la propriété et de compétences par l’éducation.


En France pour le vote du Tiers état à la Révolution, les votants étaient les citoyens « actifs » payant le cens qui était très élevé. C'est en 1848 que le droit de vote est accordé à tous les hommes pour la première fois mais c'est  sous la Troisième République qu'il le devient définitivement. Pour les femmes le parcours sera plus long et difficile et elles n'obtiendront le droit de vote qu'à partir de 1944. 
 Tout au long de l'histoire les contraintes ont été imposés à l'exercice du droit de vote pour des raisons multiples comme l'âge de la majorité civique qui passera de 30 ans en 1815 à 18 ans aujourd'hui, comme la nationalité avec le vote des étrangers qui depuis 1981 fait couler beaucoup d'encre. 

 

Les restrictions au droit de vote sont aussi nombreuses. Dans les Etats de droit, le vote peut être retiré aux personnes condamnées par la justice, parce qu'elles se sont montrées indignes de leur qualité de citoyen. L'incapacité est aussi une cause de restriction du droit de vote. Cette incapacité a parois était détournée comme ce fut le cas pour les analphabètes qui jusqu'en 1912 n'avaient pas le droit de vote en Italie. Dans ce pays cela avait écarté de fait les plus démunies de la vie politique.
Aux États-Unis, après 1870, certains États du sud établissaient des critères d'incapacité très contraignants, excluant d'office du corps électoral les citoyens noirs, ceux d'origine étrangère en plus des analphabètes. Ce type de discrimination aura aussi pu être tout à fait officiel en Afrique du Sud de 1910 à 1994. Au même titre, les aborigènes australiens n'ont pu voter dans l'ensemble de la fédération qu'à partir de 1962, ceux des États-Unis qu'à partir de 1948.
 

La France n'a pas été en reste avec ce type d'histoire comme cela fut le cas dans les colonies  de 1945 à 1957, où le collège indigène était largement sous-représenté par rapport au collège « blanc ». Il y a aussi les exclusions sur la base de la propriété où comme en Nouvelle Zélande, le propriétaire a une voix supplémentaire pour les élections locales, celles encore sur la base de la religion que l'on retrouve dans l'histoire anglaise et irlandaise où souvent les seuls anglicans avaient le droit de vote. 
 

Où que se pose le regard sur l'histoire le droit de voter a été le creuset d'enjeux et de luttes. Souvent certains, certaines sont morts pour nous laisser aujourd'hui en France exercer ce droit en toute liberté. Mais comme je l'ai lu sur la toile est ce une raison suffisante pour ne pas respecter le droit de "Non Vote" ? Cette question, je me la pose souvent lorsque je constate l'abstention. J'ai longtemps fustigé ceux qui n'allaient pas voter. Aujourd'hui je veux bien comprendre leur refus de voter mais je ne l'accepte toujours pas. Voter c'est être libre, voter c'est choisir, voter c'est être citoyen et pour moi c'est la chose la plus importante de la vie publique. Nous avons les élus que nous méritons ! Voter est un droit, ne laissez jamais personne choisir à votre place. 


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9 mars 2010 2 09 /03 /mars /2010 14:00

 

affiche femmeUne journée ne suffit certainement pas. Cette réflexion je la fais chaque année le 9 mars au matin. Pourtant, la Journée Internationale de la Femme depuis un siècle permet au moins une fois par an d'arrêter le temps qui passe, d'arrêter de zapper d'une information à l'autre, d'un fait à l'autre.


Chaque année, je me demande comment marquer cette journée de mon indéfectible respect pour celles qui m'ont précédé, pour celles qui m'ont protégé, pour celles qui ne cèdent jamais. Chaque année, le temps qui passe me porte à marquer plus profondément cette journée du 8 mars. J'ai certainement aujourd'hui davantage conscience des enjeux, conscience que souvent les droits des femmes reculent et que la tâche est toujours plus grande à accomplir.


Je mesure aujourd'hui que souvent bien plus discrètement que les hommes qui ont marqué mon parcours, les femmes ont marqué ma vie et c'est à elles que je pense aujourd'hui. Les prénoms, les noms s'égrènent comme autant de grains de blé qui ont germés et nourrit ma vie.

 

Le premier qui viendra sera celui de maman. Quoi de plus normal me direz-vous, la chanson ne dit-elle pas qu'elle est la plus belle du monde. Pourtant, au premier tour de mots, on ne l'imagine pas forcément tellement elle est discrète. Elle est l'aînée d'une fratrie de sept enfants, celle qui a essuyé les plâtres d'avant 68. J'ai toujours été persuadée que le temps dans ses yeux, était suspendu à une époque que je ne pouvais pas imaginer. C'était une époque où pour aller au cinéma avec son amoureux il fallait emmener un chaperon, celle où à l'Ecole Normale des Filles de Bordeaux-Caudéran il fallait l'autorisation de la Directrice pour se marier, celle où pour vivre une liberté il fallait se marier. Elle a lutté à sa manière de femme, d'épouse, de mère, de grand-mère aujourd'hui. Elle n'est certainement jamais montée sur des barricades, elle ne s'est jamais enchaînée à des grilles pour protester, mais elle a marqué son parcours de femme par une arme bien plus redoutable : l'amour des siens et la rancune envers ceux qui essayeraient de toucher sa couvée. Elle marque ma vie de son amour et sans ce dernier mes combats seraient bien vide de sens. 


Les prénoms qui suivent sont ceux de mes grands-mères. D'abord, celui de Gisèle. Cette belle parisienne aux cheveux acajou exilée par la guerre n'aura eu de cesse que de passer son certificat d'études puis son brevet à Libourne, de se trouver une place chez le négociant en vin Dubois de Vayres pour s'en sortir. Elle prendra la voie du bonheur et arrêtera là sa carrière professionnelle. Gisèle Gautron a sans un mot accompli sa vie par la suite autour d'une chose : son époux et sa famille. Elle n'en a jamais perdu pour autant son verbe, acerbe parfois, toujours prompt à nous pousser nous ses petites filles à aller jusqu'au bout de nos rêves et de nos études. Elle a marqué ma vie de sa force tranquille et sans cette dernière mes combats seraient restés sans victoire.

 

Jeanne Normandin c'est une autre force. Fille unique, choyé par un père qui lui aurait décroché la lune et toutes les étoiles de l'Univers ; elle était aussi poussée par une grand-mère qui la voulait libre et heureuse. Elle a su apprendre de son Instituteur de Sadirac, Monsieur Vasseur qui n'aura de cesse sa vie durant de la pousser à travailler encore et encore, sans aucune concession possible à la médiocrité. Elle, c'est le travail incessant au service des autres et de la chose publique. Elle, n'aura fait que ça durant toute sa vie, mettre l'excellence au rang des priorités de la mienne. Elle a marqué ma vie de son exigence et sans cela mes combats seraient moins aboutis.


Minouche, c'est un tout. Elle aurait eu 100 ans lorsqu'elle s'est endormie pour toujours en 1998. Je m'en souviens comme si c'était hier. Nous étions en pleine campagne des élections régionales, les premières d'Alain Rousset, un jour comme aujourd'hui froid mais ensoleillé. Mon arrière grand-mère Germaine Lichau était ma Louise Michel à moi. Je lui racontais tous mes combats de jeune socialiste, mes campagnes de distributions à la Fac de Droit, les empoignades oratoires avec les étudiants de l'UNI, celles moins verbales avec les jeunesses de Front National. Elle était de tous mes débats philosophiques qu'elle écoutait tout en tricotant ou appuyant sur la pédale de sa vieille Singer, hochant de la tête et y mettant son grain de sel. Elle avait tout vécu, tout supporté, tout enduré mais n'avait jamais cédé sur rien et je l'admirais. Elle a marqué ma vie de son courage et sans cela mes combats ne seraient pas si beaux.

 

Elles sont les femmes de ma vie, elles sont mes héroïnes à moi et leurs prénoms se mêlent à tant d'autres. Il y aura eu mes institutrices, mes professeurs qui, à leur manière m'auront ouvert les portes des mondes à découvrir : Madame Guénan, Denise Boucher, Maryse Desage, Christiane Linarés, Mademoiselle Lacroust, Madame Darrigan. Il y a eu celles qui ont accompagné mes pas socialistes, que j'ai observé avec attention pour ne pas en perdre une miette : Catherine Lalumière, Annick Aguirre, Françoise Cartron, Martine Faure. Il y a celles toujours présentes qui ne lâchent jamais la main, celles que l'on ne perd jamais, car elles savent l'amitié vraie, l'amour sans attendre le retour. Elles marquent encore ma vie et sans elles, mes combats seraient sans doute bien loin des réalités et plus difficiles à mener.


C'est ça les femmes cela marque une vie. Elles passent et laisse une trace comme le Petit Poucet pour ne pas que vous vous perdiez en chemin. Hier c'était leur journée, mais chaque jour c'est leur vie !

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2 février 2010 2 02 /02 /février /2010 21:42
751178308.jpgUn samedi, bien tôt, sous le soleil timide de La Teste de Buch avec Christian et sa petite fille juchée sur sa trottinette, je me suis transformée en pédibus tractus militantus. Les Lettres du Parti Socialiste de La Teste d'une main et les tracts annonçant la réunion publique d'Alain Rousset à Audenge de l'autre nous avons devisant tranquillement fait le tour de notre secteur de distribution à la chasse aux boites aux lettres. Cet exercice qui est le lot commun de tous les militants quels qu'ils soient est pour moi un acte fort. 

Qu'il soit pour la vie associative, pour la parole publique ou politique ou tout simplement pour annoncer l'événement à venir, la distribution reste le point commun et essentiel de tout acte d'engagement. Le tractus pedibus militantus est un lien réellement humain dans le travail qui occupe tout militant. Il permet d'abord de connaître son territoire, d'en découvrir les recoins et les changements urbains, d'en saisir les agencements. Il permet aussi d'échanger avec les habitants du territoire, de prendre la mesure de leurs attentes, mais aussi entendre leurs critiques et leurs encouragements. C'est pour moi l'élément essentiel et complémentaire d'une action publique qui doit dépasser les temps des campagnes électorales. 

Tout en regardant notre apprentie militante se hisser sur la pointe des pieds à hauteur des boites aux lettres pour y glisser comme nous les tracts que nous avions à distribuer, je pensais à cette petite fille qui, il y a bien longtemps faisait pareil dans les terres créonnaises de mon enfance, avec mon père et ses copains.

Souvent j'imagine que c'était le temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître ... Et pourtant ! A l'heure où nous multiplions les réseaux sur la toile, créons une multitude d'images, textes et sons qui courent éperdument sur les écrans, le casse tête du secrétaire de section répartissant les tournées de distributions, reste un moment incontournable de toutes les campagnes et pas qu'électorales.  

Bien que je sois convaincue du poids qu'a pris la toile sur nos actions militantes, je reste farouchement attachée à l'action du pedibus tractus militantus. En effet derrière ses cheminements sportifs, surtout à La Teste de Buch qui reste l'une des communes les plus étendues de France, il y a le rapport humain. Souvent le reproche qui est fait aux "politiques" c'est de ne se montrer qu'en périodes pré-électorales et électorales. S'initier au difficile exercice du tractus pédibus militantus et devenir le politicus proximus échangus est pour moi la cheville ouvrière d'une réussite : convaincre.

Le porte à porte, trac en main, n'est pas chose facile quoiqu'on en dise. Il pousse le tractus pédibus militantus a se mettre en danger, à se confronter aux regards et aux mots de l'autre. Cet exercice qui m'a longtemps terrorisé, j'ai, comme beaucoup, appris à le faire et à l'apprécier. Il rend humble et vous pousse à l'excellence du discours et à l'écoute attentive des mots et des silences que l'on vous livre. Le face-à-face est alors citoyen. Ces espaces de rencontres voués à l'aléa deviennent alors souvent des projets de vie et de ville qui entraînent l'adhésion. 

J'ai souvent imaginé que la diminution des effectifs des partis, des syndicats, des associations, avait écorné sévèrement l'investissement  à l'égard de l'engagement collectif. Le sociologue Jacques Ion dans son livre " La fin des militants ?" avance la thèse selon laquelle la fin éventuelle de "la militance" ne signifie pas pour autant la fin de l'engagement et montre qu'émerge une nouvelle figure du militant en rupture avec le modèle français de l'implication dans l'espace public. Les citoyens d'aujourd'hui se sentent motivés par d'autres causes. Le militantisme de proximité se développe, celui de la prise de conscience d'appartenance à l'humanité aussi.

Comme quoi le tractus pédibus militantus est sans doute l'avenir de l'homme ou tout au moins l'exercice indispensable à la création du lien de proximité, de l'échange et de la discussion salvatrice. Aristote y a pensé bien avant nous !  
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5 novembre 2009 4 05 /11 /novembre /2009 23:02

Quelques mois après la création du « ministère de l’immigration et de l’identité nationale », l’historien Gérard Noiriel a décrypté les usages politiques de la notion d’identité nationale depuis le XIXe siècle jusqu’à la campagne présidentielle de 2007 dans un ouvrage paru aux éditions Agone.  

J'ai ressorti de mes étagères de bibliothèque ce livre, 
Issu du Comité de vigilance face aux usages publics de l'histoire qui regroupe des historiens, des chercheurs et enseignants du supérieur et du secondaire. Ne faut-il pas toujours se référer au passé et à l'histoire pour bien comprendre le présent et construire le futur ? Gérard Noiriel l'auteur de ce livre est le président du Comité. Il fait partie des huit historiens (sur douze membres) du conseil scientifique de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration qui ont démissionné de leurs fonctions officielles le jour même où a été annoncée la formation du « ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale », le 18 mai 2007.

Dans son livre, s’appuyant sur de nombreuses recherches historiques réalisées depuis 30 ans, il démontre qu’il n’existe aucune définition objective de l’identité nationale. D'un caractère progressiste l'identité nationale est d'abord historiquement le triomphe de la définition révolutionnaire de la nation de 1789 devenant alors synonyme de « peuple ». On découvre dans ce livre que les premières définitions de l’identité nationale datent du XIXe siècle. Jules Michelet, défenseur de l’idéal de progrès des Lumières, y voyait la « patrie de l’universel ». Au cours de la Troisième République, la notion d’identité nationale trouve une définition juridique avec la loi sur le double "jus soli" couplée à la conscription obligatoire (1889). La « qualité de Français » et l’appartenance à l’État deviennent alors des enjeux politiques et économiques majeurs, d’autant plus qu’elles commandent l’accès à la protection sociale naissante. C’est à cette époque que le mot « immigration » s’impose dans notre langage.  Mais ce n'est pas tout. Il faut remonter au débat qui opposa Barrès et Jaurès, pour trouver l'emergence de la défiance de l’étranger, qui fondera  une version conservatrice de l'identité nationale.  Le « nationalisme » de Barrès s’opposera alors au « patriotisme » de Jaurès, clivage encore existant entre la Droite et la Gauche aujourd'hui. 

Comme l'écrit Noiriel, il n’existe aucune définition de l’identité nationale qui soit acceptée par l’ensemble des chercheurs. La question de l’identité nationale telle qu’elle est apparue pour la première fois le 14 janvier 2007 dans le discours de Nicolas Sarkozy « est un “faux problème”, une simple magouille électorale destinée à flatter les préjugés de la fraction la plus xénophobe de la population » (p. 126). Voilà c'est écrit ! A vous de juger ! 

Ce petit livre ranime notre sens de l’histoire. Et à l'heure où l’on nous parle tant de « devoir de mémoire » c'est une lecture salvatrice. En 1881, une rixe impliqua à Marseille des Italiens, communauté fortement implantée dans le Sud-Est et présentée à l’époque comme « une nation dans la nation », une menace à l’intégrité nationale qu’il fallait éradiquer en obligeant ses membres à devenir français. Sans doute  est ce là, l’origine de notre  « droit du sol », réactivé par la loi de 1889. Mais est-ce plus généreux que le « droit du sang » ? Je vous laisse l'esprit en veille pour en discuter. 

Parler des italiens me conduit forcément vers mes propres racines. Et je me suis demandée si j'avais mes papiers Bleu Blanc Rouge ? J'ai alors poursuivi mes recherches et je suis tombée sur un excellent papier du Monde, écrit par Mme Gérard, paru hier et qui proposait de faire le tour de la presse étrangère sur ce sujet. La question que posera le site internet dédié au grand débat imposé par le Gouvernement sera : "Qu'est ce qu'être français". Et voilà ce que l'on peut lire dans Le Monde :  (...) 
Le Times ironise sur la vision passéiste proposée par le Gouvernement, qui veut remettre au goût du jour la "douce France". La référence à cette chanson de Trenet  vient du porte-parole de l'UMP, Frédéric Lefebvre ("La défense de notre modèle culturel et de la "douce France" chantée par Charles Trenet passe par la redéfinition de notre identité nationale").  Mais c'est surtout la manœuvre électoraliste du gouvernement, à quelques mois d'un scrutin régional, que retiennent les médias étrangers, notamment le Gardian et Vanguardia. "Les élections riment, selon le sarkozisme, avec identité nationale", souligne cette dernière. Le quotidien catalan rappelle qu'à la veille des municipales de 2008, le ministre de l'éducation avait annoncé l'introduction dans les programmes scolaires de la connaissance de l'hymne national. "Ce thème était réapparu peu avant les européennes de 2009, lorsque Nicolas Sarkozy avait envoyé sa feuille de route au ministre de l'immigration et de l'identité nationale, dans laquelle figurait clairement le lancement d'un tel débat. Cette mission se traduit dans les faits aujourd'hui, à quatre mois des régionales…", constate le quotidien. (...) 

Ce qui est certain pour moi, c'est que la France s'est construite sur les grands principes de la République. Que ces principes ont bercé mon enfance où l'Italie était marquée dans mon sang comme l'histoire de mes arrières grands-parents qui avaient clandestinement passés les Alpes pour venir en France. Ceux sont eux, mes grands-parents, mes parents, par leur engagement dans la vie de ce pays qui ne leur a pas toujours fait de cadeau, qui m'ont appris la France et je refuse que l'identité nationale soit réduite au fait de posséder ou pas des papiers Bleu Blanc Rouge, que la France se réduise à avoir peur de l'étranger. Il est dommage qu'un ministre de la République ne sache pas que l'identité nationale c'est les mots qui marquent les engagements de la France : La Liberté, l'Egalité, la Fraternité, la Laïcité, la Solidarité ... 

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20 octobre 2009 2 20 /10 /octobre /2009 23:03

 

Le sujet est d'actualité et nous concerne tous dans notre quotidien. Que serait notre vie quotidienne sans les collectivités territoriales ? Posez vous la question ? Posez vous un instant et regardez de près la réforme que nous propose le Président de la République, sortez les oeillères que l'ont veut vous poser sur le front pour vous empêcher de voir la réalité. Je vous livre pour information le communiqué de presse d'Alain Anziani, Sénateur de la Gironde et Président du l'UDESR de la Gironde. 

LE CHEF DE L’ETAT N’A PAS DE LEÇONS À DONNER AUX COLLECTIVITÉS TERRITORIALES
 

Dans son discours de Saint-Dizier, le Chef de l’Etat a confirmé sa volonté d’engager une réforme des collectivités territoriales. Quatre projets de loi seront dès demain soumis au conseil des ministres.
 
Dans sa charge contre les élus locaux, le Président de la République oublie de préciser que l’abyssal déficit français est dû pour 80% au laisser-aller de l’Etat. Depuis les grandes lois de décentralisation, les communes, intercommunalités, départements et régions sont gérés avec une rigueur qui échappe à l’Etat, contraint de s’endetter pour financer son fonctionnement. Avec 73% des investissements publics et donc seulement 27% pour l’Etat, ce sont également les collectivités locales qui tirent la croissance et l’emploi de notre pays. Le plan de relance, annoncé à grand coup de trompette, n’existerait pas sans l’effort des collectivités décentralisées.
 
Pourtant, au lieu de s’en féliciter, le gouvernement se plaint de ces dépenses sans lesquelles, nos habitants seraient privés de crèche, d’écoles, de collèges, de lycées, d’action sociale ou de formation professionnelle.
 
Il fait preuve en outre d’une totale hypocrisie. Le Gouvernement oublie de mentionner qu’il fait constamment les poches des Régions et des Départements. Par exemple, incapable de financer la LGV qui relève portant de sa compétence exclusive, il impose aux collectivités d’apporter la moitié des financements. Ou bien il crée généreusement le RSA en en transférant la charge aux Départements ;
 
Quant au conseiller territorial, monstre à deux têtes, le projet de loi nous fait retourner trente ans en arrière, à l’époque, où les Régions n’étaient qu’un conglomérat d’élus issus d’autres collectivités. Dans tous les pays européens, les Régions sont nettement identifiées comme des institutions mettant en œuvre les grands choix qui engagent l’avenir : innovation, recherche, enseignement supérieur, développement durable. Demain, cette vision disparaîtra dans une concurrence entre cantons d’autant plus féroce qu’elle subira la loi d’airain d’une élection à un tour. Mais, inversement, le Département, échelon de proximité, sera promis à la disparition annoncée par la commission BALLADUR.
 
En fait, comme le montre l’incroyable improvisation de la réforme de la taxe professionnelle, le gouvernement n’a qu’un objectif : renforcer le pouvoir de l’Etat UMP, détruire ce contre-pouvoir local, insupportable aux yeux d’un souverain qui préfèrent des vassaux à des interlocuteurs.
 
Plutôt que de recentralisation, notre pays a besoin de libérer les énergies locales. En quoi l’Etat est-il aujourd’hui qualifié pour donner des leçons aux collectivités locales ? Ni en matière de gestion, ni en matière d’innovation ou de développement durable, ni en matière de service public, ni évidemment en matière de transparence et de refus de toute combinaison politico-familiale. Pour reprendre confiance, notre pays a  d’abord besoin d’une réforme de cette culture politique qui s’étale, pitoyable, chaque jour devant les yeux d’une population à la recherche d’emploi, de logement ou de pouvoir d’achat.
 

Alain ANZIANI
Sénateur de la GIRONDE
Président de l’Union départementale des élus socialistes et Républicains.

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26 août 2009 3 26 /08 /août /2009 12:12

C’est sans doute de la déformation mais j’ai toujours eu un peu de méfiance à l’égard des réformes engagés « pour notre bien à tous » au nom de la sacro sainte démocratie. Malheureusement j’ai souvent eu raison de me méfier car lorsque l’on pense à la place des citoyens ce n’est jamais bon sauf pour ceux qui ont pensé !

Alain Anziani, Sénateur de la Gironde mais aussi Président de l’Union Départementale des Elus Socialistes et Républicains vient de faire une analyse de la réforme des collectivités territoriales dont j’avais envie de vous parler parce qu’elle permet de faire le point sur des mesures qui, ne vous y trompez pas, vont bouleverser notre quotidien car elles vont impacter des institutions qui font partie intégrante de notre vie : la commune, le conseil général et le conseil régional. Politiquement écrit Alain Anziani, la réforme proposée fonctionnera comme « une véritable machine de guerre contre les socialistes » et même, je le rajoute, contre toute forme d’opposition au Gouvernement UMPiste actuel. Cette réforme ne vous y trompez pas complète à merveille le redécoupage des circonscriptions pour aboutir à une alternance politique plus difficile. Il vous suffit de regarder ce qu’ils vont faire de notre 8ème circonscription pour vous le prouver.

« Fin juillet, le gouvernement a diffusé l’avant projet de loi relatif à la réforme des collectivités territoriales. A partir de ce texte, un projet de loi sera adopté par le conseil des ministres du 9 ou du 16 septembre, puis soumis en première lecture au Parlement avec comme objectif un vote en janvier prochain. » Si vous imaginiez que le Gouvernement avait l’intention de prendre son temps pour consulter et demander l’avis des citoyens détrompez vous … ça va vite et si possible le plus discrètement possible au cas où les citoyens voudraient savoir ! Les grandes orientations du projet, considéré comme prioritaire par le Président Sarkozy, explique Alain Anziani, restent conformes au rapport Balladur.

Il va d’abord y avoir la création du conseiller territorial qui prend la place du conseiller général et du conseiller régional à compter de 2014. Cela va encore plus compliquer le paysage politique du Bassin d’Arcachon Val de Leyre et ça nous promet de jolies foires d’empoignes dans les mois à venir ! Je vous pari que la tambouille va être aussi jolie que lors des législatives partielles, des cantonales partielles : on va se passer les siéges comme on se passe le sel lors de la Scène … il risque d'y avoir pas mal de Judas !

Ensuite, et j'en ai déjà parlé à propos de Créon , il y a aurait la création des métropoles, mais aussi de «communes nouvelles » en milieu rural. Je vois bien la fusion des communes poindre son nez au nom de la sacro-sainte rentabilité. D’ici qu’ils décident de raccrocher La Teste de Buch à Arcachon, ça tangue déjà sur le bateau entre le Dodo du Château Testerin et son Altesse Royale d’Arcachon, cela ne va pas simplifier les rapports ! Et je serais maire de Lugos ou Saint-Magne je serais attentif à tout cela aussi.

Viendra ensuite la suppression de la clause générale de compétence du Département et de la Région, mais avec le maintien d’une possibilité de subvention aux communes pour ne pas rendre les sénateurs et députés de la majorité trop enclin à rejeter la Loi puisqu’ils sont souvent maire. Il faudra ensuite une obligation d’appartenance à un Établissement public local à fiscalité propre dont les pouvoirs sont augmentés.

Pour finir avec la réduction d’au moins un tiers du nombre d’élus, soit dans les conseils municipaux, soit dans les conseils communautaires, soit par fusion des élus régionaux et départementaux, avec réduction concomitante des exécutifs locaux. Je vous laisse imaginer les tractations testerino-testerines lorsqu’il faudra choisir qui dans les trois listes celle d’Eroles, celles de Davet et celle de Bhierler restera ou pas élus de notre ville. Il n’y avait pas besoin de cela pour que le mariage soit compliqué entre eux, cela va devenir encore plus dramatique pour notre Ville.

Trois autres textes traiteront en plus de la répartition des compétences entre les collectivités, le mode d’élection, en particulier, du conseiller territorial, avec l’hypothèse d’un scrutin à un seul tour qui est au passage est très favorable à l’UMP s’il n’y a pas de candidature commune de la gauche, éventuellement proportionnel en milieu urbain et uninominal en milieu rural dans le cadre de cantons fusionnés et la réforme de la taxe professionnelle.

Alain Anziani fini son analyse que je partage en expliquant que « même si nous ne pouvons pas nous contenter du statu quo, le texte constitue une belle machine de guerre contre l’enracinement local des socialistes" et de la Gauche en général. Il affaiblit considérablement le Conseil Général qui perd sa compétence générale et disparaît du territoire de la métropole. Que deviendra alors l’égalité des territoires ? Croyez vous vraiment que nos communes rurales et leurs habitants auront les mêmes droits, les mêmes aides que ceux des Villes ?

Ce projet de Loi porte aussi atteinte aux spécificités de la Région dont les élus seront à la fois des représentants de leur grand canton et de l’intérêt régional explique-t-il. Il rendra difficile le financement des projets des communes qui ne pourront bénéficier du soutien départemental et régional que de façon limitée, il incite fortement, pour des motifs financiers, soit à l’intégration d’une commune nouvelle, soit obligatoirement d’un EPCI à fiscalité propre.

Il redonne au Préfet du Département un rôle essentiel dans l’organisation territoriale, n’est ce pas là le retour à une centralisation de l’organisation territoriale dans les mains de l’Etat ? Que deviendra alors la décentralisation et le rapprochement des décisions de gestion de la cité, des décisions politiques au plus près des citoyens ?

Enfin, constate Alain Anziani, le projet de Loi réduit le nombre d’élus (40 à 50% selon M. Perben, futur rapporteur du projet de loi). "Le débat sur le texte aura lieu pendant la campagne des élections régionales qui se déroulera ainsi sur un fond désormais bien connu : les collectivités locales et leurs élus qui coûtent trop chers." La voix du populisme sera alors reine dans une société française accablée par la crise, où malheureusement il faut bien trouver des boucs émissaires à nos malheurs !

Etre citoyen est un devoir de tout un chacun. C’est du moins ce que je crois. Savoir, s’informer, c’est comprendre pour ensuite pouvoir décider. Ne laissez pas les autres décidez pour vous ! Aux pensées citoyen !

Pour en savoir plus, suivre le sujet et s'informer sur la réforme des Institutions :
http://www.udesr33.fr 
http://www.20minutes.fr/article/339306/Politique-La-reforme-des-collectivites-territoriales-le-debut-de-la-fin-du-departement.php
http://www.alainanziani.fr/
http://www.reformedescollectiviteslocales.fr/home/index.php

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  • : Il est citoyen, vigilant, mais aussi sur l'air du temps, Créon, la Gironde... cherche et tu trouveras Bonne lecture.
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Un Peu Sur L'auteur ..

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  • Ancienne journaliste,  Présidente du Comité Les Arbres de la Laïcité Gironde - Aquitaine. Apprentie ariégeoise.
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